‹ Œuvres complètes de John HunterChapitre 5 sur 88 · II · texte numérisé non relu

II

Digitîzed by

i» HISTOOUS NATURELLE

Texe à sâ faeeêxteme. Le eorpt de la deot se iréCr^dt trèf*p«a an collett au niveau duquel il se divise eu deux racines aplaties, Tune antérieure, l'autre postéHeure, ayant leurs bords tournés en dehors et en dedans, et par conséquent, leurs feces en avant et en arrière. Les racines ne sont que très-peu rétrécies à leurs extrémités, qui sont assex larges et souvent bifiirquées. Il y a dans chaque racine deux cavités, côtoyant Tun et l'aurtre bord de la racine et conduisant dans la cavité générale du corps de la dent. Ces deux cavités sont formées par la réunion des deux jGaces de la racine à leur partie nioyenne; cette réunion divise en deux la cavité large et plate de i^aque racine (pi. 5, ûg.$: les quatre poMs moirs indiquent les quatre orifices). Extérieurement, on ypit, ainsi que sur toutes les autres racines plates, une rainure longitudinale qui corres-» pond à la cloison intérieure. Ces racines sont généralement' recourbées un peu en arrière à leur partie moyenne (pi. 3 , fig. 4).

L*émail recouvre le corps de ces dents d^une manière assez égale dani tout leur pourtour.

La première molaire est un peu plus grosse et un peu plus forte que la seconde; elle est inclinée un peu plus en dedans que la bicuspidée ad* jaeente, mais moins que la seconde molaire. Les deux premières molairos ont généralement des racines plus courtes que celles des foicuspidées.

De toutes les dents , elles sont celles qui diffèrent le plus d'une mk-^ ehoii^ à Fautre. A la mâchoire supérieure, leur corps a une forme plutôt rbomboïdale que carrée, offrant un angle aigu tourné en avant et en de* bors^ et un autre en arrière et en dedans; en outre» elles ont trois racines qui divergent et se terminent chacune par une pointe; ces racines sont presque rondes, et n'ont qu'une cavité; deux d'entre elles sont placées verticalement Tune auprès de l'autre, au côté externe de la dent; l'autre, qui est ordinairement la plus grosse, est située à une plus grande dis^ tance, au côté interne, et se dirige obliquement en dedans. A la même mâchoire, ces deux molaires sont inclinées en dehors et un peu en avant ; elles débordent un peu les denU correspondantes de la mâciioire inférieure, et sont placées plus en arrière dans la bouche , de telle sorte que chacune d'elles est opposée à une partie de la surface de deux dents de la mâchoire inférieure. La seconde molaire de la mâchoire supérieure est plus petite que les autres ; la première et la seconde sont placées directement au-dessous du sinus maxillaire. J'ai vu une fois la seconde molaire manquer naturellement d'un côté, à la mâchoire inférieure. ^

La troisième molaire est appelée ordinairement dent de sagesse; elle est un peu plus courte et un peu plus petite que les autres, et é'iadine un peu plus en dedans et en avant. Son corps offre à peu près le même aspect que celui des deux premises, mais il est un peu plus rond, et ses racines sont généralement moins régulières et moins distinctes, car elles sont souvent comme serrées l'une contre l'autre. Quelquefois il n'y a qu'une racine, ce qui donne a la dent une forme conique.

A la môchoire supérieure , la troisième molaire présente phis de variétés qu'à Finfiérieure ; elle est plus petite que la dent correspondante de la mâr

ctMrire infiri0Qr6t f^i ^ conséquence, elle lui est directement 0|>po8ée. Sans cette disposition , les molaires atteindraient plus loin en arrière à la mâchoire supérieure qu'à Tinférieure , ce qui n*a pas lieu ordinairement.

A la mâchoire supérieure , la troisième molaire n'est que très-peu tournée en dehors ; elle est souvent inclinée un peu en arrière et 'déborde celle de la mâchoire inférieure ; elle devient hranlante plus souvent que toutes les autres dents; elle est placée sous la partie postérieure du sinus maxillaire ; là , les parois de ce sinus sont plus épaisses qu*à sa partie moyenne.

Les variations de nombre des dents dépendent communément des dents de sagesse.

Ainsi , depuis les incisives jusqu'à la première molaire , les dents augmentent graduellement de volume à l'extrémité supérieure de leur cprps, pour diminuer ensuite de la première molaire à la dent de sagesse. De h cuspidée à la dent de sagesse les racines diminuent beaucoup de longueur ; celles des incisives sont à peu près de la même longueur que celles des bicuspidées. De la première incisive à la dernière molaire, les dents font qne saillie de moins en moins forte hors des alvéoles et des gencives.

A la mâchoire inférieure, le corps des dents est dirigé un peu en dehors, à la partie antérieure de la mâchoire, et, depuis cette partie jusqu'à la troisième molaire , il s'incline de plus en plus en dedans. J^ dcQtsde la mâchoire supérieure débordent celles de la mâchoire inférieure, surtout à la partie antérieure, ce qui est dû à la plus grande obliquité des dents de la mâchoire supérieure ; car l'arcade alvéolaire offre à peu près la même direction dans les deux mâchoires. Cette obliquité diminue graduellement à partir des incisives jusqu'à la dernière molaire, ce qui fait que les dents de la mâchoire supérieure débordent de moins e moins celles de \s^ mâchoire inférieure^

Les dents de la mâchoire supérieure sont placées plus en arrière daoa Tarcade dentaire, que les dents correspondantes de la mâchoire inférieure; cela^ vient de ce que les deux premières incisives supérieures sont plus larges que les incisives inférieures correspondantes. Toutes les dents n'ont qu'une racine, excepté les molaires, qui en ont deux dans la mâchoire in*, férieure, et trois dans la supérieure (*).

La racine des dents garde une certaine proportion avec le corps , et la raison en est évidente. En effet, s'il en était autrement , les dents seraient facilement brisées ou arrachées de leurs alvéoles. La force qui leur est appliquée communément est oblique, et non perpendiculaire à leur axe; et ell^ sont fixées moins solidement dans la mâdioîre supérieure que dans

(*} Les a^atomistes qui accordtnt nn plut grand sombre de racioei aux dents ont MBS doute été amenés à cette errear par la présence des deux canaux qu'ils auront oiMerrés dans une seule racine ; Us en auront conclu que cette rapine avait été primitÎTement double, et était formée par la réunion de deux racines agglutinées ensçnble. J. HuNTSR.

M f HISTOIRE NATURELLE

rinférîeure, c*est-à-dire, que le procès alvéolaire est moins fort dans la première que dans la seconde : c'est peut-être pour cette raison que les molaires de la mâchoire supérieure ont trois racines.

La structure particulière du procès alvéolaire de la mâchoire supérieure a peut-être pour objet de donner plus d'espace au développement de Tantre d'Highmore. Dans cette supposition , les racines doivent être disposées de manière à n'être point poussées vers cette cavité ; or, par leur divergence , elles embrassent, pour ainsi dire, le fond de l'antre, et n'appuient point contre sa partie centrale qui est la plus faible; et les pointes des trois racines divergentes font une plus grande résistance, ou ne s'enfoncent pas si facilement que si elles étaie))t placées parallèlement. S'il n'y avait que deux racines, comme à la mâchoire inférieure, il aurait fallu qu'elles fussent placées contre la partie la plus mince de l'antre ; et trois pointes qui n'eussent pas/di vergé auraient eu tout à fait le même effet que deux. De plus, la force qui agit sûr la dent tend à la déprimer et à la pousser en dedans; voilà pourquoi la racine la plus interne diverge plus que les autres, et est soutenue par la paroi interne de l'antre. Ce qui rend probable que la faiblesse de la mâchoire supérieure est l'effet d'une disposition qui a pour objet de servir à l'ampliation du sinus maxillaire, c'est que toutes les dents de la mâchoire supérieure ressemblent beaucoup à celles de la mâchoire inférieure , excepté celles qui correspondent à ce sinus ; et celles-ci diffèrent principalement dans leurs racines, sans qu'on puisse assigner à cette différence aucune raison apparente; en outre, les dents de sagesse se ressemblent plus d'une mâchoire à l'autre q\Èi les autres molaires, probablement parce que les dents de sagesse de la mâchoire supérieure ont moins (Je rapports avec le sinus maxillaire.

Le fait suivant vient encore confirmer mon opinion : chez les enfants, les deux molaires que l'on observe de chaque côté de la mâchoire supérieure ont trois racines, et ces dents sont situées au-dessous de l'antre; les dents qui leur succèdent n'ont qu'une racine comme à la mâchoire inférieure ; mais alors, l'antre s'est porté plus loin en arrière, ou plutôt, l'arc de la mâchoire s'est avancé et a poussé , pour ainsi dire, de dessous l'antre , de sorte que les procès alvéolaires, qui se trouvaient au-dessous de cette cavité à une époque de la vie, se trouvent au-devant à un autre âge.

En étudiant les mouvements de la mâchoire et les fonctions des dents, nous verrons que le bord de chaque racine est tourné vers la circonférence de la mâchoire, afin de mieux résister aux forces qui agissent sur les dents.

De rarticulation des dents.

Les racines des dents sont fixées dans la gencive et dans les procès alvéolaires par cette espèce d'articulation qu'on appelle gomphose, et qui ressemble , jusqu'à un certain point, à la disposition d'un clou enfoncé dans une pièce de bois (pi. 1 , pour les alvéoles; et pi. 3 , fig. 4 ^ pour les dents placées dans leurs alvéoles). Cependant les dents ne sont point fortement unies avec les procès alvéolaires , car chaque dent jouit d'une certaine md-

Digilized by

DES DENTS. St

hilité ; et, dans les têtes qu'on a fait bouillir ou macérer dans Teau de manière à détruire le périoste et les adhérences des dents, on voit que les dents sont si lâchement unies à leurs alvéoles qu'elles sont toutes sur le point de tomber, excepté les molaires qui restent accrochées, pour ainsi dire , à raison du nombre et de la forme de leurs racines.

Des gencives.

^^ Les procès alvéolaires sont recouverts par une substance rooge, vasculaire , qu'on appelle la gencive. La gencive est percée d'autant de trous qu'il y a de dents ; elle enveloppe le collet de la dent et y adhère. De là , partent des cloisons charnues qui passent entre les dents , et s'étendent de la gencive externe à la gencive interne , auxquelles elles servent de moyen d*union. Ces cloisons sont plus élevées que le reste de la gencive, ^ forment une arcade entre les dents adjacentes. La portion de la gencive qui s'élève au-dessus des alvéoles est d*une hauteur considérable; de sorte que quand la gencive a été détruite par une maladie , ou sur le cadavre par l'action de l'eau bouillante , ou par toute autre cause , les dents paraissent plus longues ou moins enfoncées dans la mâchoire. Dans l'état sain, la gencive adhère très - fortement au procès alvéolaire et aux dents, mais son bord est naturellement libre d'adhérences autour de diaque dent. La gencive a dans sa texture quelque chose de la dureté et de rélasticité du cartilage ; elle est très-vasculaire , mais elle ne paraît pas douée d'un haut degré de sensibilité , car, bien que nous la blessions souvent, en mangeant et en nettoyant nos dents, nous n'en éprouvons pas beaucoup de douleur, et, chez les enfants et les vieillards, qui n'ont point de dents , les gencives supportent des pressions considérables sans souffrance.

L'avantage qui résulte de cette insensibilité des gencives est évident ; en effet , jusqu'à ce que Tenfant ait des dents, les gencives doivent lui en tenir lieu ; elles sont donc disposées en conséquence , et présentent chez hii un bord très-dur dans toute leur longueur {crête gencivale, ou carU» loge dentaire). Les vieillards qui ont perdu leurs dents n*ont point ce bord. Dans Tétat sain , les gencives ne sont pas facilement irritées par les blessures auxquelles elles sont soumises ; c'est pourquoi elles sont moins susceptibles d'inflammation que les autres parties , et se cicatrisent rapidement.

Les dents , unies aux mâchoires par le périoste et la gencive, ont, pendant la vie , une certaine mobilité en vertu de laquelle elles cèdent un peu à l'action des forces qui agissent sur elles. Cette disposition les rend plus solides; elle atténue l'effet du contact de la dent avec l'alvéole qui est également un corps osseux , et prévient les fractures des alvéoles et des dents elles-mêmes.

De l'action des dents qui est liée aux mouvements de la mâchoire inférieure.

. On peut dire que la mâchoire inférieure est la seule qui soit mobile dans

S4 HISTOÎRË NATURELLE

la mastication , car la mâchoire supérieure ne pedt se moufolr qu'avec let autres parties de la tête. A la première vue, on juge qu'il n*est pas pro* bable que la mâchoire supérieure et la tête soient élevées dans Facte ordi- Yiaire d'ouvrir la bouche et de mâcher; et , en effet , un examen attentif do mécanisme des articulations et des muscles de ces parties , Texpérienee et Tobservation , conduisent à ce résultat , qu'elles ne se meuvent point d'une manière sensible. Je ne citerai à l'appui de cette opinion qu'une expérience qui me paraît concluante. Qu'un homme se place , pendant qu'il mang^ auprès d'un point ûte , et qu'il regarde par-dessus ce point un autre objet distant et immobile : si sa tête s'élevait le moins du monde , il verrait une plus grande partie de l'objet distant au-dessus du point flxe le plus rap- |)roché pendant le mouvement d'élévation; or, c'est ce qui n'arrive point L'expérience est d'autant plus précise et concluante que le premier point fixe est plus rapproché et qile l'objet distant est plus éloigné. Le résultat est le même si le point le plus rapproché est disposé de manière à suivre les mouvements de la tête , comme lorsqu'on regarde un objet distant et flxe par-dessous le bord d'un chapeau ou de toute autre chose posée sur la tête. Kous sommes donc en droit de conclure que tout le mouvement appartient à la mâchoire inférieure. J*ai décrit, plus haut, l'articulation et les mouvements de l^os maxillaire inférieur; je vais maintenant expliquer l'acte de la mastication et examiner en même temps les usages de chaque classe de dents.

tlelativement à l'action des dents des deux mâchoires dans la mastication, je ferai observer, une fois pour toutes, que leur action et leur ^réaction doivent être toujours égales , et que les dents de l'une et de l'autre mâchoires se font parfaitement équilibre dans l'action de diviser et dans celle de broyer.

Quand la mâchoire inférieure est abaissée, les condyles glissent en avant Sur les eminences décrites plus haut, pour retourner en arrière dans les cavités articulaires quand la mâchoire est complètement élevée. Cette simple action produit un mouvement de broiement d'avant en arrière de la mâchoire inférieure sur la mâchoire supérieure; nous y avons recours drsque nous voulons diviser quelque chose avec les dents de devant, ou dents incisives, qui sont bien disposées pour cet objet, car, étant plus hautes que les autres , elles arrivent plus tôt au contact ; en outre , comme lés incisives supérieures sont situées naturellement plus en avant que les inférieures, si nous voulons diviser quelque substance, nous amenons d'abord les incisives inférieures directement au-dessous des supérieures, et, à mesure qu'elles pénètrent dans la substance qui doit être divisée, la mâchoire inférieure est portée en arrière, en même temps. que les incisives de cette mâchoire glissent de bas en haut derrière celles de la mâdioire supérieure, contre lesquelles, par conséquent, elles viennent se placer. De cette naanière, les incisives des deux mâchoires complètent la division comme une paire de ciseaux, et en même temps elles s'aiguisent les unes contre les autres. Cette description ne s'applique pas à tous les cas sans exception: chez quelques personnes, en effet, les incisives inférieares ar-

DES BENTS. W

rivait natoretknMiit sous les supérieares, oe qui a K011 IcHn^uê les dfulf de devant ne font pas ptos de saillie bon des gencives ou des aWéeles que les dents de derrière; alors, ces dents sont moins propres à diviser. Gbe< d'autres personnes, les dents de la mâchoire inférieure sont placées de osaiiière à venir au-devant de celles de la mâchoire supérieure; cette dernière disposition est aussi favorable pour la division des substances alimentaires que celle qui a été décrite la première, avec cette dififérence, toute* Ibis , que la mâdidire inférieure étaAt plus longue ici , elle doit avoir moiai de force à son ettrémité antérieure.

L'autre mouvement de la mâchoire , qui a lieu lorsque les dents latérales fbnctîonnent, diffère un peu du premier. Pendant que la bouche s'ouvre ^ un des condyles glisse un peu d'arrière en avant, tandis que l'autre s'en«> fonce un peu en arrière dans sa cavité; la mâchoire se trouve ainsi rejetée du cdté de ce dernier dans l'étendue précisément suffisante pour amener là dents inférieures directement au-dessous des dents qui leur correspondent dans la mâchoire supérieure. C'est ce qui a lieu dans Taction de diviser e« de saisir les substances alimentaires, et ce sont les dents latérales qui sont ordinairement employées dans cette dernière action. Ce mouvement se fait à un plus haut degré dans Taccomplissement du véritable broiement, c'est-à-dire, que le condyle situé du câtéqui va agir est porté plus loin en arrière dans la cavité articulaire, et que celui du côté opposé est amené phis en avant; la mâchoire est alors un peu abaissée. Mais ce n'est là qu'oa aete préparatoire, car c'est le mouvement par lequel oe dernier condyle se reporte en arrière dans sa cavité articulaire qui produit l'acte de la nM»> tication.

Les dents latérales des deux mâchoires sont adaptées à ce mouvement oblique. A la mâchoire inférieure, elles sont tournées un peu en dedans . afin de pouvoir mieux agir suivant la direction de leur axe, et le procès alvéolaire est renforcé à sa face externe par la ligne saillante qui natt de la base de l'apophyse coronoîde. A la mâchoire supérieure, les dents sont obliques en sens inverse, c'est-à-dire qu'elles sont tournées en dehors, pour la même raison , et la plus longue racine des molaires est située an cdté interne , où l'alvéole est fortifié par la cloison osseuse qui sépare le sinus maxillaire du nez. Voilà pourquoi, h la mâchoire inférieure, le bord externe des dents est le premier usé, tandis que c'est le eontraire pour les dents de la mâchoire supérieure.

Parallèle des mouvements de la mâchoire clipz leijetmes svjets et chez

les vieillards,

n ne parait pas que \% mouvement de glissement de la mâchoire inférieure existe chez k» enfants qui n'ont point de dents. L'éminenoe du temporal n'est pas encore formée, et la cavité n'est pas plus grande que le condyle; c'est pourquoi le centre du mouvement doit être al^rs aux condyles.

Chez les vieillards qui ont perdu leurs dents, le centre du mouvement ptraU dire m^ oondytos» et les inouveaients de la mâchoire semUcmtétre

réduits à rabaissement et à Télévation. Ils n'abaissent jamais assez la mâchoire pour porter le condyle en avant sur Téminence, parce que chez eux la boudie est suffisamment ouverte quand la mâchoire est dans sa position naturelle.

De là vient que, chez les vieillards, les gencives des deux mâchoires ne se rencontrent pas à la partie antérieure de la bouche (pi. 4 : on voit que y quand la bouche est fermée, la symphyse de la mâchoire inférieure se porte beaucoup plus en avant que celle de la mâchoire supérieure) ; qu'ils ne peuvent mordre avec cette partie aussi bien qu'avec les côt^ de la mâchoire, et qu'au lieu du mouvement de broiement, qui serait inutile puisqu'il n'y a pas de molaires, ils pilent les aliments par un simple mouvement d'abaissement et d'élévation de la mâchoire.

C'est à cause du manque de dents qu'aux deux âges extrêmes de la vie la face est plus courte, eu égard à sa largeur, que dans l'âge adulte. Chez le Tieiliard, après la chute des dents, lorsque la bouche est fermée, la face est raccourcie de presque toute la longueur des dents des deux mâchoires , c'est-à-dire d'environ un pouce et demi.

A ces deux âges encore, à raison du manque de dents, la cavité de la bouche est privée d'une partie de son ampleur, et la langue paraît trop volumineuse et difficile à faire mouvoir, surtout chez les vieillards. Chez ces derniers, le menton se projette d'autant plus en avant que la bouche est plus fermée, parce que la base de la mâchoire inférieure, seule partie qui existe alors, décrit une courbe à plus grand rayon que le procès alvéolaire chez les sujets moins âgés.

Les mâdioires des enfants se projettent moins en avant que celles des adultes, ce qui rend la face plus plate, principalement à la partie inférieure. A mesufe que les dernières molaires se développent, les parties latérales de la courbe que forment les mâchoires deviennent plus longues et poussent en avant la partie antérieure , car aucune des portions ajoutées ne se porte en arrière. La partie antérieure continuant à être à peu près de la même dimension, la totalité de la mâchoire devient plus longue en proportion de sa laideur, et plus saillante en avant.

De la formation des procès alvêolçires.

Nous avons étudié les procès alvéolaires dans leur état adulte, ou de parfait développement; suivons-les maintenant à partir de leur origine.

On peut observer l'origine du procès alvéolaire à une période trèspeu avancée de la vie. Dans un fœtus de trois ou quatre mois, il ne con- •siste qu'en une rainure longitudinale, profonde et étroite en avant, et devenant graduellement moins profonde et plus large à mesure qu'on l'examine plus en arrière; au lieu des cloisons osseuses qui devraient diviser cette rainure en plusieurs alvéoles, il n'y a que de petites crêtes dirigées transversalement au fond et aux côtés, et des dépressions intermédiaires qui indiquent la place qu'occuperont plus tard les alvéoles (pi. 6, «g. 1,2).

A la mâchoire inférieure, les vaisseaux et les ner£s marchent le long da

fond de cette cavité alvédaîre , dans une légère raÎDure , qui devient ensoite un canal osseux complet et distinct.

Le procès alvéolaire se développe avec les dents, et pendant qaelque temps il est en avance sur elles. Les crêtes destinées à former les cloisons s'étendent en travers du canal, à partir de ses cdtés, et forment des arcades creuses à la partie supérieure des alvéoles. Ce changement s'opère d'abord à la partie antérieure des mâchoires (pi. 6, fig. 1,2,3,4,5,6). A mesure que chaque cellule devient plus profonde , son orifice devient plut étroit, et il finit par se fermer en grande partie, mais non tout à fait, sur la dent qui y est contenue.

La tendance en vertu de laquelle l'orifice de la cellule se contracte réside principalement dans la lame externe de Tos, ce qui fait que les orifices contractés des cellules sont plus près du bord interne de la mâchoire que de son bord externe (pi. 6; cette disposition est surtout remarquable dxms les cUoéoles des molaires qui ne sont pas- ouverts pour la sortie des dents). Si le tissu osseux se développe ainsi par-dessus la dent et la couvre presque entièrement, c'est peut-être pour que la gencive ait lin appui 80« lide avant la sortie des dents.

Les alvéoles des molaires des adultes sont formés d'une autre manière : à la mâchoire inférieure, ils semblent être les restes de la racine de l*apophyse coronoïde (pi. 6, fig. 7); les cellules de ces dents se forment, en effet, dans la racine de cette apopliyse ; et , à mesure que le corps de l'os et les cellules antérieurement formées sont poussés en avant comme s'ils sortaient de dessous cette apophyse, les cellules qui se forment ensuite, aiasi que leurs dents , se développent à leur tour, et sont poussées en avant de la même manière.

A la mâchoire supérieure , il se forme dans les tubérosités destinées au développement des molaires, des cellules qui sont d'abord trèsrpeu pro* fondes, et qui le deviennent de plus en plus à mesure que la dent s'accrott; les lames osseuses, se développant un peu plus vite que la dent, renferment celle-ci presque entièrement avant qu'elle soit prête à se frayer une route à travers cette enveloppe et la gencive (pi. 6, fig. 11). Il s'en forme ainsi successivement jusqu'à ce que les trois molaires soient complètement développées.

De la formation des dents cliez le fœtus.

Les dépressions, oji premiers rudiments des alvéoles, que Ton observe snr un foetus de trois ou quatre mois, sont remplies par de petits corps polpeux, qui ne sont pas très-distincts à cet âge, et qui sont au nombre de quatre ou cinq dans chaque moitié de la mâchoire. Vers le cinquième mois, les procès alvéolaires et les petits corps pulpeux deviennent plus distincts, et c'est en avant que leur développement est le plus avancé. Vers cet âge commence aussi l'ossification sur le bord des premières incisives. Les cuspidées ne sont pas situées sur la même ligne circulaire que les autres depts; à cette époque, elles se trouvent portées un peu plus en avant , à cause du défaut d'espace.

16 HISTCHKE NATURELLE

Vert le liilème ou le septième mois, le bord ou ièmmet de oês cinq petits corps a commencé à s*ossiGer; le premier est celui oà Tosirificatioii Mt le plus a? ancée ( pi. 7 ; on a cherché à représenter cet otsyiemtUms^ ^. 1 et t). En outre, la pulpe de la sixième dent a commencé à se Ibriner; elle est située dans la tubérosité, à la mâchoire supérieure, et, à ta mâchoire inférieure, au-dessous et en dedans de Tapophyse coroBofde^ Ainsi, à cet âge, il y a en tout, dans les'deux mâchoires, vingt dents qui ont commencé à s'ossifier et le» germes de vingt-quatre. On peut diviser ces dents en incisives , en cuspidées et en molaires , ear alors il n' j a poim de bicuçpidées; les deux dernières deuts de chaque côté, dans les deux mâchoires, ont le même caractère et répondent aux mêmes usages que les tmies molaires chez l'adulte, bien qu'après leur chute leur place soit prise par les bicuspidées.

L'ossification des dents avance par degrés, et, vers le septième, le hui* tième ou le neuvième mois après la naissance, les incisives commencent à se faire jour â travers les gencives* d'abord, en général, à la mâchoire in* férieure. Arant cette époque, l'ossification a commencé dans la troisième molaire, ou celle qui sera la première molaire chez l'adulte (pi. 7« fig. d; les premières incisives ont percé la gencive, et la dent qui est la troisième molaire chet l'enfant, ou la première molaire chez l'adulte, a commen4^ à s'ossifier).

Les cuspidées et les molaires, chez le fœtus, ne se forment pas aussi rapidement que les incisives; elles paraissent généralement toutes à peu près dans le même temps, vers le vingtième ou le vingt-quatrième mois; cependant la première molaire est souvent plus avancée dans son alvéole que la cuspidée, et elle parait le plus ordinairement avant elle.

Ces vingt dents sont les seules qui servent à l'enfant, depuis son septième, huitième ou neuvième mois jusqu'à sa douzième ou quatorzième année. Elles sont appelées dents temporaires ou dents de lait, parce qu'elles tombent toutes entre la septième et la quatorzième année et soot ^remplacées par d'autres.

De ta cause qui produit les douleurs de la dentition,

Ces vingt dents, en perçant la gencive, causent de la douleur et beaucoup d'autres symptômes qui se terminent souvent d'une manière fatale pour l'enfant pendant la dentition. On suppose généralement que ces symptémes proviennent de la pression que le« deuts exercent, contre la face interne de la gencive pour se frayer mécaniquement un cliemin a travers sa substance. Mais les considérations suivantes semblent se rapprocher davantage de la vérité.

Lorsque les dents commencent à pousser contre la gencive, elles l'irritent et causent ordinairement de la douleur. La gencive présente alors de la chaleur, du gonflement, de la rougeur, et les autres symptôme» de l'inflammation. Elle n'est pas percée seulement par l'action simple et mécanique de la pression; l'irritation et l'inflammation qui en est la conséquence produisent un amincissement ou atrophie de la gendvo

DESCENTS. S*

lé fwint qâ correstK)Qcl à la dent. (Test ce qui a lien le plos sontent quand une partie privée de tie, ou un corps étranfi;er, se trouve logée' dans nos tissus : elle détermine la destruction des partiel situées entre elle et le point de la peau qui est le plus rapproché, et rarement celte des autres partie*s, à Texception des tissus qui sont interposés entre elle et une cavité s'ouvrant à Fextérieur, ce qui, d'ailleurs, arrive bien moins souvent. Les solides, ou la partie détruite» sont absorbés, et non fondus ou dissous dans le pus. Les dents doivent être considérées comme des corps étrangers par rapport à la gencive ; elles en Irritent la surface in* terne, comme le pus d'un abcès, un os nécrosé, ou tout autre corps étranger, Irritent les tissus qui les environnent, et peuvent produire par conséquent les mêmes syiïlptômes, à l'exception de la formation du pus. (Test pourquoi, lorsque ces symptdmes accompagnent la sortie des dents, il ne peut y avoir de doute sur Futilité de frayer la route à ces dernières; au moins cette pratique n'est-elle jamais suivie, autant que j'ai pu l'ob» server, d^aucun accident grave (*).

De la JbrniaHoh et du développement dei denté de la êeeoruk.

dentition.

Après avoir iiinsi fait connaître l'origine et le développement des dents temporaires, je vais décrire la formation des dents qui doivent servir dans lé cours de la vie.

Dans cette étude, afln d'éviter la confusion, je bornerai ma description aux dents de la mâchoire inférieure, car la seule différence qui existe entre les dents des deux mâchoires réside dans l'époque de leur apparition, qui est généralement plus tardive pour celles de la mâchoire supérieure. Le développement et la sortie des dents ne se font pas d'une manière successive et régulière de la'première incisive h la dent de sagesse ; ils commencent en deux points , de chaque cdté des deux mâchoires, à la première incisive et à la première molaire. Les dents comprises entre ces deux points ont une évolution plus rapide que celles qui sont situées au delà de la première molaire.

La pulpe de la première incisive et celle de la première molaire, pour h seconde dentition, commencent à être visibles dans un fdstus de sept à huit nAois , et l'ossification y commence cinq ou six mois après la nais-

(*) n n'elt pu donteoi, m effet, que la sorde de It dent ne se fasse aa moyen de Tabiorption de la gencire; mais il est probable ansai que eotte absorption est fisTorisé*, ai- •ott détemioée entièrement, par la pression que la partie snpérienre de la dent eneree contre le bord de la gencire. Anssi, lorsqne, par suite de rallongement rapide de la neitte, la couronne de la dent ê'èlkwe pins vite qne ne se fait le travail d'absorption , il en résulte natarcllement nne pression trop forte à la face interne de la gencive et eonsécntivement nne ioflammation locale qui donne naissance à des symptômes g^ aéraux intenses. Le simple contact de la deut avec la gencive «comme corps étranger m ne saurait rendre compte de ces symptômes généraux , car, après que la gencive a été incisée, la dent est encore en contact avec les parties molles ; mais alors la préaux étant détruite, firritatioa cesse intiiiédiatement. T. B.

sance. Peu de temps après la naissance, les pulpes de la seconde incisive et de la cuspidée commencent à se former, et environ huit ou neuf mois après, elles commencent à s*ossiGer. Vers la cinquième ou la sixième année, la première bicuspidée apparaît ; vers la sixièipe ou la septième , la seconde bicuspidée et la seconde molaire; et vers la douzième, la troisième molaire ou dent de sagesse.

Les cinq premières dents peuvent être appelées les dents permanentes ; elles diffèrent des temporaires correspondantes en ce qu'elles ont de plus grosses racines. Les incisives et les cuspidées permanentes sont beaucoup plus épaisses et plus larges que les mêmes dents temporaires; et les molaires de la première dentition sont remplacées par les bicuspidées, qui sont plus petites et n*ont qu'une racine.

Toutes ces dents permanentes ou secondaires sont formées dans des alvéoles distincts, qui leur sont propres; ainsi, elles ne viennent point remplir les anciens alvéoles des dents temporaires , mais il se forme pour elles de nouveaux alvéoles , pendant que les anciens se détruisent (pi. 6, fig. 11,12,13).

La première incisive est placée en dedans de la racine de la dent temporaire correspondante, et plus profondément dans la mâchoire. La seconde incisive et la cuspidée prennent naissance en dedans et un peu au-dessous de la seconde incisive et de la cuspidée temporaire. Ces trois dents sont situées de la même manière que celles de la première dentition ; mais comme elles sont plus grandes, elles s'étendent un peu plus en arrière dans Tarcade formée par la mâchoire.

La première bicuspidée est placée au-dessous et un peu en arrière de la première molaire temporaire ou quatrième dent de l'enfant.

La seconde bi^cuspidée est placée immédiatement au-dessous de la seconde molaire temporaire.

La seconde molaire est située dans la tubérosité maxillaire , à la mâchoire supérieure, et directement au-dessous de l'apophyse coronoïde, à la mâchoire inférieure.

La troisième molaire, ou dent de sagesse, commence à se former immédiatement au-dessous de l'apophyse coronoïde.

La première molaire de la seconde dentition arrive à sa perfection et perce la gencive vers la douzième année; la seconde, vers la dix-huitième, et la troisième, ou dent de sagesse, de la vingtième à la trentième.

Ainsi, les incisives et les cuspidées demandent environ six ou sept ans, à partir du moment où elles commencent à paraître dans l'épaisseur de la mâchoire, pour arriver à leur perfection ; les bicuspidées, environ sept ou huit; et les molaires, environ douze.

Il arrive qjuelquèfois qu'une troisième série de dents apparaît chez des personnes très-âgées. Quand cela a lieu, cette troisième dentition se fait d'une manière très-irrégulière. Quelquefois il ne se forme qu'une dent, d'autres fois il en pousse davantage, et parfois même on a observé une dentition complète à chaque mâchoire. Je n'ai jamais vu qu'un seul exemple de^ troisième dentition : dans ce cas, il poussa deux dents de devant à

DES DETTTS. - 61

la mâchoire inférieure. Je serais tenté de supposer qu^il se forme aussi un nouveau procès alvéolaire , de la même manière que dans la première et la seconde dentition.

D'après les notions que j'ai pu acquérir sur ce sujet, Tâge auquel se forme cette troisième dentition est, en général, soixante-dix ans environ. Il paraîtrait, d'après cette circonstance et d'après un autre phénomène qui se présente quelquefois chez les femmes de cet âge, que la nature faut alors un effort pour renouveler le corps vivant.

Lorsque cette formation tardive de dents n'est pas complète , et surtout quand elle ne s'opère que dans une mâchoire, elle est plus nuisible qu'utile. Il faut alors arracher ces dents, car elles ne feraient que blesser la gencive de la mâchoire opposée (*).

(*) La description da déreloppement des dents pertnaoeotes, telle que Hnnter vient de la donner, est loin d'être ezactç. Les recherches du D"^ Blake, eoosignées d'abord dans sa thèse iaaugurale, et publiées ensuite sous une forme plus éteudue, ont fait connaître pour la première fois le mécanisme curieux de cette production extraordinaire. Des investigations plus récentes out confirmé les vues générales émises par Blake, et je n'hésite point à placer ici les considérations suivantes* que j'ai déjà données dans nn autre ouvrage.

La formation des dents permanentes, bien que reposant essentiellement sur lea mêmes lois générales que la première dentition et opérée par les mêmes organes, diffère de celle-ci en quelques points très-remarquables. Les rudiments des dents permanentes, au lieu d'être primitifs et indépendants comme ceux des dents tempo* raires, ont en réalité leur point de départ dans ces dernières, auxquelles ils restant attachés et intimement unis pendant un temps considérable (pi. 8 , iig. 9,10, i z, la).

A une époque peu avancée de la formation des dents temporaires, et par un travail qui rappeUc la reproduction gemmipare de# êtres inférieurs du règne animal et da règne végétal , le follicule ou germe dentaire fournit un petit prolongement ou bourgeon contenant en rudiments une partie des éléments essentiels de la dent, savoir, la pulpe recouverte de la membrane qui lui est propre. Ce prolongement constitue le rudiment de la dent permanente. 11 débute sous la forme d'un petit renflement qui apparaît sur un côté du follicule- m ère, et qui se circonscrit de plus en plus, jusqu'à ce qu'enfin U ait pris une forme distincte, bien qu'attaché encore à ce follicule par nn pédicule qui n'est autre chose qu'un prolongement de ce dernier. Pendant quelque temps, le nouveau germe est renfermé dans le même alvéole que celui dont il émane, qui est creusé par les vaisseaux absorbants pour le loger, en vertu d'un travail presque sans exemple dans les phénomènes de la physiologie. Ce travail nVst pas déterminé par la pression qu'exerce le nouveau germe, comme on l'a cru à tort; mais il commence dans les aréoles de Tos immédiatement en dedans de sa surface lisse, et constitue ainsi ce qu'on peut appeler un travail par anticipation. La nouvelle cellule, après qu'elle a été creusée suffisamment,, et à mesure que le germe continue à augmenter de Tolume, est séparée peu à peu de la cellule primitive de deux manières, et parce qu'elle se creuse déplus en plus profondément dnns la substance de l'os, et parce qu'il se forme entre elles deux une cloison osseuse. Enfin , le nouveau germe est renfermé dans l'alvéole qui lui est propre, mais il est encore uni à la dent temporaire par le cordon ou. prolongement déjà indiqué du follicule primitif, qui s'est en même temps aminci et allongé graduellement.

Chaque germe permanent , qaand la dent temporaire qui lui correspond a percé la

ea msTomE natuhelle

Du mode deformaii(m dêt denU*

La corps de la dent se forme d*abord ; rémail et les racines s'y ajoutent ensuite. Toutes les dents naissent d'une substance pulpeuse, qui est assez ferme dans sa texture , transparente , excepté dans le point par lequel elle adhère à la mâchoire, et qui présente primitivement la forme du corps de la dent qu'elle doit constituer (pi. 8, fig. 4, 5, 6). Cette substance pulpeuse est très-vasculaire; elle n*adhère à la mâchoire que d'un seul côté^ dans le fond de la cavité qui doit former Talvéole,, c'est-à-dire , dans le point par où les vaisseaux y pénètrent; de manière qu'elle forme une saillie libre dans la cavité osseuse qui la loge.

Elle atteint presque le volume que doit avoir le corps de la dent, avant que l'ossification s'y manifeste, et elle s'accroît encore un peu quelque temps après que celle-ci a commencé. Elle est entourée par une membrane qui ne lui est point unie, exctpté à sa racine ou partie adhérente; mais cette membrane adhère par sa surfiace extérieure à tout le pourtour de la cavité osseuse creusée dans la mâchoire , et à la genelve, dans le point où ceile-d recouvre l'alvéole.

Quand la pulpe est très-nouvellement formée, comme dans un foetus de six ou sept mois, cette membrane est assez épaisse et gélatineuse (pi. 8, fig. 1, 2). Il est plus facile de l'examiner sur un enfant nouveau-né; on la trouve alors composée de deux lames , l'une externe et Tautre interne. la lame externe est molle et spongieuse « et sans vaisseaux; Tautre est beau* coup plus résistante et extrêmement vasculaire; ses vaisseaux naissent de ceux qui se rendent à la pulpe de la dent; elle forme une sorte de capsule pour la pulpe et pour le corps de la dent. Tant que la dent est renfermée dans la gencive, un liquide mucilagineux, semblable à la synovie, se trouve toujours interposé entre cette membrane et la pulpe de la dent.

gyencÎTe , est situé au-dessous et un peu en arrière de cette dent , et un peu au delà de la partie centrale de la mi^choire. D'après les détails qui précèdent, il est facile de comprendre que la partie supérienre du nouTcan follicule, qui est unie à la gencire an moyen du cordon {guhemaculum dentis)^ contracte bientôt avec elle les mêmes rapports que le rudiment temporaire arait contractés primitivement, ainsi qu'il a été dit plus liant, et que , à raison de la situation de ce foUicule, qui est profondément enveloppé par le tissu osseux de la mAchoire, ce sont probablement les Taisseanx et les nerfs qui ont concouru à la formation primitiTC de la nouvelle pulpe , qui s'agrandissent et se modifient assez dans leur structure pour former définitivement les Trais rameaux dentaires. Cette supposition est beaucoup plus Traisemblable qae celle qui admettrait qne des nerfs et des Taisseanx de nouTelle formation %ont fournis par les branches maxillaires, et Tont rejoindre les pulpes è une distance plus on moins grande, à traTert une couche de tissu osseux d'une épaisseur indéterminée , pour servir à la nutrition de chaque deut nouTclle.

On trouve donc alors le nouveau germe dans des conditions à peu près semblables à celles où était la dent-mère, et entretenant les mêmes relations que cette dernière avec les parties environnantes : le sac du germe est attaché supérieurement à 1« gencive, et inférieurement la pulpe, couverte de la membrane qui loi e«t propre» est iMite par ses Taisseanx , ^., ^ b n^çhoire. T. B,

DIS DENTS. êS

Lorgqna la dent i^ore la gandfe, cette ipembraBe «il pariée égale* DMOt; emaite elle est absorbée peu à peu, et, quand la dent est complète* sent formée , elle a disparu entièrement. Seulemeot , la partie inlérieort de la membrane continue à adhérer au dbliet de la dent, qui alors s'est éleré jusqu'au niveau du bord de la gencive (*).•

De l'ossification des dents.

L'ossification des dents se fait autour de la pulpe; elle débute tantôt par un point, tantôt par plusieurs points, suivant Tespèee de dent : pour les incisives, c'est ordinairement par trois points, dont le moyen est te pins élevé et s'ossifie le premier. Pour les cuspidées, c*est par un poinl smlement; pour les bicuspidées, par deux, l'un externe, qui est le pre« mier et le plus élevé, et Tautre interne. Les molaires, soit ckes l'enfant, soit chei l'adulte , commencent par quatre ou cinq points d'ossiSoatioii , un pour chaque pointe; le plus externe est toujours le premier (pi. 7* fig. 1; oiipeut y v(Àr quelques-uns des points d'ossîficiUion qui sont distincts). Dans les dents où l'ossification commence par un seul point, cette ossi^ fieation s'étend graduellement jusqu'à ce que la dent soit complète (pi. 7, fig. 1, 9, S); mais, lorsqu'il y a plusieurs points d'ossification, chacun d'eux s'étend jusqu'à ce qu'ils se touchent réciproquement, et alors ils se léanissent en un seul (^. 7, fig. S). Ensuite le développement se fait comlne lorsqu'il n'y a qu'un point d'ossification.

Les points d'ossification, dans leur développement, deviennent de plus en plus épais à l'endroit où ils ont commencé, mais ils s'étendent plus vite sur le bord des dents que partout ailleurs, de sorte que la cavité de le dent devient de plus en plus profonde dans ce sens (pi. 8, fig. 14 ^a 6 € d représentent deux rangées d'incisives sciées par le milieu i la rangée supérieure provient d'un enfant, Vautre d'un adulte, e/g représmtùnt

(*} n est inexact de dire que U portion o»&§ase de la dent natt de la pnipe. Celle-ci constitize sealement le moule «nr lequel l'ossificatioB se forme ; entre le tissa osseux et la pulpe il existe nne membrane d^nne ténuité extrême , que j'ai appelée la mem" hrane propre de la pulpe. Cette membrane est légèrement adhérente à la surface de la pulpe, qu'elle recourre complètement, et c'est de la surface externe de cette menbrane que le tissu osseux est sécrété. Lorsque la pulpe se rétrécit sous les lanes osseuses qui ae forment suecessiTeaent autour d'eUe, la membrane continue à la re->* eomrrir, et constitue en dernier lies la membrane bien oonnne qui tapisse la cavité iatenw de la dent parfaite.

Des ii^^tions répétées ont démontré que la double mepbraae ou pod^e ^i entonre la totalité du germe jusqu'au collet de la d*ot ft non au delà, est ?aseol^ire dan» sa totalité, quoique Hunter limite cette yaspularité au feuillet interne seulement, et Blake au feuillet externe. C'est de la surface interne de cette capsule qne rémail est sécrété. Je reriendrab plus particulièrement sur ce point ci-après. Anaât6t que Témail est séccété, ta capsule s'absorbe; cette absorption commence au •bord Qu extrémité supérieure de la dent, oà réms^il est d'abord déposé. Cest pourquoi cette membrane n'est point perforée parla aortie de la dont, ainsi quo i*» ibnttri wMf »Ue «it ^b^ori^ «ostil^t qa*«ll« a afieoatpii ton naîqne lonetiov.

U HISTOffiE NATURELLE

deux rangées de molaires qui sont dans les mêmes conditions). A mesure que i*ossification fait des progrès, les écailles osseuses entourent peu à peu la pulpe, jusqu'à ce que la totalité de cette dernière soit renfermée dans une coque osseuse , excepté à sa partie inférieure; et , pendant le travail d'ossification , la pulpe est toujours plus vasculaire dans les points qui sont recouverts par les petites lames osseuses que dans le reste de sa surface (pi. 8, fig. 5,6).

L'adhérence de la pulpe avec la dent ou substance osseuse nouvellement formée est très-légère , car on peut toujours les séparer Tune de l'autre sans aucune violence apparente, et on ne voit point de vaisseaux se diriger de l'une à l'autre; toutefois, l'union la plus forte a lieu au bord de la portion osseuse , c'est-à-dire , à la partie qui est formée la dernière. Lorsque le tissu osseux a recouvert toute la puipe , il commence à se contracter un peu , en s'arrondissant , pour former la partie de la dent que l'on appelle le collet, et c'est de là que naissent les racines (pi. 8, fig. 13, 14, 15). Lorsque les racines se forment, elles poussent de bas en haut le corps de la dent, à travers l'alvéole, qui est absorbé, puis à travers la gencive, qui est absorbée également , ainsi que jel'ui expliqué plus haut. Avant cette époque , les progrès de la dent en hauteur sont à peine sensibles, car la pulpe est à peu près aussi volumineuse que le corps même de la dent doit l'être , et elle s'atrophie en quelque sorte dans la même proportion que la masse totale augmente par les progrès de Tossification.

La pulpe n'a primitivement aucun prolongement qui réponde à la racine (pi. 8, fig. 1 , 4, 5, 6) ; mais, à mesure que la cavité du corps de la dent est remplie par l'ossification, la pulpe s'allonge pour former la radne. Celle-ci augmente de longueur, et s'élève de plus en plus dans l'alvéole, jusqu'à ce que tout le corps de la dent soit poussé au dehors. En même temps , le fond de l'alvéole se resserre , et celui-ci , embrassant le collet, ou naissance de la racine , y adhère et s'élève avec lui. Cette contraction se continue dans toute la longueur de l'alvéole , à mesure que la racine s'élève; ou bien , l'alvéole qui contenait le corps de la dent, étant trop grand pour la racine, s'atrophie ou est absorbé, et une nouvelle portion alvéolaire s'élève avec la racine; de là vient que la racine ne s'enfonce point en réalité dans la mâchoire. % Dans le corps et dans la racine d'une dent qui pousse, le point extrême de l'ossification est tellement mince, transparent et flexible, qu'il parait être plutôt de nature cornée que de nature osseuse, de même que l'orifice ou bord de la coquille d'un limaçon qui est dans la période d'accroisse* ment; en effet, l'ossification de la dent paraît se faire de la même manière que celle de la coquille du limaçon (pi. 8, ftg. 13, 14, 15), et la portion ossifiée de la dent semble avoir avec la pulpe les mêmes connexions que la* coquille du limaçon avec le limaçon lui-même.

A mesure que la dent croit , sa cavité devient dej)lus en plus petite , surtout vers la pointe de la racine.

En examinant la formation de la racine des dents, nous avons supposé

DES DEin^. 681

la racine simple; lort^n'ilf a plus d'une racine, FefohitioQ en est on pea différente et plus compliquée.

Quand le corps d'une dent molaire est formé , il n'y a qu'une cavité gé«. néiale , du pourtour de laquelle l'ossification doit nattre pour former deux ou trois racines (pi. 8, fig. 13, A, A). S'il ne doit y en avoir que <ieux , les deux côtés opposés du pourtour delà cavité de la dent s'avancent transversalement , au niveau de Tendroit où la pulpe adhère à la mâchoire, se réunissent à leu|^ partie moyenne , et , de cette manière , divisent l'entrée de la cavité en deux ouvertures (pi. 8, fig. 13, 6); les deux racines naissent des bords de ces deux ouvertures (pi. 8, fig. 13, C, D).

On voit souvent un point distinct d'ossification se manifester à la partie moyenne de la cavité générale, sur la racine de la pulpe, et deux prolongem^ts venant des bords opposés de la coque osseuse, la rejoindre; ce qui produit le même résultat que ci-dessus.

Lorsqu'il doit y avoir trois racines ^ on voit trois prolongements qui partent de trois points différents du pourtour de la cavité , et qui viennent se réunir à la partie centrale , de manière à diviser tout l'e^ce en trois ouvertures (pi. 8 , fig. 13 , F, G). De ces trois ouvertures naissent les trois racines (pi. 8, fig. 13, H, I, R). Souvent les racines sont bifurquées à leur extrémité, surtout celles des bicuspidées. Dans ce cas, les côtés, de la racine se sont rapprochés à leur partie moyenne pendant l'ossification, de manière à former une rainure longitudinale sur leur face externe. Cette réunion divise la cavité de la racine qui est en voie de se développer, en deux orifices du pourtour desquels naissent les deux pointes.

D'après les recherches que j'ai faites pour démêler la texture des dents ramollies par un acide, et d'après la disposition des portions rouges des dents chez les animaux qui, pendant leur période de croissance , ont été nourris d*une manière interrompue avec de la garance, je suis porté à. conclure que la portion osseuse des dents se oompose de lamelles placées les unes dans les autres. La lamelle externe est la première formée et la plus courte; les lamelles situées plus intérieurement s'allongent par d^és vers la racine, et, de cette manière, à mesure que la dent devient plus longue, sa cavité devient plus petite, et ses parois plus épaisses (pi. 8,

fig. 7^ S).

Il n'est peut-être pas possible d'expliquer comment la substance ter», reuse et la substance animale qui oonstituent la dent, sont déposées à U surface de la pulpe (*).

De la formation de t émail.

Tai remis à parler de la formation de l'émail à une époque où l'on pût la comprendre plus facilement; mais d'abord, je vais décrire quelques parties que je considère comme servant a la formation de cette substance de la même manière que la pulpe à celle du corps de la dent.

D'après sa situation, et d'après la manière dont croissent les dents, on

(*) C« ftit te trowt expliqué dans la note de la page A3. T. B.

Page 1