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Et ce n'est pas pour moi que je crains leur vengeance. Mon innocence , Hémon , serait un faible appui ; Fille d OEdipe , il faut que je meure pour lui '. Je l'attends , cette mort , et je l'attends sans plainte ; Et s'il faut avouer le sujet de ma crainte2, C'estpourvousquejecrains; oui, cherHémon, pour vous. De ce sang malheureux vous sortez comme nous ; Et je ne vois que trop que le courroux céleste Vous rendra , comme à nous , cet honneur bien funeste, Et fera regretter aux princes des Thébains , De n'être pas sortis du dernier des humains.
H É M o >\ Peut-on se repentir d'un si grand avantage ?
1 Fille d' 'Œdipe, il/au/ que je meure pour lui.
Louis Rx-ine observe ici avec raison , que l'expression d*Antigone n'est pas juste . et qu'elle ne meurt point pour Œdipe qui « >t mort . mais a cause du crime d'Œdipe. L. B.
' l.t s'il faut avouer le sujet de ma crainte.
Pourquoi Antigone applique-t-el!e la réponse de l'Oracle à Hemon? Il eût mieux valu qu'il s'en fit lui-même l'application: \e. dialogue eût offert une dispute généreuse , et donne, un peu plus de chaleur L. 13.
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i"jO LES FRERES ENNEMIS,
Un si noble trépas flatte trop mon courage ; Et du sang de ses rois il est beau d'être issu , Dut-on rendre ce sang sitôt qu'on l'a reçu.
ANTIGOKE.
Hé quoi ! si parmi nous on a fait quelque offense* , Le ciel doit-il sur vous en prendre la vengeance:' Et n'est-ce pas assez du père et des enfans, Sans qu'il aille plus loin cîiercber des innocens ? C'est à nous à payer pour les crimes des nôtres : Punissez-nous, grands dieux; mais épargnez les autres. Mon père , clier tlémon , tous va perdre aujourd'hui , Et je vous perds peut-être encore plus que lui. Le ciel punit sur vous et sur votre famille , Et les crimes du père , et l'amour de la fille ; Et ce funeste amour vous nuit encore plus Que les crimes d'OEdip." et le sang de Laïus.
Quoi ! mon amour , madame ? et qu'a-t-il de funeste ? Est-ce un crime d'aimer une beauté céleste? Et puisque sans colère il est reçu de vous , En quoi peut-il du ciel mériter le courroux? Vous seule en mes soupirs êtes intéressée ;
* Me quoi ', si parmi nous on a fait quelque offense.
On dit bien , dans un sens absolu , faire quelque faute sans dire envers qui : mais en ne dit point faire quelque offense sans dire à qui : le re'gime est ici indispensable, parce que l'offense suppose l'offense'.