‹ Œuvres complètes de Jean RacineChapitre 59 sur 185 · ACTE TROISIÈME. 2o · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME. 2o

Nous verrons , quand les dieux m'auront fait votre roi , Si ce fils bienheureux l'emportera sur moi.

ATTALE

Et qui n'admirerait un changement si rare0 Créon même , Créon pour la paix se déclare ! ■

Tu crois donc que la paix est l'objet de mes su;

Oui , je le crois , seigneur , quand j'y pensais le moins ; Et vovant qu'en effet ce beau soin vous anime , J'admire à tous raomens cet effort magnanime a Qui vous fait mettre enfin cette haine au tombeau. Ménécée , en mourant , n'a rien fait de plus beau.

1 Eh '. qui n admirerait un changement si rare ? Créon même , CWfon pour la paix se déclare .

Racine faisait dire à Affale , dans les premières e'di fions :

Et qui n'admirerait un cli. internent si rare , » De voir que ce grand cœur à li paix nc de'clare ? < !.. I».

2 J'admire à tous moment ci t effort magnanime ,

Qi.i vous fait mettre enfin cette Laine au tombeau. '/ ' - > m iront , na rien/ait du plus beats,

II n'csi pas Dattm I que Ci ■ "n ( an fie ses projeta ambitieux à

Un homme , qui !«• I< ie de n'en pas avoir.

' ,t encore une imitation dei «!• Faoti «le Corneille , qui t.imlic 'in cette i '•:! le voit dam le roie <!<• (

pâtre et dans beaucoup d'autr I B.

2o4 LES FRÈRES ENNEMIS,

Et qui peut immoler sa haine à sa patrie Lui pourrait bien aussi sacrifier sa vie.

CRÉON

Ali ! sans cloute , qui peut , d'un généreux effort , Aimer son ennemi , peut bien aimer la mort. l Quoi! je négligerais le soin de ma vengeance , Et de mon ennemi je prendrais la défense î De la mort de mon fils Polynice est l'auteur , Et moi je deviendrais son lâche protecteur ! Quand je renoncerais à cette haine extrême, Pourrais-je bien cesser d'aimer le diadème ? Non , non : tu me verras dune constante ardeur , Haïr mes ennemis , et chérir ma grandeur. Le trône fit toujours mes ardeurs les plus chères ; Je rougis d'obéir où régnèrent mes pères ; Je brûle de me voir au rang de mes aïeux , * Et je l'envisageai dès que j'ouvris les yeux.

1 Ah! sans doute , qui peut , d'un généreux effort , Aimer son ennemi, peut bien aimer la mort.

Les vêts suivans se trouvent dans quelques éditions :

« Et j'abandonnerais avec bien moins de peine » Le soin de mon salut , que celui de ma haine. ■» J'assurerai ma gloire en courant au trépas. » Mais on la perd , Attale , en ne se vengeant pas. » Quoi, je négligerais , etc. ». L. B.

2 Je brûle de me voir au rang de mes a'icux , Et je i envisageai dès que f ouvris les yeux.

Page 1