‹ Œuvres complètes de Jean RacineChapitre 92 sur 185 · CRÉON, ATTALE, GARDES · texte numérisé non relu

CRÉON, ATTALE, GARDES

AT TA LE

Son courroux serait-il adouci ?

Croyez-vous la fléchir ?

Oui , oui , mon cher Attale :

Il n'est point de fortune à mon bonheur égale ; Et tu vas voir en moi , dans ce jour fortuné, L'ambitieux au trône , et l'amant couronné. Je demandais au ciel la princesse et le trône ; Il me donne le sceptre , et m'accorde Antigone, Pour couronner ma tète et ma flamme en ce jour , 2 Il arme en ma faveur et la haine et l'amour : Il allume pour moi deux passions contraires ; 11 attendrit la sœur , il endurcit les frères ; Il aigrit leur courroux , il fléchit sa rigueur , Et m'ouvre en même tems et leur trône et son cœur.

ATTALE

Il est vrai , vous avez toute chose prospère ,

Et vous seriez heureux si vous n'étiez point père.

1 Pour couronner ma tête et ma flamme en ce jour

Expression défectueuse , parce qu'on ne couronne point une tête comme on couronne uneflammc ; l'un est au propre , et l'autre au figure'. L. B.

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