‹ Œuvres complètes de John HunterChapitre 17 sur 88 · DE LA TRANSPLANTATION DBS DENTS · texte numérisé non relu

DE LA TRANSPLANTATION DBS DENTS

Quoique cette opération ne présente en elle-même aocuuediffleuHét ellt fl'en est pas moins une des plus délicates de toutes les opératidns; et, parmi oelles qui rentrent dans les attributions du deotisie, il n'en est point qui exige autant de connaissances chirurgicales et pbyiiologiqoés. Cer«> taines précautions sont indispensables, surtout si c'est une dent tivante qui doit être transplantée, car, alors, il faut retenir la vitalité dé la dent, et nous n'aTons pas à choisir parmi un grand nombre de moyens* Le ma* lade peut faire beaucoup aussi ; il doit s'y prendre de bonne heure, et donner au dentiste tout le temps que ce dernier juge nécessaire pour re-^ cueillir un nombre suffisant de denu qui paraissent être d'une grandeur oonrenable , etc. Il ne faut pas non plus qu'il soit trop impatient de sortir des mains du dentiste.

Les incisives, les cuspidées et les bicnSpidées sont les seules detits qui puissent être changées, parce que leur racine est simple. La transplantation réussit mieux pour les incisives et les cuspidées que pour les bleuepidées , parce que la racine de ces dernières est souTcnt bifurquée à son extrémité , ce qui empêche l'opération d'être aussi parfaite.

Il n'est gu^e possible de transplanter une, molaire, car il y à très-peu de chances de trouver une dent qui s'adapte parfaitement à l'alvéole* Le dentiste peut^ il est vrai, réussir à y adapter une dent privée de vie, lorsqu'après avoir arraché une molaire, il trouve l'alvéole idans un état d'intégrité parfaite. .

De VékU deê gencives et des aMùleê* ^ Ge qui doit attirer l'atiehtîoft •tout d'abord , c'est l'état des alvéoles et des gencives de la personne qui doit recevoir la dent nouvelle.

Si la dent qui doit être enlevée n^est pas malade dans sa tolalilé, il est très-probable que l'alvéole est sain et entier. Mais si le corps de la dent est détruit depuis un certain temps, et que la raeine ne forme plus que ce que l'on appelle communément un chicot , il y a tout lieu de croire que cette racine a commencé à se détruire à sa surface externe et à sa pointe, et alors l'alvéole aura commencé à s'oblitérer dans la même proportion. S'il en est ainsi , on ne peut espérer aucun succès. Toutefois , dans la transplantation des dents , il faut commencer par arracher la dent malade; on connaîtra par elle l'état de l'alvéole; de sorte qu'on abandonnera ou

DE* DÉlrtrS. 131

qti'<M ntiéUtn» la dent $éim (*), selon Vùsped que t^t^entera la dent

IfUuoflC*

M les appareneea iie éont pas favoi*abtes , et quil ne soit {las probable qae la dent scion puisse éti^ introduite de manière à s^nnir i Taivéole à te pla(!e do chleot, il est bon que le dentiste ait sous la main quelques dents pritées de vie, afin de chercher s*il ne sVn trouvera pas urie qui puisse s^adapter à TaWéole. Tal vu de ees dents qui sont restées en place un gfand nombre d*années , surtout quand elles étaient bien soutenue! par les dents voisines. Cette dernière pratique est même conseillée par quelques dentistes de préférence à la première. Du reste, cette seconde opération elle-même ne doit être tentée qu'autant que Tahéole sera saiA el ofMth encore une assez grande capacité; autrement, la dent ne pour^ rait avoir que très-peu de solidité.

Toutes les fois que la gencive est atteinte de parulie, il faut renoncer à la transplantation; car Talvéole est toujours malade, bien que la maladie ait son Origine dans la dent. A la vérité , dans un ou deux cas que j'ai ob« serves, la parulie a été guérie par cette opération.

Si les gencives sont malades et présentent l'état spongieux qui a été dé* iTlt pkis baot 4 la transplantation est contre-indiquée et n'offre que peu dé dumces de soeeès; il ed est de ntéme si les alvéoles ont une disposition à 6'aUt>ph1er, et que la dent ait perdu une partie de ses adhérences. £n ud Mot, il faut que les alvéoles et les gencives soient parfaitement sains. On ne doit jamais pratiquer la transplantation sur un malade qui fart usagé demereure, lors même que les gencives n'en sont pas encore affectées, est elles peuvent l'être avant que la dent soit fixée. Je vais encore plus toin : on ne doit même pas pratiquer cette opération chez une personne atteinte de quelque affection qui puisse l'obliger è prendre du mercure avant que la dent soit suffisamment consolidée. C'est pourquoi les personnes qui se sont soumises à la transplantation doivent éviter avec mi soin particulier, pendant quelque temps, toutes les causes des maladies pour hi guérison desquelles le mercure pourrait être nécessaire. Je ne tonseillerais même paà la transplantation dans les cas où l'usage du mercdre n'est suspendu que depuis peu de temps.

Il n'est pas facile de déterminer à quelle époque l'usage du mercure peut être sans incionvénients après la transplantation d'une dent. J'ai vu l'opération manquer par cette cause , selon toute apparence ^ après six semainésf , et lorsqu'il j avait tout lieu de supposer qu'elle aurait été suivie de SQoces*

De Page (fui cornaient pouf^ la transplantation. — Il faut que l'alvéôlc 86it arrivé à son enticfr développement; il faut aussi qu'une ou deux mdfâires de chaque cdté des deux mâchoires aient atteint leur volume not-

' (♦) Comme la transplantation des dents a beaucoup cl*ana1ogie avec Popéralion qui consiste à greffer nu scion sur un arbre , ne trourant pas d^autrc mot qni exprimât anssi bien le phénomène en question , j^ai pense qne ce terme pOOTâit étf e emprunté I Hiorticritore et transporté Aâm le langage cbrrtirgical. 7. HtmTBK.

mal , afin que les deux mâchoires soient tenues à une distance convemMe Tune de l'autre, et que la dent transplantée ne soit point troublée par les mouvements de la mâchoire, pendant qu'elle se consolide. Ces conditions se trouvent réunies à l'âge de dix-huit ou vingt ans.

Il arrive cependant quelquefois qu'une dent de devant se carie avant cet âge, et même avant d'être complètement formée; on ne peut alors compter sur les avantages qui viennent d'être signalés. Mais, en pareil cas, il importe peu que la transplantation soit pratiquée ou ne le soit pas, car la simple extraction de la dent malade sufOt dans la plupart des cas, attendu que les deux dents voisines peuvent être rapprochée l'une de l'autre de manière à remplir fespace vide, et que les autres dents sulTvent ce déplacement, bien qu'à un moindre degré, ainsi que je l'ai fait observer en parlant des irrégularités des dents.

, De la dent scUm. *— La dent scion, ou la dent à transplanter, doit être une dent jeune et arrivée à son entier développement. Il faut qu'elle soit jeune , parce que la vitalité et la tendance à s'um'r sont beaucoup plus énergiques dans les jeunes dents que dans les vieilles. . Il est à peine besoin de faire observer que la dent nouvelle doit toujours être parfaitement saine, et prise dans la bouche d'une personne qui paraisse saine et bien portante. Ce n'est pas que je croie qu'une infection quelconque puisse être communiquée par les humeurs en circulation, bien que nous sachions par expérience que cet effet peut être produit par l'introduction d'une matière sécrétée de ces mêmes humeurs.

La dent scion doit être plus petite que celle dont elle est destinée à tenir la place. On ne peut savoir d'avance avec certitude quel est le volume de cette dent, mais on peut le connaître approximativement, dans la plupart des cas, en jugeant d'après la grosseur des corps des deux dents; cependant, comme les racines ne sont pas toujours en proportion du corps, il arrive quelquefois que cette comparaison conduit à des résultats inexacts. Il n'est pas non plus toujours en notre pouvoir d'avoir recours à ce procédé , car le corps de la dent qui doit être remplacée peut être entièrement détruit, de manière qu'il ne reste plus que la racine. Dans ce cas, il faut juger d'après la dent correspondante du côté opposé; mais celle-ci peut être elle-même détruite.

. On ne court aucun risque de se tromper , a-t-on dit, en prenant la dent scion chez un jeune sujet. Mais l'âge n'est point une garantie, car une dent arrivée à son développement complet est de la même grandeur cliez les jeunes sujets et chez ceux qui sont avancés en âge (p. 76, développement des dents). Pour remédier autant que possible à ces inconvénients, on peut prendre la dent scion sur une femme, car les dents des femmes sont, en général, plus petites que celles des hommes. Mais la difficulté subsiste lorsque c'est une femme qui est soumise à l'-opération. Il est des femmes qui ont des dents si petites qu'il est presque impossible de les assortir. Quand la racine de la dent scion est plus volumineuse que celle de la dent, qu'elle doit remplacer, il faut la diminuer, et seulement dans les points où elle est trop forte. Mais il faut tout faire pour éviter de recourir

à cette opération préparatoire, car , lorsque la dent a été limée , die a perdu toutes ses ioégalités , qui contribuent à la rendre plus solide. Si ^cependant , iJ est nécesteire d*en enlever quelque portion , il faut le faire de manière à imiter, autant que possible , la forme de la vieille dent. Le meilleur moyen , c*est d*avoir à sa disposition plusieurs personnes dont les dents soient , selon toute apparence, du volume approprié, car si la première ne convient pas, la seconde peut convenir. Je suis convaincu que Topération a man* que plus d'une fois parce que la dent a été introduite de force dans un alvéoie trop étroit. En effet, qu*arrive-t-il alors? Une partie de Tenveloppe molle de la dent, c'est-à-dire, de la membrane qui tapisse Falvéole, est comprimée entre deux os très-durs, et toute circulation y est interceptée ; la mortification s'empare de cette partie; il en résulte une parulie, et la perte de toute union entre l'alvéole et la dent; de sorte que celle-ci doit tomber.

n n'est pas nécessaire d'ajouter que le succès est d'autant plus certain qoe la dent scion est plus promptement implantée,' car tout retard a pour effet la diminution du principe vital d'où dépend l'union des deux parties (voyez pages 83 et 84).

Du replacement d'une dent saine qui a été arrachée par hiéprise, — n arrive quelquefois que l'on arrache une dent qu'on croit malade parce qu'elle cause de la douleur ^ et que cette dent se trouve parfaitement saine. Je suisd*avis qu'on doit la replacer pour qu'aucune perte ne résulte de l'opération ; probablement alors c'est la dent voisine qui sera le siège de la douleur. Une dent qui a été chassée de son alvéole par une violence extérieure doit être replacée de la même manière. Ce remplacement doit être fait aussitôt que possible ; mais je pense qu'il faut le tenter même vingt-quatre heures après l'accident , ou enfin tant que l'alvéole voudra recevoir la dent, ce qui peut avoir lieu après plusieurs jours.

Cette pratique peut s'appliquer à toutes les dents sans exception; car bien que les molaires aient plusieurs racines, ces racines rentrent dans leurs cavités respectives aussi bien que le ferait une seule racine dans son alvéole unique, et il est probable d'ailleurs que lorsque la dent a été arrachée par une violence extérieure, l'alvéole s'est agrandi en cédant à te cause vulnérante. Du reste , les molaires ne sont pas aussi sujettes à cet accident que les dents de devant, à cause de leur situation et de leur solidité.

Lorsqu'une dent a été seulement luxée ou expulsée en partie, le malade ne doit pas hésiter à la repousser immédiatement dans son alvéole. Le 6dt suivant vient à l'appui des préceptes que je viens de donner.

M.^* reçut un coup qui chassa la première bicuspidée hors de l'ai* véole et luxa la seconde. La première était tombée dans sa bouche; il la cracha par terre , mais il la ramassa aussitôt et la mit dans sa poche. Quelques heures après, il me fit appeler, me raconta l'accident et me montra la dent En examinant sa bouche, je trouvai la seconde bicuspidée très-nH>bile, mais assez bien à sa place. La dent qui avait été extraite n'était pas tout à âiit desséchée ; mais comme elle était tombée par terre

ia4 MALADIES

et qu*eUe «yait été quelque temps dans la poebe, elle était trii<Mle, Je la plongeai immédiatement dans de Feau chaude, et après Ty avoir laissa séjourner pour qu'elle se ramollit , je la nettoyai aussi bien que possible, et je la replaçai après avoir introduit une sonde dans Talvéole pour bripev le caillot sanguin qui le remplissait. Je liai alors cette dept et la seconda à I9 cuspidée et à la première molaire avec un Ûl de soie qui fqt laissé ^n place pendant quelques jour$ et ôté ensuite. Au bout d'un moi^ 06« deux dents étaient aussi solides que toutes les autres, et sans le spuveniv des circonstances qui viennent d'être rapportées, M/** n'aurait avcuae conscience de l'accident arrivé à ses dents. Il y a maintenant quatre wa^ nées que cet événement s'est passé.

£ie la transplantaiion des dents privées de vie. — On a conseillé l'im* plantation des dents mortes, et j'ai vu de ces dents rester en place pen-» dant beaucoup d'années. Si l'opération réussissait toujours aussi bien avfc ces 4eQts qu'avec celles qui sont encore douées de vitalité, Je leur donnerais la préférence, parce qu'il est bien plus facile de les assortir, attendu qu'on peut se procurer une bien plus grande variété de dents mortes que de dents vivantes. Mais elles ne cons^ervent pas toiyours leur couleur et elles sont très-susceptibles de se tacher. Cependant, j'en ai vu se conserver pendant plusieurs années sans aucune altération, et même, quelques-unes ont paru acquérir une transparence qui n'est pas ordiiuiire aux dents mortes.

Des moyens de fixer immédiatement la dent transplantée. — I,ors** qu'une dent a été transplantée, la première chose à faire c'est de la ûxet dans la position qu'elle doit garder, c'est-à-dire qu'il faut l'attacher aux deux dents voisines avec de la soie ou de l'algue marine (sea-weed). Si c'est une incisive ou une cuspidée, on doit nouer d'abord la soie au collet d'une des dents voisines , aussi près que possible de la gencive \ puis, on ramène les deux bouts de la soie autour du corps de la dent 4cion i mais moins près de la gencive que pour la précédente, et on lei| poue à pet endroit; ensuite, on4es ramène autour du collet de l'autre dent adjacente , aussi près que possible de la gencive comme pour la première, et on les y noue. Cette différence de hauteur dans la place que doif pocuper la soie a poqr but, ainsi que cela doit être évident, d'assujettir kl 4ent au fond de l'alvéole.

Si la dent transplantée est une bicuspidée, on peut la fixer de la m^œe manière; mais on peut aussi ramener )a soie sur la surface triturante, entre les deux pointes ; par là, la dent est maintenue plus solidement que par tout autre moyen. Il arrive quelquefois que le corps de la dent «cioii e$t trop long, trop épais, ou dans une position telle que les dents de la piâchoire opposée exercent une compression sur lui. Il faut avoiir grand coin de prévfinir cette disposition, car les dents opposées venant heurter la dent scion à chaque mouvement de la mâchoire, empêcheraient constamment sa consolidation. Pour remédier à cet inconvénient, on a reeommaodé de choisir des dents plus petites que celles qui sont remplacées; mais lors même qu'elles sont d'une grandeur convenable sous les autres

DES jxmis. tu

sapporu, elles ioucheol quelquefois encore las dents oorrespondant» d^ la mâchoire opposée. Lorsque cela vient de la longueur de la dent, on peut sans crainte limer une petite partie de son bord tranchant. Si cela dépend de Tépaisseur de la dent nouvelle, et que celle-ci soit placée dans la mtchoire inférieure , on peut limer une partie de la surface creuse ou concave de la dent qui lui est opposée directement. Lorsque cet incon-, Ténient est dû à la position de la dent, on doit recourir au même moyen* En faisant attention à cette circonstance, lorsqu'on Cxe définitivement la dent, On peut dans beaucoup de cas prévenir la gène qui doit en résulter. Cependant, s'il n'était pas au pouvoir du dentiste d'y porter remède par les moyens qui viennent d'être indiqués, il faudrait alors attirer la dent en avant ou en arrière en la liant à une plaque d'argent recourbée et reposant par chacune de ses extrémités, sur les dents voisines.

Lorsque la dent qui doit être placée dans l'alvéole est trop^courte, le malade hésite entre ce qui est le plus utile et ce qui est le plus agréable i l'ceil. Mais la dent doit être introduite dans l'alvéole aussi avsjnt que possible sans violence, bien qu'elle soit trop courte, et il faut négliger ici l'aspect extérieur.

Cest au malade à achever la guérison. Il faut pendant un certain temps que toute son attention se porte vers la dent qui a été implantée, et qu'il veille à lui communiquer le moins de mouvement possible. Pans beaucoup de cas, il y a de la douleur pendant quelques jours, et la gencive se tuméfie; dans d'autres , il n'y a ni douleur, ni gonflement.

Le malade doit avoir grand soin de ne pas s'exposer au froid ni à au«* eune autre' cause de fièvre, car il compromettrait vraisemblablement le spcoès de l'opération. Ces précautions sont plus nécessaires en hiver qu'en été«

Pans certains cas, la dent commence à se consolider au bout de quelques jours, et la gencive l'embrasse étroitement; d'autres.fois , au contraire, il se passe plusieurs semaines avant que ce résultat se manifeste, quoique la dent finisse par se fixer.

J'ai vu quelquefois la dent transplantée sortir un peu de l'alvéole, et y rentrer au même degré qu'auparavant sans que l'on eût employé aucun, moyen artificiel.

La soie doit être enlevée plus tôt ou plus tard, selon le degré d'afTernissement de la dent : chez quelques personnes, au bout d'une quinzaine de jours ; chez d'autres, plusieurs mois après l'opération.

Ainsi qu'il arrive pour toutes les opérations, celle que je viens de dé-^ crira n'est pas toujours suivie de succès. Il arrive quelquefois que les deux corps osseux ne contractent pas d'adhérences, et alors la dent agit souvent (*) oonune un corp9 étranger ; au lieu de se consolider, elle de-

(*) le âU souvent, ear je ne pente pa» qa il en aoit tonjonra aiaai. Oa sait , en effet, qoe dea denta nortea aont reatéea en place pendant dea années • «ans affecter le meina du monde lea alréolea on lei geneivea. On pent doac admettre qne la même rbete arrive qoelfuefoii poor let dentt Tirantes qni ont été trantplantéet.

J. UUKTSR.

vient de plus en plus mobile i la genci?e se tuméfie , et il se développe une inflammation intense qui se termine fréquemment par une parulie. Dans quelques cas où Topération n^a pas réussi davantage, ces symp* tomes ne se présentent point : les parties paraissent assez saines ; seule* ment la dent ne se consolide point, et quelquefois elle tombe.

On remarque aussi parfois un phénomène très-singulier qui s'accomplit dans la dent transplantée : Falvéote vivant où elle est logée et la gencive , ne pouvant expulser xîe corps qui est maintenu par une force supérieure, ont recours à un autre moyen pour s'en débarrasser; ils en rongent la racine jusqu'à ce qu'elle soit entièrement détruite, par un mécanisme tout à fait analogue à celui de la destruction des racines des dents temporaires chez les jeunes sujets (page 67; planche 8, fig. 16, 17).

J'ai toujours pensé que dans les cas où cette pratique est suivie de succès la dent s'unit à l'alvéole par l'intermédiaire d'une substance vivante , et que cette dent reçoit dès lors les matériaux de sa nutrition de son nouveau possesseur. Cette opinion avait pour fondement des expériences faites sur d'autres parties du corps vivant (page 83), et des observations puisées dans cette pratique elle-même : ainsi, les dents transplantées conservent leur coloration, qui est très-différente de celle d'une dent morte; car une dent vivante a un certain degré de transparence, tandis qu'une dent morte est d'un blanc opaque semblable à celui de la craie. D*un autre côté, on a vu de ces dents devenir malades de la même manière que les dents primitives vivantes ; du moins , le cas suivant prouve fortement en faveur de cette opinion : £n octobre 1772, un habitant de la cité de Londres eut une dent transplantée qui était parfaitement saine et qui se fixa très-bien dans son nouvel alvéole. Au bout d'un an et demi environ, on observa à la partie antérieure du corps de cette dent, deux points qui annonçaient une carie imminente. Ces points étaient exactement semblables aux taches ou premiers signes de carie qui se formait sur les dents naturelles vivantes. Les dents transplantées font aussi quelquefois éprouver de la douleur.

Mais ce qui met ma doctrine hors de doute , c'est que si l'on greffe une dent vivante sur une partie vivante d'un animal, cette dent conserve sa vitalité , et que les vaisseaux de l'animal viennent communiquer avec elle, comme le prouve l'expérience suivante :

J'arrachai à un homme une dent saine, et après avoir fait avec une lancette une plaie assez profonde dans la partie la plus épaisse de la crête d'un coq, j'introduisis la racine de la dent dans cette plaie, et je la consolidai avec des fils qui furent passés au travers de la crête. Quelques mois après, le coq fut tué et j'injectai sa tête avec une injection très-fine. Ensuite la crête fut enlevée et mise dans un acide affaibli. La dent ayant été ramollie par l'action de cet acide, je divisai en deux parties ^les la crête et la dent , suivant la longueur de cette dernière. Les vaisseaux de la dent étaient bien injectés , et je remarquai aussi que la surface externe de la dent adhérait partout à la crête par des vaisseaux, présentant ainsi un mode d*union semblable ù celui des dents avec la gencive et les alvéo-

Jtt. Je dois fiure remarquer ici que eette expérience est loin d'être toujours snifie de suceès. Sur un grand nombre de tentatives je n*ai réusai qtt*nne seule fois (*].

(*) n ne ptratt iaotfle de dltcnter maintenant la Talenr (Tnne opération qmi« je croit, est tout à fait abandonnée. Les sneeès obtenus par Hnnter dans des eapériencet qni eonaistaient à greffer des dents sur diverses parties Tirantes, firent de la transplantation des denU son opération favorite, et il parait qn*eUe a été pratiquée tris* sottTent par Ini on d'après ses conseils. Des insnecés fréquents, mène an nuMnent do ropération, et surtout les accidents graves qui suivirent très-souvent son exécution, ont justement porté presque tous les praticiens qui sont venus après Hunter à j renoncer. Les vives espérances que firent naître dans son esprit ardent les réinltats intéressants de ses premières expériences , peuvent seules expliquer comment un homme dNin jugement aussi sain que Hunter a pu adopter une méthode contre laquelle on pent âever des objections si évidentes.

n se rattadie toutefois a Texpérience dont on vient de lire les résultats, nn intérêt biea pins important que eelai d'avoir fait adopter momentanément une opération dé- IbeCnenae. On j trouve, en effet , nn argument indirect, mais intéressant, en lavenr de ropînioa qui admet que les denU sont organisées, et qn'eUee ont avec le oorpa des coaaexions virantes. On voit que les vaiasefuz de la dent étaient bien injectés, et qner sa surface externe adhérait partout an tissn de la crête par des vaisseaux. Dans quel but ces vaisseaux sont-ils formés; à quelle destination peut répondre rexistence ^nne pnlpe vasculaire dans la cavité dentaire, et d*un périoAte vascnlaire à la surface externe de la dent , si ce n*est pour subvenir à la nutrition do la substance osseuse qui constitue la dent , et pour servir d'intermédiaire entre cet organe et le reste de réconomie? or, ces tissus sont si éridemment vasculaires, qu*ils avaient été hUn injectés par l'intermédiaire des vaimeanx d*nne crite de eoq, dans Fépatssenr de la* qMlle k dent avait été implantée. T. B.

Isa H4,T^^tF^5

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