‹ Œuvres complètes de John HunterChapitre 11 sur 88 · DES MALADIES DES GENCIVES, ET DE LEURS EFFETS CONSÉCUTIFS · texte numérisé non relu

DES MALADIES DES GENCIVES, ET DE LEURS EFFETS CONSÉCUTIFS

Ç I*'. Affection dite scorbutique des gencives.

Lès gencives sont très-sujettes à une maladie dont les symptômes, lorsqu'elle est arrivée à une période avancée, sont semblables, en général , à ceux qui ont été décrits dans le chapitre précédent.

Elles se tuméfient , deviennent extrêmement sensibles , et saignent a?ee une grande facilité. Ces symptômes ont de Tanalogie avec ceux qa*on observe dans le vrai scorbut; la maladie est désignée généralement par le nom de scorbut des gencives.

Mais cet aspect des gencives paraît être la principale forme morbide que revêtent ces organes , et il est probable que ces mêmes symptômes peuvent être produits par des causes très*di verses. En effet, j*ai vu souvent des apparences semblables chez des enfants de constitution évidemment scrofuleuse, et j*ai soupçonné la même cause chez des adultes. Ces symptômes se. montrent fréquemment aussi chez des sujets qui sont parfaitement sains sous tous les autres rapports.

Le ramollissement des gencives commence h leiur bord libre. Leur surface cesse d*être lisse en cet endroit, et il s*y forme comme un rebord épaissi et raboteux. La portion de gencive qui est située entre les dents se gonfle , s*élève dans beaucoup de cas comme les chairs fongueuses , et se montre souvent très-douloureuse au toucher.

L'inflammation est souvent portée assez loin pour déterminer Tulcération de la gencive. Voilà pourquoi , dans beaucoup de cas , on aperçoit sur Ja gencive un ulcère commun qui amène la denudation d'une partie de la dent.«Ce travail d*ulcération s'établit tantôt dans un point circonscrit , tantôt sur une seule mâchoire, et quelquefois sur la totalité des gencives, dans les deux mâclioires.

Quand la gencive est détniite par l'ulcération, il arrive souvent que le procès alvéolaire disparaît par lé mécanisme qui a été décrit ci- dessus (p. 109) , par suite de sa participation à l'inflammation , soit que la même cause agisse sur luh, soit par sympathie. Il se fait toujours alors , de la surface intérieure des gencives et des procès alvéolaires, un écoulement abofidant de pus, qui suit le trajet de la dent pour s*évacuer au dehors.

On oteerre dans beanooup de cas que, pendant que les g^ncîTes 8*ul-

cèrent dans un point , elles se tuméfient dans un autre où elles deviennent

spongieuses et pendent lâchement sur les dents. Ces dernières altérations

existent souvent lors même qu'il n*y a aucune ulcération.

Le traitement consacré dans cette maladie, lorsque les gencives se tu* méfient au point de former des espèces de végétations « consiste généralement à exciser toutes les saUlies fongueuses de la gencive. J*ai vu ce moyen réussir plusieurs fois. Cependant je ne le considère point comme la meilleure pratique à suivre ; cat ce n'est pas une substance accidentelle qui est ainsi enlevée , comme dans les cas de granulations exubérantes dans un ulcère; mais on détruit une partie de la gendve elle-même, comme on pourrait, au moyen du bistouri, réduire à son volume naturel une partie qui a subi un grand accroissement par Tinflammation , ce qui serait cer* tainement une mauvaise pratique. Je pense que les avantages qu'on retire de cette opération sont dus h Técoulement de sang qui a lieu , d'autant plus que je me suis assuré par l'expérience que la simple scarification des gencives produit le même résultat. Lorsqu'il y a des raisons de croire que la maladie a son point de départ dans un état particulier de la constitu* tion, le traitement doit être dirigé de manière à détruire cette condition particulière.

Si la constitution est scorbutique, il faut avoir en vue, dans le traitement , la maladie primitive. Si elle est scrofuleuse, le traitement local qui consiste à faire une plaie aux parties peut être nuisible; les bains de mer et les lotions fréquentes dans la bouche avec l'eau de mer, sont alors les moyens de guérison les plus puissants que je connaisse (*)•

$ n. Engagement calleux des gencives.

Les gencives sont aussi sujettes à d'autres maladies, qui sont indépendantes de leurs connexions avec les alvéoles et avec les dents , et qui n'appartiennent pas tout à fait à notre sujet actuel.

Une de ces maladies , qui est très-commune , consiste dans un épaississèment particulier de la gencive. Il se forme alors en un point circonscrit, une tumeur dure et comme calleuse, qui ressemble à une excroissance. Plusieurs de ces tumeurs ont une apparence cancéreuse qui empêdie le chirurgien d'y toucher; mais, en général, de telles craintes ne sont pas fondées.

On peut souvent, mais pas toujours, enlever ces tumeurs avec le

(•) Dans les et» 1m pliu graret qne j'aie ta roccasion d*ob«erTOT, aprèa qn'aacmi antre mojeu B*araH réuMÎ à produire an soalagement durable , les bains de mer et let lotiona d'eau de mer se iont montrés efficaces, ainsi que Hunter Ta remarqué, n est très-probable que Feffet tonique général du changement d'air et de lieu , et l'éloignement de tontes les inBuences débiUtantes qui résultent de Tapplication assidue aux affaires, de la Tie des Tilles et des habitudes de cette rie. ont puissamment aidé ces moyens diérapeutiqaes. Bfais U parait que remploi local de Tean de mtr a réeUement beaucoup d'efficacité. '^* ^'

bi^ttrL L*héimrtftgM qui sucoèdt à rexeisk» wl oriUaàirinNnt li iM-

MdértfbM qa'li étt smitmi Déeetsairt d*appliquei* le OMMère a«loél.

QèA toibMrt se reprodUinm qoelquefoii, oe qui obMgi le mriide à subir de noureau la tnénie qiératioDi i'eo ai tu qu'en à dû otirper ^ tais* Mfliti quand il en eit ainsi , il est pfdbable qu'elles ont tédleinent dbe diapositidn eaneéieuse; e'êsl du moins es que j'ai oenstaié daus deux eaâ qui se Sont ^réseotis à akhi obsertationi

Id i c'«st l'bflbitete du dlinurgieo qui est leqUise {duMl que odle du flëniisté.

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