ACTE CINQUIÈME. 23J
L'ambition , l'amour n'ont rien à désirer ;
Mais , seigneur , la nature a beaucoup à pleurer :
En perdant vos deux fils. . .
Oui, leur perte m'afflige :
Je sais ce que de moi le rang de père exige ; Je 1 étais. Mais surtout j'étais né pour régner ; Et je perds beaucoup moins que je ne crois gagner. Le nom de père, Attale, est un titre vulgaire; C'est un don que le ciel ne nous refuse guère : Un bonheur si commun n'a pour moi rien de doux ; Ce n'est pas un bonheur, s'il ne fait des jaloux. Mais le trône est un bien dont le ciel est avare : Du reste des mortels ce haut rang nous sépare ; Bien peu sont honorés d'un don si précieux : La terre a moins de rois que le ciel n'a de dieux. D'ailleurs tu sais qu'IIémon adorait la princesse , Et qu'elle eut pour ce prince une extrême tendresse : S il vivait , son amour au mien serait fatal. En me privant d'un fils, le ciel m'ôte un rival. Ne me parle donc plus que de sujets de joie : Souffre qu'a mes transports je m abandonne en proie ; Et, sans me rappeler des ombres des enfers , Dis-moi ce que je gagne, et non ce que j<' per«L. Parle-moi de régner ; parle-moi d'AntîgOM : J'aurai bientôt son coeur, et j'ai déjà !<• trône.
•t passé nVst qu'un songe p>ur moi :
t sujet, je suis amant et roi.
La princesse et le trône ont pour moi tant de charmes , Que. . . Mais Olympe Tient.
ATTALE
Dieux ! elle est toute en larmes'