ACTE QUATRIÈME
Il faut finir ainsi cette guerre inhumaine. Oui . cruel , et c'est là le dessein qui m'amène : Mui-nième à ce combat j'ai voulu t'appeler : A tout autre qu'à toi je craignais d'en park-i ; ri autre aurait voulu condamner ma pensé Et personne en ces lieux ne te l'eût annoncée. Je te l'annonce donc. C'est à toi de prouver Si ce que tu ravis tu le sais conserver. Montre-toi digne enfin dune si belle proie.
ÉTÉOCLE
J'accepte ton dessein , ' et l'accepte avec joie ; Créon sait là-dessus quel était mon désir : J'eusse accepté le trône avec moins de plaisir. Je te crois maintenant digne du diadème ; Je te le vais porter au bout de ce fer même. 2
' J accepte ton dessein.
Il aurait fallu : J'accepte le combat ou le défi; car nn n accepte point un dessein, on l'approuve ; d'ailleurs, le verbe accepter est répété trois fois en deux vers. L. 13.
2 Je te U vais porter au bout de ce fer même.
Après ce vers, les deux frères devraient <*ortir ; J«> \r Vit les arn* t. r rt s'opposer à leur fureur , en leur disant 1 Ul ce que la nature et sa situation peuvent inspirer de pliui (!( plus toucha* 1. NI tii Jocaste perd le tenis à faire des jeui <! . et loin (pie l'intérêt aille en croissant , cette icènc finit Ire un peu languissante. L, 15.
JO CASTE
Hàtez-vous donc , cruels , de me percer le sein , Et commencez par moi votre horrible dessein : Ne considérez point que je suis votre mère, Considérez en moi celle de votre frère. Si de votre ennemi vous recherchez le sang , Ilecherchez-en la source en ce malheureux flanc : Je suis de tous les deux la commune ennemie : Puisque votre ennemi reçut de moi la vie ; Cet ennemi , sans moi, ne verrait pas le jour. S'il meurt, ne faut-il pas que je meure à mon tour ; jN'en doutez point, sa mort me doit être commune; Il faut en donner deux , ou n'en donner pas une ; Et, sans être ni doux ni cruel à demi , Il faut me perdre, ou bien sauver votre ennemi. Si la vertu vous plaît, si l'honneur vous anime , Barbares , rougissez de commettre un tel crime : Ou si le crime, enfin, vous plaît tant à chacun , r
1 Ou si le crime enfin vous plaît tard à chacun.
Ceci parait avoir été suggéré à Racine par un passage de la Thélaïde de Sénèque , où Jocaste s'écrie : ,
Si vous brûlez de commettre un crime . en voici un plus digne de votre audace. Frappez tous deux une mère , qui veut s 'opposer à vos fureurs.
Rolrou a fait usage de la même pensée.
Si le crime vous plaît , un plus grand s'offre à vous : Ce flanc dont vous sortez est en Lutte à vos coups.
Act. II, se. 4. L. B.