ACTE V, SCÈNE III. + r
Comment prétendez-vous que je vous traite ?
PORUS
En roi. '
Hé bien î c'càt donc en roi qu'il faut que je vous traite ; Je ne laisserai point ma \ictoire imparfaite ; Vous l'avez souhaité, vous ne vous plaindrez pas. Régnez toujours , Porus ; je vous rends vos états. Avec mon amitié recevez Axiane : A des liens si doux tous deux je vous condamne. Vivez , régnez tous deux , et, seuls de taut de rois , Jusques aux bords du Gange allez donner vos lois.
(à Ciéofîle.) Ce traitement, madame , a droit de vous surprendre: Mais enfin c'est ainsi que se venge Alexandre. Je vous aime ; et mon cœur , touché de vos soupir.» , Voudrait par mille morts venger vos déplaisirs- Mais vous même p rcirriei prendre pour une oltense La mort d'un ennemi qui n'est plus «mi d<'i*uisc : fl en triompherait ; et . bravant ma ri$aeur 1 Porcu dans !<■ tombeau descendrait s* vainqueur. Souflrei que . jusqu'au bout achr •lMt n,a carrière, J'apporf b< iux jeux nia* 'erjo toute entière.
rot.
Celte 1 ' •l,,,-,n| plui belle , gu*eU<
est cosionne a la vériti tiistoriqi
i l 8 ALEXANDRE,
Laissez régner Porus couronné par mes mains ; Et commandez vous-même au reste de^ humains. Prenez les sentimens que ce rang vous inspire ; ' Faites, dans sa naissance, admirer votre empire, Et regardant l'éclat qui se répand sur vous , De la sœur de Taxile oubliez le courroux. 2
AXIALE
Oui , madame , régnez : et souffrez que moi-même J'admire le grand cœur d'un héros qui vous aime. Aimez , et possé lez l'avantage charmant De voir toute la terre adorer votre amant.
PORUS
Seigneur, jusqu'à ce jour, l'univers en alarmes Me forçait d'admirer le bonheur de vos armes : Mais rien ne me forçait , en ce commun effroi , De reconnaître en vous plus de vertu qu'en moi. Je me re^ds ; je vous cède une pleine victoire. Vos vertus , je l'avoue , égalent votre gloire.
1 Prenez les sentim*iis qUe ce rang vous inspire. Il y avait d'abord :
« Prenez les scntiraens tjlc ce roi vous inspire. L. B.
2 De la soeur de Taxile oubltcz le courroux. Ce vers rappelle le TnotVblime «Ie Louis XII :
Ce n est point au roi de r\iCC ^ venger les querelles du duc & *-*léans. L. B.