‹ Œuvres complètes de Jean RacineChapitre 149 sur 185 · ACTE III, SCÈNE VI. 3b l · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VI. 3b l

La gloire fit toujours vos transports les plus doux ; Et peut-être , au moment que ce grand cœur soupire , La gloire de me vaincre est tout ce qu'il désire.

Que vous connaissez mal les violens désirs D un amour qui vers vous porte tous mes soupirs ! J'avoùrai qu'autrefois, au milieu dune armée, Mon cœur ne soupirait que pour la renommée : Les peuples et les rois, devenus mes sujets. Etaient seuls à mes vœux d'assez dignes objets. ■ lies beautés de la Perse à mes yeux présentées , * V'issi-bien que ses rois, ont paru surmontées : Mon cœur, d'un fier mépris armé contre leurs traits, M a pas du moindre hommage honoré leurs attraits ; Vmoureux de la gloire, et partout invincible , Il mettait s<>n bonheur à paraître insensible. Mais, hélas! que vos jeux, es aimable- tyrans, Ont produit sur mon cœur d l • ffets différ ih ! I «■ ;rand nom <1 • rainqu iur n'etl plus ce qu'il souhaite : fl vient, avec plaisir, avouer sa défaite :

1 Etaient seuls a mes ver ut (Tassez >■

On Jit des objets assez, dignes de mes vœux et non < i - L \\.

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Heureux si , votre cœur se laissant émouvoir ,

Aros beaux yeux , à leur tour , avouaient leur pouvoir :

Youlez-vous doue toujours douter de leur victoire,

Toujours de mes exploits me reprocher la gloire?

Comme si les beaux nœuds où vous me tenez pris ,

Ne devaient arrêter que de faible esprits. ■

Par des faits tout nouveaux, je men vais vous apprendre

Tout ce que peut l'amour sur le cœur d Alexandre.

Maintenant que mon bras , engagé sous vos lois ,

Doit soutenir mon nom et le vôtre à la fois ,

J'irai rendre fameux, par l'éclat de la guerre,

1 Comme si les beaux nœuds ou vous me tenez pris , Ne devaient arrêter que de faibles esprits

Où vous me tenez pris n'est point du style noble ; et d'ailleurs, que veulent dire des esprits qui s'arrêtent dans de beaux nœuds ? Tout ce style est une suite du vice principal du sujet. L. B. *

* Non pas du sujet , comme on Ta déjà remarqué , mais du mauvais plan adopté par l'auteur, et du préjugé puéril qui avait subjugué sa jeunesse , comme il avait égaré le grand esprit de Corneille et rabaissé son géaie. H y a même cette différence , que l'erreur de Racine ne fut que passagère , au lieu que Corneille ne revint jamais de la sienne , et voulut même l'ériger en principe.

Au reste, le plus grand défaut de la phrase critiquée, c'est qu'elle ne rend pas la pensée de l'auteur. Il veut dire : « Pourquoi v doutez-vous de votre empire sur moi, comme si l'amour que •> vous inspirez ne pouvait avoir d'empire que sur des Lommes ^> vulgaires? » Et l'expression de faibles esprits ne rend point celte i

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