‹ Œuvres complètes de Jean RacineChapitre 45 sur 185 · ACTE SECOND. l8l · texte numérisé non relu

ACTE SECOND. l8l

Créon et les Tliébains , par ordre de leur roi ' , Attaquent votre armée et violent leur foi. Le brave Hippomédon s'efforce, en votre absence , De soutenir leur cboc de toute sa puissance. Par son ordre, Seigneur , je vous viens avertir.

POLYNICE

Ah ! les traîtres ! Allons , Hémon , il faut sortir.

( à la reine. ) Madame , vous voyez comme il tient sa parole : Mais il veut le combat, il m'attaque , et j y vole.

JOCASTE

Polynice! mon fils!... Mais il ne m'entend plus : Aussi-bien que mes pleurs, mes cris sont superflus.

1 Seigneur , on est aux mains , et la trêve est rompue , Creoti et les Thébains par ordre de leur roi.

On lisait dans les premières éditions :

« Seigneur , on est aux mains , et la trêve est rompue , » Et les Thébains conduits par Créon et leur roi. •*

Polynice est presse par Jocaste , par Antigone et par Hémon : on espère, on croit que ce prince ébranlé ne pourra rénsfc i aux larmes de sa mère ; on attend sa réponse , mais il survient un acteur qui annonce que la trêve est rompue , et que le lignai du combat est donné ; ainsi Polynice est obligé d'aller combattit , sans manquer aux égards et à la décence. Voila de ces surprix js qui font au théâtre tant de plaisir au spectateur. I B. *

* L'incident < t bien ménagé ; mais la louange est i< i assez exa-

i82 LES FRÈRES ENNEMIS.

Chère Antigone , allez , courez à ce barbare ■ : Du moins , allez prier Hémon qu'il les sépare. La force m'abandonne 2 , et je n'y puis courir ; Tout ce que je puis faire, hélas! c'est de mourir.

1 Allez , courez à ce barbare-

II est tort étonnant que Polynice , qui est la victime de l'usurpation et de l'infidélité d'Etéocle , essuie de la part de sa mère et de sa sœur des qualifications aussi peu méritées. L. B. *

* Le mot barbare est ici déplacé , quoique l'on sente bien dans quel sens Jocaste l'emploie. Au lieu de qualifications aussi peu //it-ntées, lisez si peu méritées. Aussi ne s'emploie que relativement, comme en latin œquè ac. Cette faute est légère : on ne la ren. arque ici que parce qu'elle est fort commune.

2 La force m'abandonne.

VARIANTE

« Le courage me manque. » L. B.

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