ASTI G ONE
Rigoureuse fortune , achève ton courroux î Ali ! sans doute , yoici le dernier de tes coups î
Vous avez vu , madame , avec quelle furie Les deux princes sortaient pour s'arracher la vie ; Que d'une ardeur égale ils fuyaient de ces lieux , ■ Et que jamais leurs cœurs ne s'accordèrent mieux. La soif de se baigner dans le sang de leur frère , Faisait ce que jamais le sang n'avait su faire : Par l'excès de leur haine ils semblaient réunis , Et, prêts à s'égorger, ils paraissaient amis. Ils ont choisi d'abord , pour leur champ de bataille ,
1 Que d'une ardeur égale ils fuyaient de ces lieux. Racine avait mis d'abord :
k Que d'une égale ardeur ils y couraient tous deux, » L. B,
2 Ils ont choisi d'abord pour leur champ de bataille.
Ce récit (si l'on en excepte quelques vers, où la fureur du bel esprit se fait un peu sentir) est, sans contredit , un des plus beaux qui soient au théâtre ; nous le préférerions même à celui de Phèdre, quoique moins bien écrit : il semble être , en effet, plus rapide, plus plein d'action; en un mot, plus tragique. L. B. *
* Cet éloge est exagéré. Le récit est beaucoup mieux écrit que ne l'est en général le reste de l'ouvrage ; mais il est encore très-défectueux , et ne s'élève guère au-dessus du médiocre. Rien n'est moins tragique qu'un Hémon qui, étant la victime d'un dévoue-