‹ Œuvres complètes de John HunterChapitre 14 sur 88 · DE L'IRRÉGULARITÉ DES DENTS · texte numérisé non relu

DE L'IRRÉGULARITÉ DES DENTS

Nous avons yo plus haut que la partie de chaque mâchoire où sont placées les dix dents de devant, est exactement de la même grandeur lorsqu'elle contient les dents de lait que lorsqu'elle contient celles de la second^ dentition, et que ces dernières tiennent souvent plus de place que les premières : quand il en est ainsi, les dents permanentes sont obligées de se ranger très-irrégulièrement.

Cette irrégularité s'observe plus souvent à la mâchoire supérieure qu'à rîn£érieure, parce que la différence de grandau* entre les dents des deux dentitions y est beaucoup plus grande. Elle n'a guère lieu que pour les incisives et les cuspidées, car les dents de ces deux classes sont les seules qui soient plus larges à la seconde dentition qu'à la première. Ce sont les cuspidées qui en sont atteintes le plus souvent, parce qu'elles sont souvent formées plus tard que les bicuspidées, et qu'alors tout Tespaoe est pris avant qu'elles fassent leur apparition : dans ce cas, elles sont forcées de pousser en avant ou en dehors, par-dessus la seconde incisive. Cependant, la même chose arrive fréquemment aux incisives, mais rarement à un aussi haut degré. Cela vient souvent de ce que la cuspidée temporaire [d'un cêté ou des deux côtés ne tombe point. J'ai vu ces irrégularités aller jusqu'à produire l'apparence d'une double rangée de dents.

LesJHcnspidéesont en général assez de place pour se développer, parce ^e les molaires temporaires occupent plus d'espace qu'elles (page 00). Cependant il n'en est pas toujours ainsi ; car j'ai vu des cas où les bicuspidées se trouvaient r^jetées hors de l'arcade dentaire, très-probablement parce qu'elles avaient poussé plus tard qu'à [l'ordinaire.

Ce qui prouve que l'irrégularité des dents dépend du manque d'espace dans la mâchoire, et non d'une influence que les dents de la première doitition exerceraient sur celles de la seconde , c'est que V dans tous les cas d'irrégularité des dents, il est à remarquer que l'espace est réellement insuffisant pour que toutes les dents puissent se placer convenablement ; de sorte qu'il en est qui se trouvent nécessairement en dehors de la courbe, et d'autres en dedans, tandis que d'autres ont leurs bords tournés obliquement et sont comme déjeté^; et 3« que les bicuspidées ne se placent pas ordinairement en dehors de l'arcade dentaire, bien

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cjo'dles 8oi«nt 6xpoié«s autant que les autres aux infitienees des dents de la première deotttion.

Puisque les dents permanentes ne reçoivent dans leur sortie aucune Snfluenoe des premières dents, il, ne peut être d'aucune utilité d'arracto la dent correspondante à ceHe qui pousse irrégulièrement, car elle se dé« truit à nesure que celle-d avance. Toutefois, la seconde dent étant plus large que la dent primitive, il arrive souvent qu'elle est gênée par la dent de lait la phis rapprochée, dont la racine ne reçoit aucun stimulus du développement de la dent qui doit lui succéder, et ne se détruit point en proportion des progrès que foitla dent trop large; ainsi, l'extraction de la dent de lait contigue est souvent utile (page 74).

Dans les cas de grande irrégularité par défaut d'espace, un point essentiel c'est d'enlever les dents qui sont le plus déviées, afin de faire de la place pour les autres et de leur permettre de venir se placer dans la courbe.

L'eitraction d'une dent placée irrégulièrement serait de peu d'utiHté si neune modification ne pouvait être apportée à la situation des autres; mus on voit que le principe même en vertu duquel les dents poussent irrégulièrement est la cause qui les ramène à une position régulière s'il est convenablement dirigé. Ce principe, c*est la faculté que possèdent beaucoup de parties, et surtout les os , de se dévier sous l'influence d'une preslion mécanique.

L'irrégularité des dents est l'effet d'une pression mécanique; en effet, ime dent qui prend les devants sur une autre, et qui se fixe solidement dans sa place, offre un obstacle à la dent peu avancée et mobile qui se limne, et lui fait prendre une direction oblique. La même chose a lieu pour une dent complètement formée toutes le3 fois qu'une pression est exercée sur elle. Il est probable qu'une dent pourrait être transportée lentement et par degrés dans une partie quelconque de la bouche, car j'ai vu des cuspidées amenées par la pression jusqu'à la place des incisives. Toutefois, il est d'observation que les dents se déplacent plus ficilennent d'avant en arrière que dans le sens inverse , et que , quand elles ont été mues en arrière, elles sont stables dans leur nouvdie position , tandis que , lorsqu'elles ont été poussées en avant, elles ont souvent beaucoup de tendance à reculer.

L'époque la plus favorable aux déplacements des dents est celle de la jeunesse, pendant laquelle les mâchoires ont une disposition à s'adaptor à toute espèce d'arrangement; plus tard, elles ne s'accommodent pas si âtdlemoit aux irrégularités des dents. Cette différence de disposition devient mamfeste quand on étudie les ^ets de la perte d'une dent à rage de quinze ans et à cdui de trente ou quarante ans. Dans le premier cas , nous voyons que les deux dents voisines s'approchent l'une de l'autre, paiement dans tous leurs points, jusqu'à ce qu'elles se touchent; mais, dans le second cas, l'espace de la mâchoire qui est devenu vacant entre les deux dents voisines reste le même, tandis que ces deux dents s'inclinent l'une vers^ t*atttre £iuU d'être soutenues latéralement. Or, cette dieonstanee que les

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flDUlS oèd#ot fl la 99mm qui «ft (aeroée sor Imit kiiti fiitt toit ipl»« même chez Padulte, elles peuvent être rapprochées Its uaas desiiitras pat d«» ffmyfo^ artj(|ffieU «onvfuaMnieiil appliqués*

Le (li^plaiwoifpt des /lents s'opéront au moytn d'una pfsssîôn qui agît latéralement sur Isur eorps, il fout» pour que cette pression poisse èim pratiquée , qiie le eqrps de \s^ dent ait dépessé la geocif e suffisainmoot pou» jK>MVQir être saisi. jLÂ iDeilleure épeque parafa êtreodl^ qui suit ii^média* tement la ohMte 4m deuK molaires de lait; oar alors une piodificatioa bm* turejle s'opère dans la parfie de la mtchoirt qu'occupent oes deuu.

Je pe décrirai que succipctemeot les moyeos.de pratiquer œtte compre»> sien, car ils varient tellement suivant lesdroonstanoes, que rontrâuvtè peine deux C99 ou Ton doive procéder de la même manièrei et, en générait les dentistes oopnaissent asses bien les méthodes à suivre.

£0 général, on se sert de ligatures oq de plaques d*avgint« Les U^tvret conviennent mieux lorsqu'il ne s'agit que de rapprocher l'une de l'autre <}eux dent# qui sont bien situées dans la oourbe de l'areada dentaire* Ce ipoyeo ne donne que peu de peina, puisqu'il consiste seulement à lies les dep^ un^ fois par semaine ou par quiniaine.

Lqriqu'on vaut ramener dans la oourbe des dents qui poussant hors dt cetle ligna, il £i|ut employer des plaques d'argent recmirbéss, eeDstmitw d'nna maniera appropriée. Elles sont généralement fiites paut pghr por trois points, deux points fixes pris sur les dents qui sont en plaec, et !• troisième sur la dent que Ton veut déplecer. La partie de la plaqua qui «epone aur les deMK dents bien plaaées doit être d'une eartaina longueur, tandia que la ptirtie recourbée est courte, et doit être dirigée du cété ap>* po€(i à celui où tend à ae porter la dent que Ton veut ebanger de direction. L'effet de cette plaque dépend beaucoup de l'attention qu'y dont» la ma*» lade, qui doit souvent appuyer fortement dessus avee les dents de la mâchoire opposée { de sorte que cette méthode est beaucoup plus gênante peu? le malade que la ligature.

U eel impossible d'Indiquer d'une manière absolue quelle est la dent, ou quellee sont les dents , que l'on doit arracher dans les cas d'inégulartié. Il faut abaodonn.ar œtte déctaion au jugement de l'opérateur, mais on pourra tirer quelque utilité des idées générales qui suivent.

1"* S'il se trouve une dent qui soit de beaucoup en dehors de la rangée, tandis qve toutes les autres eont régulières, on peut enlever cette dent et rappeodier l'une de Tautre les deux dents adjacentes.

Ȱ S'il y a du même cdté deux dents, comme, par exemple, la seconda Ineisive et la euspidée, ou ua plus grand nombre, qui nmexit ptaeéas trèa<r inégulièrament, et qu'il paraisse indifférent, sous le rapport de la régula* rite, que l'une ou l'autre soit arrachée, je eonseillerai rextraction de cello des deux qui est située le plus en arrière, c'est-à-dire, deja euspidée, parce que s'il sa trouve un espace qui ne soit pas ren^ quand l'eutre dent aura été ramenée dans la rangée, cet espooe vide ne s'apercevra pqa si fà* ctlenwnt.

V» Si lèe deni denuque je viens d'indiqner, n*élant pu dana Fi

deBUiijfe , rfm 8ont ospendant pas très-étoignées , et qtiHI n^ iil pas de pfaice poor toutes deux , il faut extraire la première bieuspMée , iort même qè*eHe serait parfaitement daos la rangée , parce qu'ensuite leç deux autres soront fwilefneBt ramenées à leur place, et que, $11 reste quelque vkle, il se treavera assez loin en arrière pour n'être nulfement visible.

La mâchoire supérieure est souvent trop étroite d*un câtê à rautre^ dans sa portion antérieure qui supporte les dents de devant, et elle déborde beaucoup en avant 1^ mâchoire inférieure , cq qui <)onn# à Id boucha Tasp^ç) de celle du l^pjn, bien q»e 1^ denu mpn% r^]\i^mmt plaore^ dans U ciHirbe 4e la vMbmn- Daoi un tel om, il est nà^assaire d*arraober um bifiusfyâée à$ chaque e^té; p«r ee moyea, la partie aotérkmve delà eoufbf que ferme i'os se reporte en arrière. On pourrait, en outre, placer tram* versalement au plan supérieur de la bouche une barre qui s'are^bouteraft avec force sur les deux cuspidées , et qui élargirait la courbe. Les dents de devant pourraient aussi être attachées h cette barre, ce qui aiderait la nature à les porter en arrière. Ce procédé a été employé, mais il est fort pénible.

La forme du corps et de la racine des dents, qui n*offre poinf une rondeur parfaite, est souvent la cause qui fait prendre aux dents une direction Ticieuse. £n effet, pendant leur développement, elles peuvent n'appuyer sur la dent complètement formée que par un de leurs angles, ce qui les force de tourner un peu sur leur axe. Les dents qui sont déviées de cette manière sont plus difficiles à modifier dans leur position que celles qui ont été citées précédemment, car il n'est pas possible, en général, d'exercer assez longtemps et assez constamment la pression qui serait nécessaire pour faire tourner la dent sur son axe. Cependant, pour les incisives, cet effet peut être obtenu quelquefois par les mêmes forces qui produisent le mouvement latéral ; mais, lorsque l'application de ces forces n'est pas pos* sible, ce qui arrive fréquemment, il faut arracher la dent d'une manière définitive, ou bien l'arracher pour la replacer, ou enfin lui imprimer dans son alvéole un mouvement de rotation suffisant pour lui donner une position convenable, ainsi qu'on l'a pratiqué souvent.

Un cas qui se présente souvent, et qu'il convient de mentionner ici , est eelui qui consiste dans la carie de la première molaire permanente à une époque peu avancée, c'est-à-dire, avant la chute des molaires temporaires et la sortie de la seconde molaire permanente hors de la gencive. Dans ce cas, je crois qu'on doit enlever la dent malade immédiatement, lors même qu'elle ne cause aucune douleur. £n effet, si cette dent est arraèhée avant que les molaires temporaires soient tombées et avant que la seconde molaire permanente ait percé la gencive , les inconvénients de son absence ne tarderont pa^ à disparaître, car la bicuspidée du même côté se portera un peu en arrière, en même temps que la seconde et la troisième molaires viendront un peu en avant; de cette manière, l'espace vide sera comblé et ces dents seront suffisamment soutenues ; en outre , l'extraction de la dent

dotmera de la {daoe pour les deots de devant, qui en oot souvent tuésgrand besoin, suitout à la mâchoire supérieure (*)•

(*) Lm ooBsidératMMit précédentes iiir FirrégoUrité des dents sont en général très* jodioenses, et il serait i désirer que plosienrs des aateors qui ont écrit sor ce s^jet , eussent imité la modération de Hanter an sojet da mode de traitement à suivre. C*est surtout dans le traitement des dents pendant la seconde dentition que nous ayons maintenant à déplorer les soins trop entreprenants d'une ignorance intéressée, qui consistent i extraire de bonne heure les dents temporaires , sons prétexte àt faire de la place aux dents permanentes. On ne saurait trop condamner une telle pratique; sa cnmnté est peut-être son BMnndre défaut, car la donlenret la frayeur qu*eUe lait éprouver ne sont que momentanées; mais elle entraîne un grave inconvénient cpii est permanent: e*est que si les dents temporairas sont enlevées avant que les dents permanentes soient prêtes à prendra leur place, la mâchoire se rétrécit pendant In croissance de l'enlant, d*oà il résulte une fâcheuse di^roportiott entra le volume des . dents nouvelles et l'étendue de Tare osseux qui doit les loger. T. B.

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