DES MALADIES DES PROCÈS ALVÉOLAIRES, ET DE LEURS EFFETS CONSÉCUTIFS
Après avoir traité des maladies des dents elles-mêmes, et de celles des alréoles et des gencives, qui en proviennent ou qui sont de même nature que celles qui en proviennent, je dois maintenant m*occuper des maladies qui ont leur siège primitif dans Talvéole, la dent étant parfaitement saine. Ces maladies se réduisent à deux, et même je ne répondrais pas qu^elles ne sont point essentiellement la même maladie, soit qu'elles proviennent toutes deux de la même cause, soit qu'elles se trouvent sous la dépendance Tune de l'autre.
La première de ces deux affections est la destruction des procès alvéolaires qui, cliez beaucoup de personnes, sont absorbés peu à peu et emportés dans le torrent de la circulation. Cette destruction commence au bord de Talvéole et s'étend graduellement vers sa racine ou son fond.
^La gencive, qui est soutenue par le procès alvéolaire, se détache du corps de la dent et s'en éloigne à mesure que l'alvéole se détruit, ce qui fait (pie le collet d'abord, et ensuite une étendue plus on moins grande de la racine, se trouvent mis à découvert. Il en résulte que la dent devient très-branlante et finit par tomber.
L'autre affection consiste en ce que l'alvéole s'oblitère par son fond , ce qui pousse la dent de plus en plus au dehors. Comme cette maladie existe rarement sans être accompagnée de l'autre, il est très-probable qu'elles dérivent , en général , toutes deux de la même cause. La seconde, dans ces cas , peut.ètre un effet de la première. Le plus souvent elles combinent leur action pour bâter la chute de la dent. Mais il arrive quelquefois qu'elles agissent séparément; car j*ai vu des cas où la gencive quittait la dent, sans que celle-ci fût poussée en dehors le moins du monde. D'un autre côté, j'ai vu des cas où la dent faisait saillie de plus en plus , quoique la gencive conservât sa hauteur. Mais lorsque les gencives cèdent, elles deviennent, en général, très-malades; et, comme elles sont séparées à la fois des dents et du procès alvéolaire, il se fait une suppuration sur toute la surface qui a perdu ses adhérences.
Bleo qu'on doive considérer comme des maladies la destruction progrès*
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sife du boid 4m alvéoles et lear oblitération par leur partie prafoode « lorsque cette destraction et cette oblitération se manifestent à une époque peu avancée de la vie, ce ne sont cependant que des phénomènes naturels qui s'accomplissent trop tôt. En efifet , ainsi que nous Tavons vu dans la première partie de ce traité, c*est une chose très-commune dans la vieillesse. En outre , cômote on observe ces effets à tout âge , lorsque parTavnlsion d'une dent on a détruit les connexions qui existaient naturellement, entre la dent et son alvéole , on est admis à supposer que la cause première de ces maladies consiste dans la cessation de l'harmonie parfaite qui doit exister entre la dent et l'alvéole, d'où il peut résulter un stimulus semblable , jusqu'à un certain point , à celui que produirait la perte de la dent, et qu'on peut rétablir les dispositions naturelles des parties en faisant cesser ce stimulus morbide d'où dépendent l'absorption du procès alvéo* laire et l'oblitération de l'alvéole. Cette dernière opinion est fortifiée par le cas suivant.
Chez une jeune dame , une des premières incisives de la mâchoire su* périeure descendait graduellement hors de l'alvéole. Cette dame demandait qu'on lui transplantât une dent qui fût mieux proportionnée à l'alvéole devenu moins profond. Elle me consulta à ce sujet, et je lui objectai qu'il était à craindre que la même disposition morbide ne se continuât, et qu'alors la nouvelle dent serait probablement repoussée au dehors au bout de six mois environ, espace de temps qui avait suffi à l'abaissement de la dent ancienne; qu'une amélioration de si courte durée serait peut-être tout l'avantage qu'elle retirerait de Kopération. Mais je fis remarquer en même temps qu'il était possible que l'opération edt pour effet de détruire la disposition de l'alvéole à s'oblitérer, de manière que la nouvelle dent pourrait peut-être conserver sa position. Cette idée fit pencher la balance en Civeur de l'opératioii , qui fut pratiquée. Le temps jprouva la justesse de mon raisonnement ; la dent se fixa , et resta en place pendant plusieun années.
Les maladies qui nous occupent sont souvent produites par des causes visibles. Tout ce qui détermine dans les organes qui avoisinent les dents une roflammation considérable et longtemps continuée, comme la salivation, en particulier, peut donner naissance à ces effets. Le scorbut, lorsqu'il est porté très-loin , attaque aussi les gencives et les procès alvéolaires, et devient une cause de destruction pour ces parties. C'est ce qu'on remarque surtout dans le scorbut qui se développe en mer.
Quand la maladie provient de ces deux dernières causes, les gencives sont affectées de la mène manière gue les procès alvéolaires, soit idiopathiquement, soit par sympathie. Elles se gonflent, deviennent molles et sensibles, et saignent très-abondanunent à la moindre pression ou au ^indre frottement.
Jusqu'à quel point ces maladies peuvent-elles être prévenues ou guéries? Cest, je crois , ce qui né peut être déterminé.
La pratique la plus généralement suivie consiste à scarifier largement les gencives ; on se propose ainsi de raffermir les dents rendues branlant^
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par ta BNiladta 9 qui f par coMéqumt « a (M^ liil bèi«éo# êa pregrèt ta plus souYent avant qiM ïm ait fait mémo une tentatlro four amtmr k gttérison* Cet acarifiGatloDa ont eertaineoMiit an bon ^fèt dans cerUrint oas , ear lesdeotsdevienoeot beaucoupphis solides ; maison nt pont déCermi- Atr quel était le degré de deetructiondu procès alvéolaire dans œseas. Peot^ être o^y avait-il qu'un engorgement général de la fnemi>raoe qui est située entre la dent et le procèsalvéolaire, Goiame cela alieu dans une légère sali* vatioD « ce qui repoussait un peu la dent hors de ralvéole^ de sorte qile ta dent ne devenait plus solide que parce que cet engorgement se dissipait sous riofluence de récoulement sanguin abondant; ou bien il est poisibta qu'en produisant une inflammation d'une autre nature , ôd détruise ta première inflammation ou disposition à rinflammation; (fest ce qui a ea lieu évidemment ches la jeune dame dans ta cas qui a été rapporté ei-deseost
Si ce moyen de traitement est sans succès et que la dent continue à sor* tir de son alvéole /elle devient très^nante, ou, au nioinSf constitue une grande difformité. A la vérité, quuid la maladie déplace une dent de d»* vanti elle n'est point d'abord aussi incommode que lorsque c'est une tao* laire « parce que les dents de la première classe se recouvrent ordinaireoMni f mais elle produit un effet très-désagréabta à l'csil.
Si ta cause ne peut être détruite 4 l'efiet doit être l'objet de notre atte»* tlon» La seota dioee que l'on puisse faire, c'est de limer ta parttaqoi dé* borde ;.mais il faut avoir soin de ne pas limer Jusqu'à ta cavité de ta dent^ car il en résulterait (irobablenient de ta douleur, de l'inflammation et d'autres accidents plus ou moins graves* Toutefois, ce moyen est très^ pénibta, car il est difQeile de limer une dent brantante. A ta kmgae, ta dent finit par tomber , ce qui fait cesser les inconvénients^
S'il est vrai que les alvéoles étaient réellement détroits dans les cat eà dee dents branlantes se sont raffermies, ces alvéoles se sont'* ils repro» doits en vertu d!une force analogue à celle par laquelle ils se ctavn* tappent primitivement, 00 bien ta consolidation de la dent a^t*elta été l'edet de ta contraction de ta gencive et du procès ahréotaire autour de ta dent ? U est difficile de répondre k cette question^ Quand ta liidadîo est causée par ta scorbut, les premières tentatives doivent avoir pour bol ta guérison de Taffection scorbutique; ensuite, ta traitemeni local qêà . vient d'être indiqué peut être utile.
£0 même temps qu'on tire du sang des gendvei , on y qiptiqne toujoaii des as^ngenta pour les raffermir* Mais quand ta maladie provient^ non d'une cause constitutionneUe qui peut être détruite , comme le scorbut de mer ou la salivation , mais d'une disposition qui a son siège dans tas par^ ties mêmes, ces médicaments n'ont guère d'efficacité.
La teinture de myrrhe, celle de quinquina et l'eau de mer, font partta des topiijues qui ont été recommandés.
J'ai vu retirer de très-bons effets de l'usage de la teinture de qoi'nquind littée avec ta taudanum , dans la proportion de deux parties de teinture de foinquina pour une de laudanum : ce mélange doit êtit emptayéfréqoem-
fiES DENTS. tit
ment, et tenu chaque fois dans la bouche pendant dix, quinze ou vingt minutes (*).
{*) La pratique qui a été conseillée ploi haut et qui consiste à limer une deot lors* qa*elle est poussée hors de son aWéole, ne peut être que trèt-nuisible sous plus d'un rapport. La cause immédiate de la sortie de la dent eet, comme Hnoter le fait observer, la production d'une matière osseuse qui se dépose dans TaWeole; or, ce trarail dPossificatioii ayant pour cause une irritatioik quelconque du périoste, on doit éTÎtcr font ce qui est susceptible d*atlgmentef cette irritation i et c*est sana aucun doute ce que ferait Taction de la 4ime, qn^, en outre, tendrait à détruire les adhérences de la deal avec Talréole, et k dimianir l'ippol que lin prétt c« d«nii«r. Ce qtd piratt être le plus couTcnable , c'est d'appliquer des sangsues de temps en temps , particu* fièrement lorsquen touchant la dent on produit une sensation extraordinaire, qui annonce un certain degré d'inflammation dans le périoste de l'alréole. Cette pratique peut être suÎTife de INlsage des lotions astringentes. H est inutile d'ajouter que tonte violence doit être éloignée de la dent, et qu'on doit même éviter de la toucher. Les llf atnret surtout sont iiaisiblei. T. B.
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