ACTE IV, SCÈNE II
V ous attaquez, madame, un vainqueur désarme. Mon ame , malgré tous à vous plaindre engagée , Inspecte le malheur où vous êtes plongée. C'est ce trouble fatal qui vous ferme les yeux , Qui ne regarde en moi qu'un tyran odieux : Sans lui , vous avoiiriez que le sang et les larmes * N'ont pas toujours souillé la gloire de mes armes; Vous verriez...
AXIASE.
Ah , seigneur ! puis-je ne les point voir Ces vertus dont l'éclat aigrit mon désespoir îs'ai-je pas vu par-tout la victoire modeste Perdre avec vous l'orgueil qui la rend si funeste ? ' "Se vois-je pas le Scythe et le Perse abattus Se plaire sous le joug et vanter vos vertus,
* Sans lui vous ai'oûriez . etc.
Sans lui se rapporte à trouble , et lui ne peut, en bon français, s'employer que pour les personnes ou pour ce qui peut être personnifie. C'est une faute très-commune dans les m autres - rare dans les bons. On ne la retrouvera plus dans Racine.
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rua , et cette singulière critique devait m ! t motn ••*'
Et disputer enfin , par une aveugle envie , A vos propres sujets le soin de votre vie ? Mais que sert à ce cœur , que vous persécutez , De voir par-tout ailleurs adorer vos bontés ? Pensez-vous que ma haine en soit moins violente , Pour voir baiser par-tout la main qui me tourmente ? Tant de rois par vos soins vengés ou secourus , Tant de peuples contens me rendent-ils Porus? Non, seigneur : je vousbais d'autant plus qu'on vous aime, D'autant plus qu il me faut vous admirer moi-même ; ■ Que l'univers entier m'en impose la loi ,
1 Non , seigneur, je vous haïs d'autant plus qu'on vous aime , D'autant plus qu'il me faut vous admirer moi-même.
Pompée , dans Corneil' , tient à Sertorius un langage à peu près semblable :
Eh! votre empire en est d'autant plus dangereux,
Qu'il rend de vos vertus les peuples amoureux ;
Qu'en assujettissant vous avez l'art de plaire ;
Qu'on croit n'être , en vos fers , qu'esclave volontaire ;
Et que la liberté trouvera peu de jour
A de'truire un pouvoir que fait régner l'amour.