Oeuvres complètes de John Hunter
Le traité des dents dont J. Hunter a &it paraître^ en 1771 y la première partie, est certainement le meilleui: ouvrage qui ait été jusqu'alors publié sur cette matière^ On a peine à comprendre comment, dans le peu de temps que lui laissaient ses grandes occupations , ce célèbre chirurgiâa ait pu composer un travail tellement remarquable, que pendant cinquante ans il soit demeuré le seul qui ait embrassé sous un point de vue aussi haut les questions les plus importantes de Tanatomie, de la physiologie et de la pathologie des dents. Que Ton compulse en effet tout ce qui a été écrit pendant cette longue période sur ce sujel si difficile, et on se convaincra de la vérité de notre assertion. G. Cuvier lui-même, Tim des anatomistes qui ont le plus honoré notre siècle, G. Cuvier, dont l'esprit était si méthodique et si réservé, qui s'est livré avec tant de constance et de labeur à l'étude de Torganisation des dents, s'est-il jamais, dans ses recherches anatomiques, élevé jusqu'au génie de Him ter?
Et cependant, malgré la grande publicité donnée à ce traité que l'Europe a traduit en plusieurs de ses langues, il est loin d'avoir exercé sur la science l'influence qu'il aurait du avoir. La plupart des vérités émises par Hunter ont été contestées ou traitées de paradoxes; les auteurs
même qui, par la spécialité de leurs études, auraient dû être les plus capables de les apprécier, ou semblent ne pas les ayoir comprises ou ont écrit comme si Touvrage de Hunter n'eût pas existé.
Cest que le génie de Hunter avait plutôt pressenti ces vérités, qu'il ne les avait complètement démontrées. Faute de recherches plus approfondies, il a été plus d'une fois conduit à tirer des inductions erronées d'observations qui, envisagées d'une manière générale et dans de certains rapports, devaient lui paraître incontestables. Ainsi , Hunter a avancé avec une grande raison que les dents diffèrent des os. Cette opinion, je dois le dire, avait déjà été émise par plusieurs anatomistes, m^s aucun ne l'avait appuyée sur des considérations aussi importantes. £h bien, quel cours a-t-elle eu dans la science ? a-t-elle empêché cpi'on ne continuât à comprendre les dents dans le système osseux, et qu'on ne traçât la description de leurs altérations d'après les idées qu'on s'é-^ tait formées sur les maladies des os ?
La théorie de Hunter manquait de faits et de précision. Elle a aujourd'hui le mérite d'avoir au moins substitué le doute à une erreur généralement répandue; mais il ne lui était pas donné d'aller au delà. Après avoir cher^ ché à prouver ce que les dents ne sont pas, il lui restait à dire ce qu'elles sont. Cependant Hunter avait fait de grands efforts pour éclairer cette question. Il avait eu recours aux injections les plus délicates; il avait soumis de jeunes animaux à l'usage de la garance pendant le développement de leurs dents; et en interrompant et reprenant tour à tour l'emploi de cette substance, il avait trouvé dans la couleur variée des couches de l'ivoire les traces permanentes de cette alimentation et de sa suspension ; il avait suivi avec attention le mode de déve-
Joppement des dentsy étudié le caractère de leurs altéra-^ lions, et avait surtout été frappé des différences que ces dernières lui présentaient comparativement à ce qui se passe dans les maladies des os. Toutes ces recherches la« . borieuseS) toutes les considérations qu'il en faisait ressortir avec tant de force et de sagacité, étaient certainement suffisantes pour le célèbre anatomiste anglais; néanmoins elles ne parurent pas justifier les conclusions qu'il en avait tirées. On chercha à les détruire, et, j'ai peine à le dire, avec quelque apparence de succès , par des faits diamétralement opposés à ceux que Hunter avait signa* lés. On lui objecta que l'insuccès des tentatives pour injecter les substances dentaires , même en se servant des matières les plus fines, ne pouvait être regardé comme une preuve suffisante, puisque d'autres parties qui résistent également aux injections,. manifestent à leur intérieur la présence de vaisseaux quand elles^sont enflammées. Ainsi, Monro et Blake lui opposaient les injections qu'ils avaient faites , et en cela l'autorité de ces auteurs était d'autant plus imposante, que les injections n'avaient pas davantage réussi à Hunter pour reconnaître la présence de vaisseaux dans la membrane externe du follicule dentaire , vaisseaux que cependant certaines maladies rendent si apparents. De son côté, T. Bell rapportait deux faits qui lui semblaient prouver incontestablement la vascularité des dents ; l'un était la présence de taches rouges dans le tissu osseux dentaire, sain du reste, mais en proie à une vive inflammation ; l'autre était l'injection des dents par la bile dans des cas d'ictère. Il en est ' de même des expériences sur la coloration des dents par la garance mêlée aux aliments. Ces expériences que de mon coté j'ai répétées, on n'a pas même voulu leur ac-
corder rhonneur de les combattre, tant oa les trouvait peu concluantes.
Mais ce qui a le plus fortemeot soulevé contre la théo- .rie de Hunter, ce sont les conséquences qu'il en a déduites et qu'il a formulées sous cette proposition : « que les dents doivent être regardées comme des corps étrangers, à ne prendre en considération que l'absence de toute circulation dans leur intérieur, mais qu'elles sont certainement douées du principe vital , par l'intermédiaire duquel elles font partie du corps. » Cette proposition fut traitée de paradoxe , et on crut ne pouvoir mieux honorer son auteur qu'en le montrant ici sacrifiant à son amour de la vérité l'intérêt même de ses opinions, Th. Bell voulant, par ces paroles, excuser Hunter de ce qu'au lieu de chercher à rendre sa théorie conséquente avec elle-même, en déguisant ou altérant Tune des deux déductions incompatibles auxquelles ses observations l'avaient conduit, il les adopte toutes les deux, et se trouve ainsi amené à cette conclusion, qu'un organe peut être un corps étranger et cependant posséder le principe vital. Th. Bell, à l'époque où il écrivait, pouvait avoir raison, car, il faut l'avouer, les arguments de Hunter n'étaient pas assez puissants pour soutenir une assertion aussi hardie. En France, notre célèbre G. Cuvier recula lui-même devant die et n'en adopta que la première partie, tant il jugeait impossible d'admettre qu'une partie privée de tout système vasculaire pût être douée de vitalité.
Cependant depuis, on a répété les injections que Hunter avait tentées sur le tissu dentaire, et on a obtenu les mêmes résultats que lui ; on a renouvelé ses expériences sur la coloration de l'ivoire en nourrissant de jeunes animaux avec des aliments auxquels on avait
mêlé de la garance ; oo a soumis de nouveau à un exa* men plus attentif le mode de production et d'accroisse* ment des dents; on a reconnu par des observations d'anatomie pathologique et par voie d'induction^ que les substances dentaires sont continuellement pénétrées par un fluide d'imbibition fourni par la pulpe , et il a été possible d'évaluer à leur juste valeur les fafts avancés par Th. Bell; on a étudié avec un esprit plus libre et plus dégagé de prévention les phénomènes qui précèdent et accompagnent le développement des altérations des dents; on a pu remonter à leur étiologie......
Mais c'est surtout à l'anatomie et à la physiologie comparée, à ces sciences qui seules peuvent conduire à la détermination de l'organisme, qu'on s'est adressé. Ici s'est ouverte une carrière nouvelle où Hunter n'avait point pénétré. Des expériences ont été pratiquées sur les animaux vivants, et particulièrement sur les incisives des rongeurs; leurs résukats, d'abord méconnus et mal appréciés, ont été cette fois pris au sérieux; les progrès d'une saine philosophie n'ont plus permis de penser que les phénomènes si extraordinaires que les dents présentent dans leur accroissement continu et dans leur reproduction, ne fussent qu'un jeu, qu'un écart de la nature, et ne fussent pour la science qu'un sujet digne tout au plus d'attirer la curiosité ; on voulut que les incisives des rongeurs fussent des dents réelles', qu'elles se formassent et s'accrussent sous l'influence des lois générales qui président à la dentition chez tous les ani-^ maux. On fit ce qui n'avait pas encore été fait ; on suivit pas à pas et on compara le développement de ces .dents avec ce qui se passe pendant les diverses phases que parcourt le travail de production des dents chez l'homme et chez les êtres qui, sous ce rapport, se rapprochent
de lui. Ces recherches de l'anatomie marchant de front avec les expériences physiologiques ^ ne tardèrent pas à faire découvrir la raison du phénomène singulier qu'offrent les incisives des rongeurs. On parvint à démontrer pourquoi celles-ci croissent toujours , et pourquoi l'accroissement des autres est limité. Certain d'avoir saisi l'oi^anisation dentaire là où. elle se montre dans son plus grand état de simplicité , on put dès lors facilement la suivre et la retrouver toujours au milieu des formes si variées et si compliquées dont elle s'entoure chez les différents étres^ et ramener ainsi, par une véritable analyse physiologique, tous les faits qu'elle embrasse à leur unité et à leur simplicité primitives.
£h bien j tous ces travaux auxquels je me suis livré sans relâche pendant vingt ans, m'ont conduit à conclure avec Hunter que lés substances dentaires, placées, comme toutes les parties de notre économie, sous l'influence de la vie, ne tiennent à l'oi^anisme par aucun lien vasculaire ni nerveux.
Je n'ignorais pas, en 1822, ce que ces conclusions avaient de grave et de hardi ; je savais fort bien qu'elles seraient regardées comme contradictoires par les hommes habitués à soumettre toujours au raisonnement les faits même les plus avérés ; mais, placé entre des idées qui régnaient depuis longtemps, et les résultats des expériences que je venais d'entreprendre, je me soumis à ces derniers. Aussi, loin de prendre la peine de les faire concorder entre eux, je me bornai à faire pressentir que les fluides de notre économie, se trouvant, sous les rapports que je venais de signaler, dans la même condition que les substances dentaires, devaient comme elles être le siège d'altérations, et je fus ainsi amené plus tai'd à m'occuper des altérations chimiques des dents qu'on
avait si vaguement décrites sous la dénomiiiatiou impro^ pre de carie.
Toutefois la science venait de faire un grand pas. Hunter avait enseigné en Angleterre j que les dents ne sont pas des os; sa théorie était négative, f n France, on la compléta j et l'on énonça positivement que les dents sont des productions du système muqueux , en tout semblables aux productions qui s'élèvent à la surface de la peau. Aujourd'hui cette théorie, après avoir été d'abord contestée, est admise dans la science par les hommes les plus recommandables; elle a de plus la prétention d'j rester à l'avenir, non comme une de ces rêveries de l'imagination qui coûtent aussi peu à créer qu'à détruire, ipais comme une des vérités anatomiques les mieux démontrées, car elle est l'expression et la déduction rigou^ reuse des faits les plus irrécusables.
Il était impossible que les lumières fournies par l'ana^ tomie et la physiologie, sur la nature des dents, n'éclairassent pas l'histoire de leurs altérations. On conçoit sans peine ce que celle-ci avait dû être avec les idées généralement admises. On était si convaincu que les dents sont des os, que nen n'avait semblé plus simple que d'appliquer une théorie commune à la description de leurs maladies. J'accorderais volontiers que cette méthode était rationneUe, si, après s'être assuré que les dents et les os ont une organisation semblable, on eût eu le soin de rechercher si les maladies des os étaient elles-mêmes bien connues. Ici donc s'ouvrait ime science pi-esque entière à créer, sous le rapport étiologique au moins. Hunter est le premier qui soit entré dans cette voie nouvelle. Sans doute le travail qu'il a entrepris est fort incomplet ; il pèche dans son ensemble, et plus encore dans les détails ; beaucoup d'erreurs pratiques y sont accrédi-
tees; j'accorderai même que le sujet tfy est qu'effleuré; mais, malgré ces défauts , si Ton a égard au point de vue scientifique qui a présidé à sa composition, je ne crains pas d'affirmer qu'il est infiniment au-dessus de tout ce qui a été écrit sur cette matière avant et depuis sa publication.
Quoique Hunter, dans son traité des dents, se soit plus spécialement attaché à traiter les questions les plus importantes de l'anatomie et de la physiologie dentaire, il est cependant une foule de questions de détail qu'il n'a point négligées. Il a étudié avec un grand soin l'articulation de la mâchoire inférieure, les mouvements de cet os, et la part que les divers muscles y prennent. La description très • détaillée qu'il donne des dents et des arcades dentaires, les considérations anatomiques qu'il y rattache, s'y montrent comme un modèle d'exactitude et de sagacité. Enfin, ce qu'il dit des procès alvéolaires, de leur formation et de leur mode d'accroissement, bien qu'avant lui Fallope leur ait aussi consacré un article à part, est d'un grand intérêt, et atteste jusqu'à quel point s'élevait son esprit observateur.
Hunta* avait remarqué, en comparant entre elles un grand nombre de mâchoires d'enfants et d'adultes, que l'espace occupé chez les premiers par les dents temporaires était le même que l'espace rempli chez les autres par les dents permanentes qui leur succèdent. Frappé d'un fait si remarquable, il le poursuivit, et il établit que les mâchoires s'accroissent dans toutes leurs parties jusqu'au douzième mois qui suit la naissance, mais qu'à partir de cet âg^ elles ne gagnent plus rien en longueur entre la symphyse et la sixième dent de chaque côté, les procès alvéolaires, qui constituent la partie antérieure des arcades dentaires des deux mâchoires, n'arrivant ja*
mais à former un arc d'un plus grand cercle. Cette proposition, dont la conséquence était de confier dans presque tous les cas à l'art Tarrangement des secondes dents, (ut vivement contestée ; et comme elle se lie à un point très-important, je m'y arrêterai quelques instants.
Blake, qui a eu le malheur de s'attacher à combattre " presque toutes les assertions de Hunter, fut un de cens qui s'élevèrent contre elle avec le plus de force. Opposant ses propres recherches à celles de son compatriote, il fit remarquer que les dimensions des mâchoires variant tellement chez les divers individus que l'arc alvéolaire d'un enfant d'un an est quelquefois plus grand que la portion du même arc occupée chez l'adulte par les dents de remplacement, on ne pouvait déduire de la démonstration de Hunter aucune conséquence, rigoureuse. Il s'étayait surtout des observations nombreuses qu'il avait recueillies dans le cours de sa pratique , et il faisait justement sentir que l'arrangement des incisives secondaires, toujours plus larges que leurs devancières, ne pourrait jamais s'opérer avec régularité, si, comme Hunter le prétendait, l'élargissement des arcs ne s'y prétait point; d'où Blake concluait que pendant le temps qui s'écoule entre les deux dentitions, les arcs dentaires s'allongent, et que c'est à cet agrandissement qu'on doit attribuer les intervalles qui, suivant lui, existent entre les dents temporaires, lesquelles avaient été primitivement pressées les unes contre les autres.
Ces opinions trouvèrent en France des partisans et des adversaires puissants,, invoquant chacun en leur faveur des recherches expérimentales qui paraissaient ne devoir supporter aucune réfutation. Telles furent même la singularité et l'opiniâtreté du débat qui s'agita entre eux pendant plusieurs années, qu'on fut un instant tenté
de mettre en doute l'autorité des faits dans une question qu'eux seuls cependant étaient appelés à résoudre.
Il y aurait toutefois de l'injustice à ne pas tenir compte ici des écueils dont l'observation s'est trouvée entourée. Des faits exacts en eux-mêmes ont souvent conduit à des inductions trompeuses. Ainsi^.en avançant qu'il existait un rapport exact entre l'espace occupé primitivement par les dents temporaires et ensuite par celles qui les remplacent. Hunter a certainement émis une assertion qui, si elle n'était pas rigoureuse, se trouve au moins généralement vraie. Mais il se crut autorisé à conclure de ce fait, que la portion de l'arc alvéolaire qui renferme les premières dents ne peut point s'étendre, et dès lors il tomba dans Terreur. De son côté, Blake, après avoir mesuré, à des époques différentes, sur le^ mêmes sujets, les arcs alvéolaires pendant l'arrangement des secondes dents, a afiSirmé que ces arcs s'agrandissent, et en cela il a établi une vérité qui est incontestable; mais il déduisit de ces expériences qu'après l'arrangement des dents secondaires , l'arc était plus grand que lorsqu'il contenait les dents temporaires, et il se trompa également.
Eh bien , c'est pour avoir examiné la question sous un point de vue trop exclusif, et ne pas être descendus dans le détail des faits, que Hunter, Blake et tous ceux qui les ont suivis, ont été entraînés au delà de ce que l'observation aurait pu leur apprendre, et ont été forcés d'admettre comme conséquences inévitables, des principes pratiques également dangereux dans l'une et dans l'autre opinion. Je n'entrerai pas dans l'exposé des recherches qui servent de bases aux réflexions que je viens de présenter; on en trouvera les développements dans l'article Dentition du nouveau dictionnaire de médecine.
Je dirai seulement que la proposition de Hunter , vraie si on la renferme dans certaines limites^ est celle qui est le plus en rapport avec le mode d'accroissement des procès alvéolaires; et son auteur aura toujours eu le grand mérite d'avoir signalé un fait devenu si important par les considérations physiologiques et pratiques qu'il a fait naître.
Tel est le travail que Hunter a composé sur les dents. J'ai saisi avec empressement et bonheur l'occasion qui m'était offerte de payer à ce célèbre chirurgien le tribut de mon admiration pour les progrès qu'il a fait faire à l'anatomie, à la physiologie et à la pathologie dentaire. J'ai voulu rendre à Hunter la justice qui lui appartient; en cela , j'ai été plus juste envers lui que ses compatriotes qui ont été loin de l'apprécier, et peut-être de le comprendre. Je l'ai été plus que Th. Bell, son annotateur, qui n'a pas craint de le placer au-dessous de Blake, et presque sur la même ligne que Fox, l'auteur d'un des plus médiocres ouvrages qui aient été écrits sur cette spécialité médicale. Si j'ai fait ressortir les services que Hunter a rendus à la science, j'ai montré les parties où il l'avait présentée obscure et incertaine; j'ai exposé ce qui manquait à plusieurs de ses assertions pour devenir des vérités acquises ; j'ai indiqué ce qu'a* vaient d'inexact et de dangereux certaines déductions tirées d'ailleurs de faits incontestables; enfin, j'ai marqué le point où* il avait laissé la science, et signalé par quels travaux elle avait ensuite marché jusqu'à nos jours. Dans cet examen consciencieux, je n'ai pas cherché à me cou-^ vrir du faux semblant d'une modestie vaine, en mentionnant la part que j'y ai prise. S'il m'est souvent arrivé de me rencontrer avec Hunter, je dois dire que j'y ai été bien plutôt amené par mes propres recherches^ II, a
que je n'avais été convaincu par renseignement qu'il a transmis. Ayant été presque le seul à soutenir par la voie des expériences plusieurs de ses opinions les plus attaquées, je me suis trouvé engagé avec lui dans une telle conformité de principes, qu'en rendant compte de son travail , j'ai pu croire que je parlais d'une oeuvre commune que ce maître habile m'avait confié le soin de continuer et de terminer.
Que si quelques esprits envieux, atiimés par une fausse susceptibilité nationale , me reprochaient d'avoir élevé trop haut les travaux d'un savant étranger, je leur répondrais que, dans les sciences , le véritable patriotisme nç consiste pas à ravir à ses rivaux les droits qu'ils ont à notre reconnaissance, mais à chercher à les surpasser.
Quoi qu'il en soit, le traité des dents de Hunter sera lu avec un grand intérêt par tous ceux qui sont avides de puiser dans les sources originales, et ne dût-il être considéré que comme une esquisse incomplète , cette esquisse tracée par le pinceau d'un homme de génie suffirait pour lui assiu*er un long souvenir.
Ce I" mar^iSSg.