‹ Œuvres complètes de John HunterChapitre 4 sur 88 · STRUCTURE DES DENTS · texte numérisé non relu

STRUCTURE DES DENTS

De témaU.

Les defitô sont composées de deax substances, savoir : VémsA et laie sobetaiife osseuse.

L*émaii, appelé également la partie vitreuse ou corticale, »iste seo^ lenient sur le corps de la dent , et enveloppe toute la surface de ia substanot osseuse ou interne (pi. 5, fig. 15, 16, 18). Il constitue la partie la plut dure de Porganisme; la scie la plus fortement trempée et la mieux afflée. rentame à peine, et Ton est oWigé d'employer une lime pour It diviser. Quand it est brisé, il a on aspect fibreux ou strié, et toutes les fibres ou, stries sont dirigées de la circonférence au centre de la dent (pL 6, fig. 3», M, «4).

Cette disposition empédie qu'il ne soit brisé pendant la mastication, attendu que les fibres sont disposées en areades, et prévient aussi l'affiMB» sèment de la dent, car ce sont toujours les extrémités des fibres qui agis* sent sur les aliments.

L'émail est plus épais sur Ja surface broyante et sur les bords trancbants ou sur les pointes des dents que partout ailleurs , et devient graduellement plus mince sur les côtés à mesure qu'il approche du collet, où il se termine insensiblement, mais non à ia même hauteur dans tous les points du pourtour de la dent (pi. 6, fig. 23, 33, 34). A la base ou surface broyante, son épaisseur est assez uniforme, et, par conséquent, il a la ménoe configura*» tion qm la substance osseuse qu'il recouvre (pi. 5, fig. 33, 39, 34 }«

II paraît être composé d'une substance terreuse unie à une certaine quantité de substance animale, car il ne peut être réduit par le feu à l'état de chaux vive, à moins qu'il n'ait été dissous d'abord dans un acide. Lors-' qu'on plonge une dent dans un acide affaibli , l'émail n'est point altéré en apparence; maïs si alors on le touche avec le doigt, il tombe sous la forme d'une pulpe blanche. L'émail des dents, à quelque degré de chaleur qu*îl soit exposé, ne se transforme pas en chaux; il contient une matière mucilagineuse animales car, lorsqu'il est exposé au feu, il devient très-cassant, se fendille, noircit, et se sépare de la partie osseuse qu'il enveloppe. Il peut cependant supporter un plus grand degré de chaleur que la partie osseuse sans devenir cassant et noir (*). U ne panât pas qu'il «oit vMculaire et que

(*) n résiihe de la que U nléiUeti^ ttoyeu de hire tolr féttidl c'est de brûler une dent, pnûqoe b pafliff osseuse noircit pins TÎte que rémait. On procède à cette op^ tmtàma àmUtwaoiètt sniTuite : On oovpe une dont par U moitié snirant sft longaenr

40 HISTOIRE NATITRELLE

des fluides y circulent; (es injections les plus pénétrantes que Ton puisse faire D*y atteignent jamais. Il ne contracte aucune coloration nouvelle par l'emploi de la garance, même chez les plus jeunes animaux; et, comme il a été dit tout à Fheure, lorsqu*il est plongé dans un acide affaibli, on ne découvre aucune partie cartilagineuse ou charnue avec laquelle la matière terreuse ait été mélangée {*).

Je parlerai plus tard des usages et de la formation de Témail; on les comprendra alors plus facilement (**}.

De la portion osseuse des defUs. i

' L'autre substance qui entre dans la composition des dents est de nature osseuse, mais elle est beaucoup plus dure que la partie la plus compacte des os en général. Elle forme la partie intérieure du corps de la dent, le collet et la totalité de la racine. Elle est constituée par le mélange de deux substances, savoir : de la terre calcaire, et une substance animale, que l'on peut supposer organisée et]vasculaire. La terre calcaire y est en quan* tîté très^considérable; elle conserve sa forme après la calcinatioD, de sorte qu'elle est, jusqu'à un certain point, maintenue par la cobésion; on peut la faire disparaître par la macération dans Tacide muriatique et daog quelques autres acides. La substance animale , lorsqu'elle est privée de la

•t on la fait brAler lentemeot; ensuite on lave la surface limée arec un acide, e^on la ratisfe areo nn couteau. Par ce moyen, on dégage le l>ord de l'émail, qui reste blanc, tandis que la partie osseuse est devenue noire. J. Uuxtev.

(^ Dans toutes ces expériences , je u'ai jamais pu trouver dans l'émail la moindre trace de coloration, soit pendant, soit après le dcveloppcmcut de la deut. Il paraitrait que l'émail est formé par uue terre plus parfaitement dépurée que la portion osseuse, ou débarrassée des fluides de l'économie de manière à ne plus permettre anx particules trop grossières de la garance d'y pénétrer. Il ne sera pas déplacé de faire remarquer ici que les noms donnés à la matière animale, tels que gluten, etc., n'expriment nullement la ebose dont on veut donner l'idée , car il n'y a rien dans les ani* maux qui ressemble à de la glu , avant qu'ils aient subi un certain degré de putréfaction on qu*ilv aient été transformés par la chaleur. Je désire aussi que l'on sache bien que je ne considère pas la substance terreuse comme uue partie de l'animal , ni comme pouvant concourir à former la matière animale. J. Uuhtsr.

. (**) La structure de l'émail est une cristallisation parfaite. Les cristaux sont fibreux en apparence, et placés parallèlement les uns aux autres, à angle droit avec la surface de la portion osseuse de la dent, avec laquelle leurs extrémités internes sont en contact. L*émail contient réellement des traces de matière animale, diaprés Tanalyse anivante qui a été faite par Berzelius :

Phosphate de chaux , 85. 3

Fluate de chaux .3. a

Carbonate de xïfaaux 8

Phos|ihate de magnésie i .5

Sonde et muriate de soude x

' Matière animale et eau i

^- . i ' X» Btt^ .. • ■

jMTlîe terrenaepBr la macération de la dent dans on acide, est plas oompecte que ne Test la même substance dans les autres os , mais elle est également molle et fleiibie.

La partie osseuse des dents est à peu près de la même forme que la dent eomplète; voilà pourquoi, lorsque Témail a été enlevé, elle présente les méoâes bords ou pointes que Témail lui-même. On ne peut prouver par des injections que la portion osseuse des dents soit vasculaire; mais quelques droonstanoes portent à penser qu*il en est ainsi. En effet, les racines des dents sont sujettes, comme les autres os, à des tuméfactions qui paraissent être de la même nature que le spina ventosa, et elles adhèrent quelquefois à Talvéole par une ankylose osseuse et inflexible, comme cela peut arriver pour tous les autres os avec ceux qui leur sont contigus. Mais les apparences peuvent être trompeuses, car la tuméfaction est peut*être rdfet d*un vice primitif de confonnation, et Tankylose peut dépendre de Tunion de l'alvéole avec la pulpe sur laquelle la dent se forme. Les considérations suivantes sembleraient prouver que les dents ne sont pas vasculaires : d*abord , Je ne les ai jamais vues injectées dans aucune préparation anatomique, et je u*ai jamais pu réussir dans aucune des tentatives que /ai faites pour les injecter, soit chez les jeunes sujets, soit chez les sujets avancés en âge; de sorte que je suis porté à croire que les cas où Ton a dit les avoir injectées n*ont pas été rapportés fidèlement. Secondement, on ne peut suivre aucun vaisseau qui se rende de la pulpe dans la substance des dents nouvellement formées; et , quelle que soit la parjt'ie d*une dent qui est formée, elle l'est toujours complètement, ce qui n*a pas lieu pour les autres 08. Mais , en raisonnant par analogie , nous trouvons dans les effets de la garance une preuve encore plus convaincante de l'absence de vaisseaux dans la partie osseuse des dents. Prenez , par exemple , un jeune animal , conune un cochon, et nourrissez*le avec de la garance pendant trois ou quatre semaines; tuez alors l'animal, voici ce que vous remarquerez : si quelques parties des dents de l'animal étaient formées avant l'emploi de la garance, ces parties seront faciles à reconnaître, car elles auront conservé leur teinte naturelle ; mais toutes celles qui se seront formées pendant que l'animal se nourrissait de garance offriront une couleur rouge. Ce sont donc seulement les parties qui ont été formées pendant que Panimal mangeait de la garance qui sont colorées , puisque tout ce qui était déjà formé reste complètement incolore. Il n'en est point ainsi pour les autres os, car on sait que les parties déjà formées peuvent elles-mêmes être colorées par la garance, quoique moins rapidement que celles qui se forment pendant son emploi. Or, comme nous savons que tous les autres os*, lorsqu'ils sont formés, sont vasculaires et par conséquent susceptibles de contracter la coloration de la garance, nous sommes en droit de conclure que les dents ne sont pas vasculaires, puisqu'elles ne sont pas susceptibles de contracter la même coloration une fois qu'elles sont formées. Biais on peut pousser les choses encore plus loin : si Ton nomrrit un cochon avec de la garance pendant quelque temps, ^que l'on cesse ensuite cette alimentation longtemps t de tuer ranimai ; M observe le même aspect qu9 tout à rbeorov ett

41 HISTOIRE HATUBELtE

«JiOBtret Iflt parties des dents qoi se sont foriiiées d^tris Ka oossatiob dt remploi de la garance soat blanches^ On trouTO donc une portion des dent» blanche, puis une rouge, puis encore une blanche; en un mot» la colora* lîoa blandie et la coloration ronge se présentent atternati?ement.

G^te expérience prouve que les dents, lorsqu'elles sont une fois odo* rées, ne perdent pas leur coloration. Mais comme tous les os qui ont été rougis de la même manière perdent cette coloration a?ec le temps i quoi* que très-lentement , lorsque les animaux ont cessé de se nourrir de garance , et que la matière colorante , lorsqu'elle disparaît , doit être enlevée par les vaisseaux absorbants , il en résulte que les dents sont dénuées d'absorbants comme des autres vaisseaux.

Il suit de là que le mode d'accroissement des dents est très-différent do oeloi des autres os. Les os, en effet , commencent par un point, et s'é« tendent de ce point central à la superficie , et la partie qui semble déjà tbmée ne l'est pas dans la réalité , car elle se forme chaque jour par l'addition d'une nouvelle matière , jusqu'à ce que la masse entière soit com* plète; et, même alors, elle renouvelle constamment la substance dont elle est composée.

Une autre circonstance qui rend encore les dents différentes des os , et qui vient fortement à l'appui de l'opinion qu'il ne s'y fait aucune circu* lation , c'est que les dents ne changent jamais par l'effet de l'âge , et que , lorsque leur développement est complet, elles ne paraissent subir aucune autre modification que celle qui résulte de l'usure. Elles ne se ramollissent pas comme les autres os , par exemple, dans certains cas où toute la ma* tîère terreuse des os a été absorbée.

D'après ces expériences, les dents devraient être regardées comme des corps étrangers , k ne prendre en considération que l'al^ence de toute cir« oulation dans leur tissu ; mais elles sont certainement douées du principe vital , par Tintermédiaire duquel elles font partie du corps , et qui leur permet de s^unir avec toute partie vivante, ainsi que je le ferai voir ciaprès. Il est à remarquer que les affections de toute l'économie ont moins d'inûuence sur les dents que sur toutes les autres parties du corps. Ainsi , chez les enfants atteints de rachitisme , les dents se développent aussi bien que chez les enfants sains, quoique tous les autres os soient gravement affectés; c'est pour cela que leur bouche fait une saillie e:ftraordinairey parce que leurs dents sont plus grandes en proportion des autres par* ties (*).

(*) Les arguments qui sont rassemblés ici contre la vascalarité de9 dents étant tout ■ fait insuffisants et, sons plusieurs rapports, en contradiction les uns avec les autres, il sera utile d'examiner la Talcur des faits sur lesquels ils sont fondés.

L'insuccès de toutes les tentatives faites pour injector ta substance des dents, même arec les matières les plus fines dont on fasse usage ordinairement pour remplir les plos petites branches des artères dans les autres tissoa, ne peut guère ^re considéré «Mme «i« preuve décisive , puisqa« dans toutes «es matières !• priaeîp* eoioranC •t «rop deaat et trop gmasier podv pâMOr diû» let liNiirtis àt hmngùpp dVimMi. m^* «ai» a«i>i^ m fptakfAvm ABêvà^tatm-émê l'Usa da>àmÉ#»%lî<

DES DEim. 4ê

De la cavité des dents.

Toutes les dents ont une cavité interne, qui s*étend dans presque toute la longueur de leur portion osseuse (pi. 5, fig. 1 , 3, 3, etc.). Elle s*ouvre ou commence à la pointe de la racine, où elle n*a encore que peu d*étendue ; mais dans son trajet elle devient plus spacieuse , et elle se termine dans le corps de la dent (pi. 5, fig. 1 , 2, 3, etc.) ; dans cet endroit elle a exactement la même forme que le corps de la dent, et Ton peut dire, en général , que la totalité de la cavité est à peu près de la forme de la dent elle-même, c*est-à-dire, qu'elle offre sa plus grande largeur dans le corps de la dent, et qu'elle devient graduellement plus petite à partir de ce point jusqu'à Fextrémité de la racine. Elle est simple lorsque la dent n*a qu'une racine (pi. S, flg. 4, 5, 6, 7), et multiple lorsque h dent en a deux ou plusieurs (pi. 5, fig. 12).

evMcmment de particuleê ronges dans Pétat dlnflammation. Tai fait connaître aUknrs deux faits très-conchiants, qni paraissent prouver incontestablement la rascitlaritt des 'dents : Pun est la présence de taches rouges dans le tissa OMeiix dentaire « sain da reste, mais en proie à une vive inflammation; ces taches sont visibles lorsqu'on brise on lorsqu'on scie par le milieu le corps de la dent , immédiatement après son • extraction. L'autre fait e»t Tinjection des denU par la bile dans des cas de jaunisse ; f en ai tu plus d'un exemple. Dans le premier cas , les taches rouges sont d'une couleur assex brillante d'abord, mais elles deviennent ternes et obscures avec le temps; dans le second cas , ton le la substance de la dent est revêtue d*ane brillante couleur jaune.

Les expériences avec la garance seraient loin d*étre concluantes pour la question qui nous occupe, lors même que les détails en seraient pins complets; et en l'absene* de font renseignement sur la dorée de chaque expérience, et surtout sor lé tettps q« s'est éoonlé entre la cessation de ralimentatioa par la garance et l'époque oè lea aasmanx fo^nt tnés, il serait oiseux de combattre les conclnsioas que Hunter en a tirées. Ainsi qu'elles sont présentées, ces expériences ne servent qu'à prouver, comme on devait le prévoir, que les os dont l'organisation est la plus élevée perdent la matière colorante de la garance par absorption , plus promptement^que les dents. Le passage qui renferme le résumé des considérations précédentes est peut-être un des passages les plus caractéristiques des ouvrages de Hunter. Quoique le résultat de ses expé* ileneos avec la garance et diverses autres circonstances l'aient conduit à cette concluiiD« , qne les dents sont dépourvues de circulation dans leur tissu et doivent être par conséquent considérées comme des corps étrangers, son amour de la vérité, qui •«. hû permettait jamais d'jr manquer, même dans l'intérêt de ses opinions, le force à recoaiiattre dans les dents l'existence du principe vital, parce que d'autres expériences hû ont démontré qu'eUes peurent « s'unir avec tonte partie vivante. » Ainsi, an lien de chercher à rendre sa théorie conséquente avec eUe-même, en déguisant ou en altérant l'une des denx déductions incompatibles auxquelles ses observations l'ont conduit > il les adopte toutes les denx, et se trouve ainsi amené à cette conclusion qu'un organe peut être un corps étranger, et ct^ienâtLOt posséder h principe vital et être eapable^de s'unir avec iomte partie ^vivante.

Ce qui parait être la Térité, c'est que les dents sont réêllemeat des eorps organisés, ayant des nerfs , des vaisseaux absorbants, et des vaisseanx sanguins; mais qu'à raison de lenrpev d*énergie vitale et de la densité de leur tissu, elles présentent, dans l*étal de santé et dans eeloi de aubdie, des pbenomiaes trèa-difléreftU dt eewx que To» obsêrtu àuu les trais tissus osseux. t, %

Cette cavité n'est pas cellulaire , sa surface est unie ; elle ne contient pas de moelle, mais elle parait être remplie de vaisseaux sanguins (pi. 8, fig. 7, 8) , et probablement de nerfs réunis par une substance pulpeuse pu celluleuse. Les vaisseaux sont des rameaux des vaisseaux maxillaires supérieurs et inférieurs , et les nerfs doivent venir de la seconde et de la troisième branche de la cinquième paire.

Au moyen des injections , on peut suivre distinctement les vaisseaux sanguins dans toute la cavité de la dent ; mais je n*ai jamais pu suivre distinctement les nerfs , même jusqu'à Torigine de la cavité.

Du périoste des dents.

Les dents , ainsi que je Tai fait observer , ne sont couvertes par Témail que dans la portion qui constitue leur corps ; à leurs racines , elles ont un périoste qui , quoique très-mince, est vasculaire, et paraît être commun h la dent qu'il renferme et à l'alvéole qu'il tapisse à la manière des mem* branes internes. Il recouvre la dent un peu au delà de Talvéole , et vient adhérer à la gencive (*).

De la situation des dents.

La forme et la situation générales des dents sont évidentes. L'opposition des dents des deux mâchoires et l'arcade que décrit chaque rangée n'ont pas besoin d'une description particulière , car ce sont des choses qui sont faciles à voir sur le corps vivant, et ce que j'ai dit des procès alvéolaires doit avoir sufGsamment éclairé ce point.

Relativement à la situation 4es deux rangées de dents < il est à remarquer que lorsqu'elles sont en contact de la manière qui leur est la plus naturelle , les dents de la mâchoire supérieure débordent les dents inférieures, même un peu sur les parties latérales des mâchoires , mais d'une manière beaucoup plus remarquable à la partie antérieure , où , chez beaucoup de personnes, les^ dents supérieures sont placées au-devant de celles de la mâchoire inférieure (pi. 2, fig. 1, 2). Sur les côtés, la ligne ou plan de contact des dents est concave d'arrière en avant dans la mâchoire inférieure , et convexe de la même manière dans la mâchoire supérieure (pi. 2, fig. 1,2).

Le bord de chaque rangée de dents est simple à la partie antérieure des mâchoires ; mais en arrière, où les dents deviennent plus larges, il se divise en deux lèvres , l'une interne , et l'autre externe. La dent canine , que j'appelle cuspidée, est le point d'où partent les deux lèvres, de sorte que la

(") Il n'est pas très-exact de dire qae le périoste est commun à la dent et à Valvéole. Dans Ift réalité, il passe dt la surface externe du procès alvéolaire dans l'alvéole, et se réfléchit ensuite sur la racine de la dent. Ainsi, si Ton enlève une dent saine sur le cadavre, on la trouve couverte d'un périoste extrêmement mince, et souvent aussi la cavité alvéolaire reste tapissée par un tissu semblable. Il est probable que quand une . fois l'inflamination a existé dans cette membrane à un degré considérable, les deoiç ftaillets retteotniûs d'une manière permanente. T* B.

DES DESTS. 46

première molaire, ou celle qtie j'appelle la première Mevspkiéê, est la premià-e dent dont le bord présente deux lèvres (pi. 3, fig. 1 , 3).

Du nombre des dents.

Le nombre total des dents, chez Fadulte, est de vingt-huit à trenteàeax ; une fois , je n'en ai trouvé que vingt-sept; jamais je n'en ai vu plus de trente-deux. Il y en a quatorze à chaque mâchoire , lorsque le nombre total n^est que de vingt-huit , et seize lorsqu'il est de trente-deux. Lors* qu'il y a en tout vingt-neuf ou trente et une dents , c'est tantôt la mâchoire ^périeure , tantôt l'inférieure qui en a une de plus que rautre.> Lorsqu'il y en a trente , elles sont quelquefois partagées également entre les deux mâchoires, ou bien il y en a seize à une mâchoire et quatorze à l'autre. En parlant du nombre des dents , je suppose qu'aucune d'elles n'a été arrachée, qu'aucune d'elles n'a été perdue d'une manière quelconque « mais qu'il y a huit ou douze grosses dents postérieures que j'appelle mo- /aire5^ et que toutes les dents sont placées l'une contre l'autre de manière à former une arcade continue; dans ce cas, lorsque le nombre des dents est de moins de trente-deux , c'est la dernière molaire qui manque.

De la forme et de la classification des dents.

Les dents diffèrent beaucoup les unes des autres sous le rapport de la forme; mais celles du côté droit de chaque mâchoire ressemblent exactement à celles du côté gauche, de manière à former avec elles des paires; et les paires appartenant à la mâchoire supérieure ressemblent à peu de cliose près aux paires correspondantes de la mâchoire inférieure, pour la situation, pour la forme et pour les fonctions (pi. 2 et 3; et pi. 5, rangéesl,2, 3,4).

Chaque dent est divisée en deux parties : 1^ le corps, ou la portion la plus volumineuse , qui est visible en dehors de l'alvéole et de la gencive ; T la racine, qui est située en dedans de la gencive et du procès alvéolaire. La partie qui sépare le corps de la racine , et qui est embrassée par le bord de la gencive, est appelée le colletée la dent. Le corps et la racine different beaucoup pour la forme et pour la grandeur dans les différentes dents. Je ferai connaître bientôt ces différences.

Les dents de chaque mâchoire sont ordinairement comprises dans trois classes, savoir : les incisives, les canines et les molaires; mais, prenant en considération quelques particularités de forme , de développement et de fonctions, je les divise en qvatre classes, qui sont les suivantes: les încisives, appelées communément dents de devant; les cuspidées, appelées vulgairement canines; les bicuspidées ou les deux premières molaires; et les molaires^ qui sont les trois dernières dents. Le plus ordinairement, les diverses classes présentent à chaque mâchoire les nombres suivants : quatre incisives , deux cuspidées , quatre bicuspidées , et quatre , cinq ou six molaires.

Il y a une gradation régulière dans ces classes , pour le mode d'accroissement et pour la forme , depuis les incisives jusqu'aux molaires ; de telie

46 HISTOQŒ NATURELLE

fortf qM in eoipidées tienneot le milieu , sous ce rapport « entre les in» sives et les hicaspidées, de même que ees dernières sont intermédiairee eutre les cuspidées et les molaires; par conséquent, les incisives et les molaires sont celles qui different le plus sous tous les rapports (pi. 2; et pi, ^, fig. !)(*).

Dês dentt incisives.

Les dents incisives sont situées à la partie antérieure de la mâchoire, et les autres, plus en arrière de chaque côté, dans l'ordre suivant lequel je les ai nommées. Le corps des incisives est large, et présente deux faces aplaties, Tune antérieure, l'autre postérieure. Ces deux faces se réunissent supérieurement en un bord tranchant. La face antérieure est convexe dan3 tous les sens, et placée presque verticalement; la postérieure est concave et taillée en biseau , de telle sorte que le bord tranchant est presque directement au-dessus de la face antérieure (pi. 5).

Ces faces sont plus larges et la dent est plus mince au niveau du bord tranchant ou extrémité supérieure de la dent que partout ailleurs ; à partir de là , les faces deviennent graduellement plus étroites et la dentj)lus épaisse à mesure qu'on approche du collet, où les faces se continuent avec les deux faces les plus étroites ou bords de la racine. Le corps des incisives , vu de côté, s'épaissit ou s'élargit graduellement à partir du bord de la dent jusqu'à son collet; et cette face latérale se continue avec le côté plat ou large de la racine. Ainsi , en regardant une dent incisive par devant ou par derrière, on voit qu'elle se rétrécit d'une manière continue depuis son bord tranchant jusqu'à l'extrémité de sa racine; mais, vue de côté, elle offre sa plus grande largeur au niveau du collet, et devient graduellement plus étroite, à partir de ce point, vers son bord tranchant et vers la pointe de sa racine (pi. 5).

L'émail descend plus bas et est plus épais sur les parties antérieure et postérieure des incisives, que sur leurs parties latérales; il est même ua peu plus épais à la partie antérieure de la dent qu'à sa partie postée rieure. Si on examine latéralement une dent incisive , lorsqu'elle est entière , ou mieux lorsqu'elle a été divisée longitudinalement par sa partie moyenne , il semble que la racine ait fendu le corps ou l'émail de la dent et y ait pénétré à la manière d'un coin (pi. ô, Gg. 18). Les incisives sont placées presque verticalement; leur corps est un peu incliné en avant Leur racine est beaucoup plus courte que celle des cuspidé.es , mais assez semblable pour la longueur à celle des autres dents de la mâchoire inférieure (pi. 3, lig. 4).

A la mâchoire supérieure , les dents incisives sont plus larges et plus épaisses , surtout la première de chaque côté; leur longueur est à peu près

{*) Il est bien entendu qne je prends pour modèle de ma description les dents qui tiennent d^arriTcr h leur complet développement, et qui par conséquent ne sont nullement usées par la mastication. Je décrirai d'abord chaque classe prise dans la «âclM^rc inférieure, tt j'indiquerai immédiatement après la différence qui existe entre «ea dmt$ et les ému eerretpeadastet éê la tniehoire aupéricttre. J. Huhtb»,

DES VESm* 4fr

b «tee ^h la mkhoire ffifiérirore. RllaB tout dirigéM tm peo oUif«MiDMit; lair corps» turtotit odui dei deux ppemièrct, est incliné beaucoup plus en arant que peur celles de la mftcboire iniuneore qu'elles reooufrent ordioairemeiit.

Les deux premières inejsiYes de la aiâchoire sopérieure reoonvrest les dfox premières et la moitié des secondes de la nâcboire inférieure; de tette lorte que la seconde indsire de la mâchoire supérieure recouvre la moitié de la seconde incisive et plus de la moitié de la cospidée de la mâchoire ÎDférieure (pi. 2, fig. 1).

Par le frottement qu'entraînent leurs fonctions , le bord des incisives s'émousse et s'épaissit chez quelques personnes ; chez d'autres , ces bords deûtalres s'aiguisent réciproquement et deviennent plus minces.

Des ctispidées.

Les cuspidées sont placées immédiatement après les incisives à chaque mâchoire ; il y en a quatre en tout. Elles sont , en général , plus épaisses que les incisives , et sont beaucoup plus longues que toutes les autres dents (pi. 3, fig. 4; pi. 5, rangée 1 , b).

On peut se figurer très-bien la forme du corps des cuspidées en supposant une incisive dont les angles auraient été enlevés, de manière qu'elle se terminât par une pointe au lieu d'un bord mince (pi. 3, fig. 1 , b b). La racine ne dififere de celle des incisives qu'en ce qu'elle est beaucoup plus grosse (pi. 3, fig. 4).

Le corps des cuspidées fait sa saillie la plus considérable du côté des iQ^ cisives, attendu que c'est dans cet endroit que sa forme est le plus anguleuse.

L'émail recouvre une plus grande partie des faces latérales des cuspidées que de celles des incisives. Ces dents sont dirigées verticalement, ou à peu près , et se projettent plus en dehors du cercle que les autres « de telle sorte que les deux cuspidées et les quatre incisives sont souvent placées presque sur une ligne droite , surtout à la mâchoire inférieure. Cette dernière disposition n'existe que chez l'adulte , et seulement lorsque les secondes dents sont un peu trop larges pour l'ampleur de la mâchoire, car on ne l'observe jamais lorsque les dents sont à une certaine distance l'uqe de l'autre,' ni chez les jeunes sujets. La pointe des cuspidées dépasse le plan horizontal formé par la rangée des autres dents ; leur racine s'ei^onoe plus profondément que celle des autres dents dans les procès alvéolaires, et présente plus souvent une légère courbure.

A la mâchoire supérieure , les cuspidées sont un peu plus longues et font peu de saillie en dehors de l'arcade dentaire; elles ne sont pas placées verticalement , car leur corps est tourné un peu en avant et en dehors.

Quand les mâchoires sont rapprochées , la cuspidée de la mâchoire su« périeure répond entre la cuspidée et la première bicuspidée de la mâchoire inférieure, et les recouvre un peu. Lorsque les cuspidées sont un peu usées, leur bord commence ordinairement par deveair

semblable à oeloi d*àAe iaoisive usée; jfliia tard , il deriefit pfais arrondi. L'usage des cuspidées semble être de retenir les corps étrangers , peutêtre même de saisir des animaux vivants. £Ues ne sont point faites pour diviser, comme les incisives, et ne sont pas non plus propres à broyer. On peut suivre la ressemblance que ces dents préisentent chez les diverses espèces d'animaux pour la forme, pour la situation et pour les usages, depuis ranimai le plus imparfaitement carnivore , que je crois être Thonune , jusqu'au carnassier le plus parfait, qui est le lion (*).

Des bîcuspidées.

Immédiatement derrière les cuspidées, à chaque mâchoire, sont placées deux dents', appelées communément la pretniére et la seconde molaires, mais dont je forme, ainsi que je Tal dit plus haut, une classe particulière, et que j'appelle hicuspidées.

Ces dents, qui sont la quatrième et la cinquième à partir de la symphyse du menton, se ressemblent tellement, que la description de la première, servira pour toutes les deux. Souvent, à la vérité, la première est plus petite que l'autre, a des racines un peu plus longues, et se rapproche davantage de la forme des cuspidées.

Le corps de cette dent est aplati latéralement , de même que la racine. n se termine par deux pointes. Tune externe et l'autre interne. L'externe est la plus longue et la plus épaisse; de sorte que lorsqu'on regarde dans la bouche, de dehors, on ne voit que cette pointe, et la dent a l'aspect d'une cuspidée, ce qui est surtout très-prononcé dans la première de ces deux dents. La pointe interne est la moins volumineuse, et même elle est quelquefois si petite que la dent a la plus grande ressemblance aVec une cuspidée, sous tous les rapports (pi. 3, fig. 1,2, c, c). La dent présente sa plus grande épaisseur au point de réunion des deux pointes, et ensuite elle perd de son diamètre, d'un côté à l'autre, jusqu'à Textrémité de sa racine, qui reste assez longue d'avant en arrière jusqu'à sa pointe , où elle est souvent bifurquée.

(*) Cos remarques snr les usages des cuspidées prouvent d*unt manitTo frappant* con^ien nos déductions peuTent être erronées relatifement anx fonctions de tel ou tel organe chez Tliomme, lorsqu'elles sont tirées exclusivement d*nne analogie de ttructure avec le même organe chez les animaux d*un ordre inférieur. L*usage simple et évident des cuspidées dans l'espèce humaine est de déchirer les substances alimentaires qui sont trop dures pour être divisées par les incisives; et on les trouve son» veut beaucoup plus développées cbex des «nimaux oonmis pour être exclusiveinent frugivores. Nou-seulement leur structure n'est nullement appropriée à Tusage qni leur est assigné par Uun(er, mais eucorc il n'existe ni analogie ni aucun autre motif qui puisse faire supposer que l'homme ait été primitivement organisé pour rechercher et saisir une proie vivante. Son attitude naturellement verticale et la construction de la bouche humaine reudeut impossible cet acte tel que l'indique Hunter, et la possession d'un instrument aussi parfait que la main met l'homme à l'abti de la nécessité d'employer jamais aucun autre organe pour saisir ou retenir let aliments, de quelque nature qu'ils soient T. B.

. Tontes les dents dtoites jusqu^id, et surtout les cuspîdées, présentent souvent une courbure à leur pointe.

L'éniail descend un peu plus bas en dedans et en dehors que sur les feces latérales ; mais ici la différence est moins considérable que dans les Incisives et les euspidées; quelquefois même il se termine à la même hauteur tout autour de la dent. Les bicuspidées sont dirigées presque Ter« ticalement; cq)endant elles paraissent un peu inclinées en dedans , prin« cipalement la dernière.

A la mâchoire supérieure, ces dents sont un peu plus grosses qu*à Fin* férieure, et sont inclinées un peu en avant et en dehors. La première de ces dents, à la mâchoire supérieure, répond entre les deux inémes dents de la mâchoire inférieure, et la seconde entre la seconde de la mâchoire inférieure et la première molaire ; toutes deux débordent leurs correspondantes de la mâchoire inférieure, mais moins que les incisives et les cu8« pidées.

Bans les deux mâchoires , après les dents de sagesse , ce sont les bicus- {Hdées, et principalement la seconde, qui manquent le plus souvent par une cause naturelle; d'où Ton peut conclure qu'elles sont moins utiles que les autres. Cette conjecture paraît avoir quelque vraisemblance, lorsqu'on remarque qu'elles tiennent, pour leurs usages, le milieu entre les canines et les molaires, et que chez la plupart des animaux, autant que se sont étendues mes observations, il se trouve un espace vide entre les canines et les molaires.

J'ai vu une mâchoire dans laquelle la première bicuspidée avait It forme et la grandeur d'une molaire, et faisait saillie, à cause du d^ut d'espace , entre la cuspidée et la seconde bicuspidée.

La forme de la surface de broiement des bicuspidées et des molaires s'altère peu par l'usage ; leurs pointes seules s'usent et s'émoussent.

Des molaires.

Dans ma description des molaires , je vais m'occuper d'abord de la première et de la seconde conjointement, parce qu'elles sont à peu près semblables sous tous les rapports ; je décrirai ensuite la troisième ou dernière molaire qui diffère des premières en quelques points.

Les deux premières molaires diffèrent principalement des bicuspidées en ce qu'elles sont beaucoup plus grosses et qu'elles ont un plus grand nombre de pointes et de racines (pi. 3, fig. 1,2. d, d.).

Le corps de ces dents a presque la forme d'un quadrilatère à angles arrondis. Leur surfaée de broiement a communément cinq pointes , ou « protubérances, dont deux sont sur la partie interne et trois sur la partie externe de la dent ; généralement aussi il se trouve quelques pointes plus petites à la base de ces grosses protubérances. Ces protubérances forment une cavité irrégulière qui occupe la partie moyenne de la surface de la dent. Les trois pointes externes ne sont pas situées aussi près du bord de la dent que les pointes internes , de telle sorte que le corps de la dent fait plus de saillie en dehors des pointes, c'est-à-dire est plus cou-

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