‹ Œuvres complètes de John HunterChapitre 16 sur 88 · DE LA SAILUE ANORMALE DE LA MACHOIRE INFÉRIEURE · texte numérisé non relu

DE LA SAILUE ANORMALE DE LA MACHOIRE INFÉRIEURE

il n'est pas rare de voir la mâchoipe inférieure faire une saillie trop considérable en avant, de façon que les dents de devant de cette mftchoire passent au-devant de celles dé la mâchoire supérieure quand la bouche est fermée ( p- â^) , ce qui à des inconvénients et déforme k visage.

Cette diffomiité peut être considérablement diminuée chez les sujets jeunes. iLe^ dents de la mâchoire inférieure peuvent être poussées en arrière par degrés , chez ceux dont tes dents ne sont pas tout près les unes des autres , tandis que celles de la mâchoire supérieure peuvent être doucement amenées en avant, ce qui est beaucoup plus facile.

Ces deux effets sont produits par les mêmes forces mécaniques. Quand ta saillie en avant de la mâchoire inférieure n'est pas très-prononcée, et que le malade peut porter les bords des deiits inférieures derrière ceux des supérieures, il est en son pouvoir d'augmenter déplus en plus ce retrait jusqu'à ce que la mâchoire soit tout à fait à sa place, c*est-à-dirc, jusqu^à ce que les molaires correspondantes se rencontrent; et il n'est pas nécessaire d'aller plus loin. On obtient ce résultat en portant souvent la mâchoire inférieure aussi loin que possible en arrière, et en serrant alors les dents avec beaucoup de force les unes contre les autres.

Mais lorsqu^il n'est pas au pouvoir du malade de porter la mâchoire inférieure assez en arrière pour permettre aux bords des dents de devant de passer derrière lèâ dents de ta mâchoire supérieure , il est nécessaire d'employer des moyens artificiels.

Le meilleur moyen artificiel est un instrument d'argent qui est creusé â*une gouttière longitudinale convenablement façonnée pour loger les dents de devant de la mâchoire inférieure , sur lesquelles rinstrumeni peut être fixé solidement. Cet instrument s'incline en arrière vers son bord supérieur, de manière à s'élever derrière les dents de devant de la mâchoire supérieure ; de sorte que lorsqu'on ferine la bouche , tes dents de la mâchoire supérieure viennent se placer sur la partie antérieure de la surface oblique de Tinstrument , et sont poussées en avant par la force du plan incliné. Le malade qui porte un tel instrument doit fermer sa bouche souvent pour atteindre ce but.

Ce moyen n'a besoin d'être continué que jusqu'à ce que le bord des dents inférieures puisse être porté par la volonté seule derrière ceux des supérieures, car alors il est au pouvoir du malade d'achever la guérison, comme dans le cas que j'ai supposé premièrement.

6ÈS MMS. Ht

CHAPIT&E IX.

I>B L'flXTRAÛTION DES DENTS.

Duns quelquei cas, rextraeUon d*uDé dent es^ uoe ofiératiOQ mrloit» meDt délicate; dans d'autres , c'est la plus fadio des opérations.

La plupirl du temps on ne pense à se Soumsttre à cette opération que lorsque ridllanunatiod s'est développée ; il importe donc de rechercher s'il est conrenable d'arracher one dent pendant que Finflammation existe « Ml s'il &ut attendre que rinPanunation aft cédé. A mon avis, il vaut nieux attendre que les parties se soient rétablies parfaitement, car lorsi qu'elles sont dans un état d'irritation, eUessont plus sensibles à hi dou* îmté La pratique contraire peut aussi paraître rationnelle, car on pourrait er#ire qu'en étant la dent on ealere la cause de rinflammation. Mais lors* que l'inflammation s'est une fois allumée, l'effet se continue indépen« damment de la cause, et arracher la dent dans une telle condition, c'est plutôt faire naître une cause nouvelle d'inflammation que détruire eeUe qui existe d^à i il s'en est offert a moi un exemple. Cependant , on arra^ cbe lu phipert dep dents au moment où l'inflammation est à son plus haut degré d'intensité,. et nous ne voyons pas qu'il en résulte auoun iA* eoBvéniânt. U est doné peut-être convenable d'opérer quand le malade est edutenU par une fiirme résolution. Il est possible d'ailleurs que la sensibi^ yté aiorale sOit moins vive dans ce moment.

Let dents feont plus ou moins difficiles à arracher suivant lent flxi^ Ott leur mobûité dans Falvéole, et Jusqu'à un certain point suivant la clalM à laqtidle elles apt>artiennent, et suivant leur situation (page 8S)« Elles sont natnrelleoiens ânea fortement fixées dans l'alvéole pour «xiger l'emfM âés Instruments et une nain prud^te et adroite ^ et pourtant elles •ont quelqveâds li peu solides , qu'elles se laissMl arracher avec lei doigts.

Quand les alvéoles et les gencives ont subi une altération considérable et que les dems sont très-vacillantes , Il convient , dans la plupart des cas , de faire l'extraction de ces dernières. Eh effet , si on les laisse m place, peut-être même en les altachant aux dents voisines, elles agissent comme corps étrangers sur ce qui reste de la gencive et de l'alvéole, en déterminent Tulcération , et produisent une destruction et un affaissement beaucoup plus considérables de ces parties que si elles eussent été arra* ebécs plus lêti II en résuite deux graves inconvénienu : les dents voisines perdent une partie de leur appui , et il devient plus difficile de fixer une

dent artificielle. Mail si l'on ne fait connaître Tivement au malade le danger auquel il est exposé, on obâent difficilement de lui quMI consente à la perte d*une dent qui tient encore , et surtout d*une dent qui parait saine.

L'extraction d*une dent ne doit jamais être faite avec rapidité , car il pourrait en résulter de graves accidents , comme la fracture de la dent ou de la mâchoire; de même qu'une balle qui vient heurter contre une porte ouverte, la traverse si elle a une grande vitesse , tandis qu'elle la ferme si sa vitesse est médiocre. C'est chez les adultes, c'est-à-dire pour les dents permanentes, que cette précaution est le plus nécessaire (page 60), car chez les jeunes sujets, qui n'ont que leurs dents de lait (page 60; planche 8 , fig. 16, 17, 18), la mâchoire étant moins dure, on n'a guère à craindre que la dent se brise (*).

On a assez généralement l'habitude de séparer la gencive de la dent avant de faire l'extraction , et cette pratique offre bien peu d'avantages « parce qu'elle ne peut jStmais être faite qu'imparfaitement, et que la partie de la gencive qui est adhérente à la dent se détruit lorsque celle-ci est perdue. Mais si cette séparation, telle qu'elle jieut être faite, épargne en somme i|n peu de douleur, je ne puis que la recommander ; elle peut au moins, dans quelques cas, empêcher que la gencive ne soit déchirée. G'eM aussi une pratique ordinaire àt fermer la gencive, suivant l'expression vulgaire. Cette précaution est plutôt pour la forme que dans un but d'uti* lité réelle; car la gencive ne peut être rapprochée assez pour se réunhr par première intention, et par conséquent il faut que la cavité d'où la dent est sortie suppure comme toute autre plaie. Mais comme les sensations de ces parties sont appropriées à une telle perte, et qu'il doit se faire un travail très-différent de celui qui suit la perte d'une aussi grande quantité de substance dans toute autre partie du corps, l'inflammation et la suppu* ration copsécutives sont moins intenses ( voyez page 27 , absorption des alvéoles). On peut admettre que c'est une opération naturelle et non une action violente qui s'accomplit dans la gencive et dans l'alvéole. C'est amsi que la sortie prématurée d'un fœtus, qui est un phénomène analogue à l'extraction d'une dent solidement fixée dans son alvéole, produit une violence locale considérable, parce qu'elle a lieu avant que les parties contenantes soient préparées à cette perte, sans cependant causer un trouble proportionné au désordre local. Il est donc en général très-inutile de rien faire à la gencive.

Quelques circonstances particulières accompagnent et suivent soit naturellement, soit accidentellement, l'extraction des dents; mais elles sont en général de peu d'importance.

Il se fait un écoulement de sang qui provient des vaisseaux de l'alvéole

(*) Je doit à M. Spenoe la justice de dire que ces principef panissent être les sieiUi et qa*il est le lenl dentiste , & ma connaissance , qui conscnUt à se laisser iastraire » o« même cpii admit qu*on pAt Tégaler en saroir; je dois rendre la même joatice à ses denz su. J. Hukte».

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et de cent qui pa^nt de Talvéole à la dent (page 44; planche 8, fig. 1 à 8). L'hémorragie est ordinairement peu abondante; cependant il se présente des cas où elle est très-considérable, et alors la conformation incommode des parties fait qu'il est très-difficile de l'arrêter. Il sufBt , en général, de remplir Talvéole avec de la charpie sèche ou avec de la charpie imbibée d'huile de térébenthine , et d'appliquer par-dessus une compresse ou un morceau de liège ayant plus de hauteur que les dents adjacentes , de manière que les dents de la mâchoire opposée puissent exercer une compression sur cet appareil. On a conseillé d'emplir l'alvéole de cire molle, dans l'idée que cette cire se moulerait à la forme de la cavité, et qu'elle arrêterait ainsi l'écoulement du sang. Cette méthode peut avoir plus de succès que la précédente dans certains cas; on doit donc l'essayer lorsque la {dernière n'a pas réussi.

U est diflBcile d'arracher certaines dents sans briser le procès àlvéo* iaîre. Cette fracture est , en général , de peu d'importance ; car, par suite du mode d'union qui existe entre les dents et les alvéoles, ces derniers ne peuvent guère être brisés au delà de la portion qui correspond aux pointes des racines , et même il est rare que la fracture occupe toute cette étendue. Par conséquent, il ne peut en résulter que peu d'inconvénients. En effet, la fracture n'intéresse que la partie de l'alvéole qui doit se détruire naturellement après la perte de la dent , et la partie qui ne se détruit pas s'oblitère pour servir de base et de point d'appui à la gencive. On a supposé que les esquilles sont une source d'accidents; j'ai de la peine à le croire : si elles ne sont pas assez détachées pour avoir perdu leur principe vital 4 elles continuent à faire partie du corps vivant, et leurs pointes s'arrondiasent copime il arrive dans les autres fractures, d'autant plus qu'ici ks parties ont ulùe plus grande disposition à se détruire par absorption ; si eues sont entièrement détachées , elles sont éliminées avant la contraction complète de la gencive ; sinon , elles agissent comme corps étrangers , donnent naissance à un petit abcès dans la gencive ^ et sont expulsées de oette manière.

U arrive quelquefois que la dent est brisée, et que la pointe ou une plus grande partie de I4 racine reste dans l'alvéole , ce qui suffît souvent pour que les douleurs persistent. Il faut donc extraire le fragment avec soin , si cda est possible. S'il ne peut être enlevé, la gencive le recouvre en partie, et l'alvéole se détruit jusqu'à l'endroit qu'il occupe. Le principe en vertu duquel l'alvéole se détruit donne naissance à une disposition qui a pour tendance l'oblitération du fond de la cavité, d'où il résulte que le chicot est repoussé au dehors, mais non peut-être sans avoir causé plus d'un accès de douleur. 'Cependant l'expulsion du chicot n'entraîne pas toujours ce dernier accident.

liO MALADIES

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