‹ Œuvres complètes de Jean RacineChapitre 88 sur 185 · ACTE CINQUIÈME. 2^"J · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME. 2^"J

Un lieu près des deux camps, au pied de la muraille. C'est là que, reprenant leur première fureur, Ils commencent enfin ce combat plein d horreur. D'un ceste menaçant, d'un œil brûlant de rase, Dans le sein l'un de l'autre ils cherchent un passage ; * Et la seule fureur précipitant leurs bras , Tous deux semblent courir au-devant du tré; as. Mon fils , qui de douleur en soupirait dans lame , Et qui se souvenait de vos ordres , madame , Se jette au milieu d'eux, et méprise pour vous

ment très-courageux , meurt pour sa belle princesse. Le stjle , bien loin d'être rapide , pe'chc surtout par la langueur des tournures et la rcpe'tition des ide'es : on trouve jusqu'à six vers pour exprimer une seule pense'e. Du roi le fer trop rigoureux , et une amc ravie qui abandonne la vie , sonl des fautes intoltt, Mes.

* D'un geste menaçant , etc.

Voltaire a pris ces deux vers presque tout entiers , mais pourtant en corrigeant le premier hémistiche.

D'un bras détermina , d'un œil brûlant de rage , Dans le sein l'un de l'autre ils cherchent un palace.

Henri a de.

D'un bras déterminé vaut infiniment mieux que d'un geste menaçant. Il est trop sûr que deux hommes qui se battent, ef surtout les deux frères ennemis, ont le geste menaçant pour le moins. C'est avant le combat qu'on peut parler de geste menw çant. Cet hémistiche est d'une faiblesse inexcusable, et tN il un morceau où i'on trouve de ces fuit, i d'écolier que le commi ntntrur ti' f< re au i << it de Theramène î

Leurs ordres absolus qui nous arrêtaient tous.

Il leur retient le bras, les repousse, les prie,

Et pour les séparer s'expose à leur furie.

Mais il s'efforce en vain d'en arrêter ie cours;

Et ces deux furieux se rapprochent toujours.

Il tient ferme pourtant, et ne perd point courage ;

De mille coups mortels il détourne l'orage ,

Jusqu'à ce que du roi le fer trop rigoureux ,

Soit qu'il cherchât son frère, ou ce fils malheureux.

Le renverse à ses pieds prêt à rendre la vie.

AKTIGONE.

Et la douleur encor ne me Ta pas ravie !

CRÉON

J y cours , je le relève , et le prends dans mes bras;

Et me reconnaissant : « Je meurs , dit-il tout bas ,

3> Trop heureux d'expirer pour ma belle princesse.

:» En vain à mon secours votre amitié s'empresse ;

5) C'est à ces furieux que vous devez courir ;

3> Séparez -les , mon père, et me laissez mourir, a

Il expire à ces mots. Ce barbare spectacle

A leur noire fureur n'apporte point d'obstacle ;

Seulement Polynice en paraît affligé :

« Attends, Hemon , dit-il, tu vas être vengé. »

En effet , sa douleur renouvelle sa rage ,

Et bientôt le combat tourne à son avantage.

Le roi, frappé d'un coup qui lui perce le fiai c ,

Lui cède la victoire , et tombe dans son sang.

Les deux camps aussitôt s'abandonnent en proie ,

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