ACTE PREMIER
J'ai tu déjà le fer briller de toutes parts ,
Et , pour vous avertir . j'ai quitté les remparts.
J'ai vu, le fer en main, Etéocle Lui-même;
Il marche des premiers / et, dune ardeur extrême,
Il montre aux plus hardis à braver le danger.
JO CASTE
N'en doutons plus , Olympe, ils se vont égorger. Que Ion coure avertir et hâter ■ la princesse ; Je l'attends. Juste ciel ! soutenez ma faiblesse. Il faut courir, Olympe1, après ces inhumains; Il les faut séparer , ou mourir par leurs maius. ;Nous voici donc , hélas3 ! à ce jour détestable, Dont la seule frayeur me rendait misérable ! .N i prières ni pleurs ne m'ont de rien servi , Et le courroux du sort voulait être assouvi.
1 Que Von coure avertir et hâter la princesse.
Hâter quelqu'un était en usage au tems de Racine. On se fiâle et ou presse quelqu'un. Dans les premières éditions il y avait
« Que l'on aille au plus vite a\crtir la princesse — L. B. 3 II faut courir , Olympe.
VA RIANTE
* Il faut, il faut courir après ces inhuanain>
3 Nous voici dont . htlns .
On lisait dans les premières éditions : « Kous > oici duiK . Ol \ mpe. » L. B.
I 3o LES FRÈRES ENNEMIS ,"
O toi , Soleil l ! ô toi ! qui rends le jour au monde,
Que ne l'as-tu laissé dans une nuit profonde !
A de si noirs forfaits prêtes-tu tes rayons?
Et peux-tu , sans horreur , voir ce que nous voyons ?
Mais ces monstres , hélas ! ne t'épouvantent gnères :
1 O toi, Soleil! ô toi !
Imitation très -heureuse de VHippolytc de Sénèque : O toi! père des astres , Soleil radieux , peux - tu contempler le crime de ta race? Éteins ton flambeau , fuis dans les ténèbres.
Dans Euripide , Jocaste fait l'exposition de la pièce par une longue apostrophe au Soleil ; mais ici elle est beaucoup rmeux : le tour des derniers vers, qui sont fort beaux, annonçait déjà Racine.
On lisait d'abord :
« Qui que tu sois , ô toi ' qui rends le jour au monde, etc. »
* Cette imitation n'est rien moins qu1 heureuse. Ui • apostrophe de douze vers au Soleil est beaucoup trop longue FC est de la rhétorique de jeune homme. Des figures de cette espèce ne peuvent convenir à la.trage'die, qu'autant qu'elles sont vives , rapides, resserrées en peu de vers et comme échappées au sentiment : telles sont les apostrophes du même genre dans les rcles de Clytemnestre et de Phèdre. De plus , la versification est ici le plus souvent faible et de'fectueuse. Les quatre derniers vers , loin d'être fort beaux , sont d'une tournure lâche, et manquent de nombre. S ils sont . . . et s'ils sont. Tu sais au'i's sont. Le dernier vers seul est beau par la pensée ; encore est-il dur : et tu t'étonnerais . ...... Et Louis
R.acine en convient.