‹ Œuvres complètes de Jean RacineChapitre 150 sur 185 · ACTE III, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VI

Des peuples inconnus au reste de la terre , Et vous faire dresser des autels en des lieux Où leurs sauvages mains en refusent aux dieux.

CLÉOFILE.

Oui , vous y traînerez la victoire captive ; Mais je doute, seigneur, que l'amour vous y suive. Tant d'états, tant de mers qui vont nous désunir, M'effaceront bientôt de votre souvenir.

Quand l'océan troublé vous verra sur son onde Achever quelque jour la conquête du monde ; Quand vous verrez les .rois tomber à vos genoux , Et la terre , en tremblant , se taire devant vous; àSongerez-vous , seigneur, qu'une jeune princesse Au fond de ses états vous regrette sans cesse , Et rappelle en son cœur les momens bienheureux Où ce grand conquérant l'assurait de ses feux. ?

Hé quoi! vous croyez-donc qu'à moi-même barbait J'abandonne en ces lieux une beatiSé si ra

Mais You<-mème plutôt voulez-vous renoncer Au trône de l'Asie où je vous veux placer P

CLÉOFILE.

Seigneur, vous le savez , y dépends de mon f : • •

\ L r;\ \n ORE.

Mi! s il disposait seul du bonheur que j espère Tout I empire de l'Inde, asservi tous tes loû Bientôt en ma faveur irait b<

CLEOFILE.

Mon amitié pour lui n'est point intéressée. Apaisez seulement une reine offensée ; Et ne permettez pas qu'un rival aujourd'hui, Pour vous avoir bravé , soit plus heureux que lui.

Porus était sans doute un rival magnanime : Jamais tant de valeur n'attira mon estime. Dans l'ardeur du combat je l'ai vu , je l'ai joint ; Et je puis dire eTicor qu'il ne m'évitait point : Nous nous cherchions l'un l'autre. Une fierté si belle Allait entre nous deux finir notre querelle , l Lorsqu'un gros de soldats, se jetant entre nous, Nous a fait dans la foule ensevelir nos coups. 2

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