SCÈNE III
JOCASTE,ÉTÉOCLE,FOLYNlCE,A^TIGO:<E, HÉMON, CRÉON.
Me voici donc tantôt * au comble de mes vœux . l
* Tantôt se disait encore alors , en style soutenu , pour bientôt. Il ne s'emploie plus dans ce sens que familièrement, en parlant d'une chose, qui se passera dans le jour: vous viendrez tantôt. Il se dit aussi pour énoncer ce qui a eu lieu dans la journe'e : vous m'avez dit tantôt , et en ce dernier sens il entre quelquefois dans la poe'sie noble.
1 Jle voici donc tantôt au comble de mes vœux.
Cette scène , imitée d'Euripide , de Sèneque et de Rotrou , mais bien supérieure à toui ce qui lui a servi de modèle , est sans contredit la plus belle de cette pièce. Que la haine des deux frères contraste bien avec la tendresse de Jocaste ! Les acteurs disent naturellement et avec vérité dans cette scène tout ce qu'ils doivent dire.
L'entrevue des deux frères , qui se trouve au commencement des Phéniciennes d'Euiipide , est ici beaucoup mieux placée, puisqu'au lieu de servir à la réconciliation des deux frères , ils ne se séparent que pour voler au combat. L. B. *
* Cette scène est en effet la plus passable de la pièce ; c'est la scène du sujet. 11 y a des beautés ; mais on ne saurait dire qu'elle est belle ; elle est trop défectueuse dans l'o donnance , et trop vicieuse dans la diction. C'est la seule à peu près dont le fond put être tragique , dans le mauvais plan de l'auteur ; mais je