‹ Œuvres complètes de John HunterChapitre 21 sur 88 · IC · texte numérisé non relu

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^^ériènnèj die se présente sous deux formes principale*, la

i^^ZT^ *^ '*^'«?'^ienne, ciie se présente sous acux lorraes principales, la

1,^^ l^^^^^^ttqne ci Xàfiècre hectique. La fièvre symptomatique est

^ p^i (f^^^^^^^ d'une lésion locale; elle se manifeste rarement à

^ ^l^à^^^ ^^ns la maladie vénérienne, sous quelque forme que celle ci

5*% ^^^ ' ^^<^«|*té lorsqu'il y a une orchite bicnnorragique, maladie qui

^^^h^%/fy^ ^** exemple de sympathie locale; dans ce dernier cas, la

j^e^y^i , '^^^^•^ue est une sympathie générale provenant d'une sympft-

^^% \ **^ x^re hectique est Une sympathie de l'ensemble de la cons-

^%^* Ob ^^^ ^ «nAladle locale dont la constitution ne peut effectuer la

%l%Sf/^^^!^^^^^^^ dans la syphilis constitutionnelle plus Souvent et à

^%^<^r ^^^^^^^ ^^ *^*"* *^"** ^^^^ forme de la maladie vénérienne.

ShS . iL ^-^^ ^--^^^ ]>athie locale en trois espèces : te sympathie ÏMgMè^ la

^UÎgMéy et la sympathie de cmtinuiti. La sympathie

^ui a lieu entre des parties qui n'ont aucune connexion

le laquelle on puisse s'expliquer les effets sympathiques,

s oà l'épaule e^ le siège d'uhe douleur sympathique d'une

f5)le. ta sympathie de coûtlgalté s'exerce entre dci ptt-

ties distinctes qui n'ont d'autres connexions que celles qui naissent de la proximité ou du contact; on en trouve un exemple dans la sympathie de Festomac et des intestins avec les téguments de Tabdomen. La sympathie de continuité est celle dans laquelle il y a continuité des parties, et où FafTection sympathique gagne de prodie en proche, à partir du point irrité comme d'un centre; elle est la plus commune de toutes : nous en avons un exemple dans la manière dont Tinflammation s^accrott en étendue.

J II. De rincompatihUUé des actions morbides les unes avec les autres.

Non-seulement on soupçonne l'existence de la maladie vénérienne dans beaucoup de cas où la nature des symptômes n'est pas bien caractérisée, mais même on suppose qu'elle peut se trouver combinée avec d'autres maladies, telles que la gale et le scorbut; ainsi , on parle de gale vénérienne, du mélange de la maladie vénérienne avec le scorbut. Cette hypothèse me paraît être fondée sur une erreur. Je n'ai jamais vu aucun cas de cette nature, et ces faits me semblent incompatibles avec les lois qui président à la manifestation des actions morbides dans l'économie animale. 11 est hors de doute, pour moi > que deux actions ne peuvent avoir lieu simultanément dans la même constitution ou dans la même partie. Deux fièvres différentes ne peuvent exister dans la même constitution, ni deux maladies locales dans la même partie, en même temps. Comme les symptômes de la maladie vénérienne, lorsqu'elle attaque la peau, offrent de la ressemblance avec les symptômes vulgairement appelés scorbutiques, on croit souvent que ces deux affections sont unies et qu'elles existent dans la même partie.

Ce qu'on appelle une constitution scorbutique n'est autre chose qu'une constitution douée d'une très-grande susceptibilité pour une action qui détermine des éruptions à la peau, et qui se produit sous Tinfluence d'une cause immédiate. Parmi les diverses parties du corps, il en est qui sont plus susceptibles de cette action que les autres ; aussi suffit-il d'une cause immédiate plus légère pour y exciter l'action. Mais, de ce qu'une constitution est très-susceptible d'une maladie, il n'en résulte pas que cette constitution ne soit pas également susceptible de contracter d'autres maladies. Un homme peut avoir en même temps la syphilis et la petite vérole; c'està-dire que, certaines parties de son corps ayant été infectées par le poison vénérien , la petite vérole peut se manifester cliez lui , et que les deux maladies peuvent se montrer ensemble; mais ce n'est point dans les mêmes parties. Si ces deux maladies étaient la conséquence d'une fièvre, et que chacune succédât à la fièvre qui la produit à peu près a la même distance du début, il serait impossible que les deux éruptions particulières se développassent en même temps, même dans des parties différentes. Deux fièvres , que Ton supposerait précéder ces deux maladies différentes, ne pourraient exister simultanément {*),

(*) Hunter ne croît pas à la poisibi^té de TexUtcnce simnltanée de denx actions morbides différentes. Mais la doctrine de Hunter, prise à la lettre, constituerait une

INTRODUCTION. l5t

Diaprés ce principe, je crois pouvoir poser les questions suivantes. S'il arrire souvent que Tinoculation n*est suivie d'aucun résultat, et que beau* coup de personnes bravent impunément différentes causes d'infection, cela ne peut-il pas quelquefois dépendre de ce que les sujets qui se trouvent soumis à ces influences sont déjà atteints de quelque autre maladie, et sont par conséquent incapables de contracter une nouvelle action morbide? Ne peut-on pas rattacher à la même loi , dans beaucoup de cas, les différences s! nombreuses que Ton observe dans l'espace de temps qui s'écoule entre Fapplication de la cause et l'apparition de l'effet? Dans les cas où la piqûre faite au bras n'a donné des signes d'inflammation que quatorze jours après l'application eu poison varioleux, n'existait-il pas une autre maladie dans la constitution au moment de l'inoculation ? La guérison de quelques maladies ne repose-t-elle pas sur le même principe? La suspension ou la cure d'une gonorrhée déterminée par une fiè^pe |)eut offrir un exemple de cette dernière circonstance.

A l'appui de ces idées , je rapporterai le cas suivant que je choisis parmi les faits nombreux qui ont été soumis à mon observation. Le jeudi 16 mars 1775, j'inoculai un enfant, aux bras duquel je fis de larges pîqâres. Le dimanche suivant, il se manifesta des symptômes qui étaient de nature à faire croire que Tenfbnt avait reçu l'infection : ainsi, un peu dlnflammation ou de rougeur entourait chaque piqûre, et l'on remarquait un peu de tuméfaction à la surface de la peau. Le 20 et le 21 , l'enfant eut la fièvre; mais je déclarai que ce n'était point la fièvre variolique, car l'inflammation locale n'avait fait aucun progrès depuis le 19. Le 22, il se manifesta une éruption considérable , qui était évidemment la rougeole ; alors les plaies des' bras parurent rétrograder et se montrèrent moins enflammées. Le 23, l'enfant était entièrement couvert par l'éruption rubéolique, et les piqûres des bras étaient dans le même état que le jour précédent. Le 25, la rougeole commença à disparaître. Le 26 et le 27 , les piqûres redevinrent un peu rouges. Le 29, l'inflammation augmenta, et il se forma un peu de pus. Le 30, l'enfant fut pris de fièvre. La petite vérole parut à l'époque habituelle, suivit son cours ordinaire et se termina favorablement (*).

erreur fort gnre. La pratique mootre tous les jours des indÎTidtis ayant eo m^ror temps la gale et la syphilis primitire ou constitutionneHe , le scorbut et les scrofules arec les mêmes accidents syphilitiques. Dans ces cas, il u*y a pas gale vénérienne proprement dite on scorbut syphilitique, mats complication de deux affections cnn* comitantes qui s'aggrarent isolément on à la fois , et qui fournissent alors des indi» cations précises dans le traitement.

Si la doctrine de Hnnter peut être soutenue dan» les cas d*affections aiguës et sur* toot fébriles, on, par les lois- de la rérulsion, le mal le pins fort peut curAyer on suspendre le mal actnellemeiit le plus faible, dans les maladies analogues à la syphilb eUe est fausse. Il n*est pas de maladie qui empêcke, d'une manière absolue, de con> tracter la syphilis; celle-ci, à son tour , ne saurait, pendant sa durée, garantir d'aucune autre. !*• RicoRD.

(•) J*ai pensé qu'il serait curieux de rapprocher de ce fjit ruîiscrvation snirantt

1^ lUTROpiîCTWS-

On oba^e de mimç qtie I4 roalddie véa^riei^ne Uît sw ^fffffi^ig^ k différentes époques après l'infection; ne peut-on pas expliquer ce fa|» p^ la roême loi patbologi()ue?

^m. De ia force relative des différente» partie» du corp$, suivant leur situation et leur structure,

Ainsi que nous aurons occasion de rpbserver , les parties afiiectée^ offotractent les action^ morbides plus facilement , et leur font parcourir IWTf périodes plus rapidement lorsc[u*elles sont situées près du centre d« fcp circulation» que lorsqu'elles en sont éloignées; car le cœur exerce fon influence sur les différentes parties du corps en proportion de laproiioii^ où elles sont de lui, e| plus les parties sont éloignées de cet 0)r§ai|et moins elles ont d'énergie vitale.

C'est un fiait qui est mieux démontré par la maladie que par aucune des actions qui s'accomplissent dans l'état de santé. En effet, dans Tétai d^ santé pous ne pouvons faire d'épreuves comparatives, car deux parties de la machine animale, situées à des distances inégales du coeur, n^ peuvent être amenées à une action égale, et par conséquent op ne pe^^ tirer aucune conclusion. Il est à remarquer que toutes les parties fitale^ sont situées dans le voisinage du cœur.

Dans l'état morbide , on voit la faiblesse produire la mortiÛcation $u\ extrémités plus souvent que dans le$ autres parties, surtout cïm iep sujets de haute taille, parce que le cœur ne pousse pas le sang ver^ «ei parties éloignées avec autant de force que dans les autres. Lorsque la constitution est affaiblie, les malades qui sont atteints d'hémiplégie

<|pe je troQTt dans le journal aUemand Zeittchrifi fir die gtsammte Mediei^ (99* f embre i836), et qni a été consignée pjirle docteur Glelin dans les Transaction* dq l^ société de médecine de Saint-Pétersbourg, sous le titre de Combat entre la seaHatiM0 et la petite 'vérole.

Le a5 novombre i834, dans nu moment où la scarlatine et la petite vérole régnaient épidémîquement , un jeune officier de marine fut pris de vomissements sans cause apparente. Il se sentit miena le 96; mab le 97 il éprouva delà céphalalgie, des >er« tiges et de Taccablement : son pouls était fréquent, sa langue était blanche et ses yeux étaient injectés. Il avait tantôt des frissons et tantôt des bouCTées de chaleur. Ces symp» l^es »*élevèrent à une violence extrême le 9S, et le 99 une éruption «arbree df scarlatine , d'une couleur rouge sombre , apparut sur l« visage t le cou , U poitrint et ll^f membres supérieurs. £n même t^inps,. on observait quelque pustules isolée! aor U front et sur la face. Le voile du palais et la luette étaient enflammés, et la déglntitiofi était très-di01cile. Le lendemain , Téruption scarlatineufe pAlit «t disparvi, landiaqot, d'un autre câté , les pustules devinrent de plus en plus oonibrmafla et nettestat daa- ^nées , et furent promptement reponnnes comme appartenant à la fenan de petite vérole désignée par le nom de varioloïde. L'émption varioleiiK »*élcndit tatnilit à tout le corps. Dès le ipoment oà la scirlatine disparut, toai les symptômes abifvnaaia âf ditaip^reat, et la maladie parcourut iteê périodes avec une grande bénignité.

BufeUnd raconte un fait ujnblaUe dans ses Observations sur la fgtito nmroh U V fttaccin$ k fFeimar en 1798. Dans ce cas, la petite vérole eut également le deMOi.

G. BxCBBfiOr.

INTRODUCTION. fl9

finissent souvent par succomber à I9 gangrène des extrçmit^ jdu côté paralysé. Dans quelques-uns de ces cas , les artères se rompent, ce qui donne lieu à une extravasation du sang. On peut done ralsonndi>leRient supposer que ces vaisseaux sont relativement plus faibles que les autres dans rétat de santé. Nous voyons aussi que les extravasations de cette espèce commencent ordinairement dans les extrémités.

Cette loi devient évidente , non-seulement dans ces deux maladies , maif aussi dans toutes celles qui peuvent affecter le corps vivant. Elle est déihontrée par la fecilité avec laquelle les maladies se développent et t'accroissent dans les parties éloignées du centre de la circulation, ainsi que par la manière dont elles marchent vers la gué rîson.

La force vitale des parties ne difYtère pas^ seulement en raison de leur distance plus ou moins grande du cœur, mais encore en raison de leur structure particulière; ce qui fait que les actions morbides qui se manifestent dans les diverses parties du corps varient autant que les actions qui s*y accomplissent dans Tétat de santé.

Le corps vivant se compose de tissus divers , comme les muscles, les tendons, le ti%m cellulaire, les ligaments, les os, les nerfs, etc. Noos pouvons étudier comparativement la marche des maladies dans chacun de fies tissus, et par conséquent connaître leur force relative de restauration: or, cette étude nous apprend que ces diverses parties diffèrent beaucoup les lihes des autres sous ce rapport. Je n'ai pas encore pu déterminer jusqu'à quel point ces différences se manifestent dans toutes les maladies; mais je suis porté à croire que pour les maladies spéctûques , comoie lea scrofules et le cancer, le mode d*action morbide ne diffère pas, en général , dans les divers tissus C) , et que ces maladies produisent les mêmes effets spécifiques dans toutes les parties qui sont susceptibles d*e9 être affectées. Pour les maladies causées par des lésions intérieures , il n'en est plus ainsi ; on observe une grande diiféreoce dans Tintensité de Taction, car les parties Soumises à une telle influence agissent suivant leur nature spéciale; cette remarque s'applique également à la maladie vénérienne. Cette différence parait consister principalement dans le degré plus ou moins grand de Ibrce de résistance à Taction morbide. Les tissus ont d'autant moins de force pour résister aux maladies , que leurs pou* Toirs vitaux sont moins énergiques. C*est pour cette raison que les actions morbides ont une. évolution beaucoup plus lente dans les os , dans les tendons, dans les ligaments et dans le tissu cellulaire, que dans les muscles ou la peau. Ce principe trouve son application entière dans la nudadie vénérienne (**}.

{*) n est bien entendu que je fais ici exception des parties qui ont plus de tendance que les autres pour certaines maladies spécifiques , comme les ganglions lymphatiques ponr les scrofules, la glande mammaire pour le cancer. J. Hojit£R.

(**) Ponr les maladies Téuériennes, il faut cependant faire quelques exceptions : aprè^ les membranes muqueuses et la peau , le tissu cellulaire est incontestablement le plu| propre aux érolntions des actions morbides syphilitiques» et, de tous les tissas, celui des muscles est celui qui leur résiste le plus. P. Rxcob».

$ IV. Des parties susceptibles de maladies particulières.

Il est des paries qui se montrent beaucoup plus susceptibles quQ les autres de certaines maladies spéciflques. Les poisons ont un siège d*élection dans le corps vivant, comme si des tissus déterminés leur étaient 'assignés. Ainsi, la peau est le siège de ce que Ton appelle vulgairement des éruptions scorbutiques, et de diverses autres maladies; elle est aussi le siège de la petite vérole et de la rougeole. La gorge est le siège de rbydrophobie et de la coqueluche. Les scrofules attaquent le système absorbant, et principalement les glandes. Les mamelles, les testicules et les glandes conglomérées sont le siège du cancer. La peau , la goi^e et le nez sont plus susceptibles d'être affectés par la syphilis constitutionnelle que les os et le périoste; et ces derniers en sont plus promptement atteints que plusieurs autres parties, notamment les parties vitales, qui, peut-être , ne sont pas du tout susceptibles de cette maladie (*). § V. De rinflamniatim7

Je considère Vinflamniation commune comme un accroissement d'action des capillaires, qui, en même temps, sont le siège d'un mode particulier d'action, sous l'influence duquel ils produisent les effets suivants : Tadhèrence des parties, la formation du pus, et la destruction d'une portion plus ou moins grande des solides. Ces effets ne dépendent pas d'un simple accroissement d'action ou d'une simple dilatation des vaisseaux , mais d'une action spéciale qui , jusqu'à présent, ne me parait pas avoir été comprise.

J'ai envispgè ces trois effets de l'inflammation comme trois espèces distinctes, et j'ai appelé inflammation adhesive j celle qui détermine l'adhérence des parties ; inflammation suppurative, celle qui est caractérisée par la formation du pus, et inflammation ulcerative, celle qui s'accompagne d'une perte de substance.

• Dans rinflammation adhesive, les artères versent de la lymphe coagulable qui devient le moyen d'union. Cette lymphe n'est point simplement épanchée, mais elle a subi une modiOcation avant d*abandonnpr la cavité des artères , car on en trouve dans les veines enflammées qui forme un coagulum étendu en couche à la surface interne de ces vaisseaux, ce qui ne pourrait avoir lieu si sa coagulation était l'effet de sa seule extravasation. Dans l'inflammation suppurative, le sang, avant d'être versé par les artères, subit une modification encore plus profonde, en vertu de laquelle il est transformé en pus: ce changement est, sans doute, l'effet d'un travail semblable à celui des sécrétions. Dans l'inflammation ulcerative, ce ne sont point les artères qui emportent les tissus; cette fonction appartient aux vaisseaux absorbants, qui sont stimulés à entrer en action.

(*) Tai moutrc à rAcadémie royale de mcdecine des tubercules syphilitiqnes da ecrvean. coinvidant avec des nudus ( uberrulcs du tissu cellulaire), chez un individu affectv des symptômes tertinires de la syphilis. Mou collègue, M. CuUericr, eu présenta un rourel exemple à la raéuic soiiëté saranle , peu de temps après.

P. RlCOKD.

La dispotitîoD et le mode d^action des artères doivent être dif(^.rents dans les deux premières espèces d*inflammatibn. En effet, Tinflammation soppur&tive ne peut point être considérée comme un simple accroissement de Taction qui constitue Tinflammation adhesive , car ses effets diffè* rent complètement de ceux de cette dernière. Mais dans la troisième espèce, il est probable que Taction des artères reste telle qu'elle était dans la seconde espèce, et qu*à cette action s'ajoute seulement celle des Taisseaox absorbants, qui a pour effet la destruction des parties solides, et, par conséquent, des artères elles-mêmes.

^\î. De la Gangrène.

La gangrène est de deux espèces, suivant qu'elle est précédée par Tinflammation ou qu'elle en est indépendante. Je ne m'occuperai id que de la première, car c'est à cette espèce qu'appartiennent les cas de gangrène qui seront cités dans le cours de cet ouvrage.

L'inflammation est un accroissement de Taetion qui s'accomplit sous Tinfluence de la force vitale dont chaque partie est douée naturellement. Cet accroissement d'action, au moins dans les inflammations saines, s'accompagne probablement d'une augmentation de force; mais cette augmentation de force n'a pas lieu dans les inflammations qui se terminent par gangrène. Au contraire, il y a alors diminution de Ténergie vitale, et c'est cette diminution qui, unie à une action trop intense, devient la cause de la gangrène, en faisant cesser Téquiiibre qui doit exister dans toute partie entre la force vitale et l'action.

Si cette manière d'envisager la gangrène est exacte, il ne sera pas difGcile de poser les règles d'une pratique rationnelle. Examinons d'abord le traitement qui a été recommandé jusqu'à présent , et cherchons jusqu'à quel point il peut s'accorder avec la doctrine que je viens d'exposer.

Il est évident que, dans la pratique ordinaire, on a pris en considération la faiblesse; mais il est clair également qu'on n'a tenu aucun compte de l'accroissement d'action , de sorte qu'on s'est proposé pour but unique d'augmenter Tintensité de l'action, dans Tintention de faire disparaître la faiblesse. Le quinquina, la confection cardiaque, la serpentaire , etc. , ont été administrés à aussi haute dose que le cas paraissait l'exiger, ou que la constitution pouvait le supporter. Par ces moyens, on a produit une apparence de force artiûcieile ou temporaire , qui n'était en ràilité qu'un accroissement d'action. L'emploi des cordiaux et du vin, d'après les principes qui ont conduit à leur administration, est rationnel ; mais il y a de fortes raisons pour en proscrire Tusage, et ces raisons sont fondées sur l'effet général de tous les cordiaux , qui est d'augmenter Taetion sans donner un accroissement réel de force; de sorte que les forces vitales s'affaissent ensuite d'autant plus qu'elles ont été plus stimulées. Par une telle pratique , on ne peut rien gagner, et Ton peut perdre beaucoup; car, dans tous les cas, lorsqu'on a laissé les forces s'abaisser au-dessous d'une certaine limite, il n'est plus possible de les relever.

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