‹ Œuvres complètes de John HunterChapitre 8 sur 88 · MALADIES DES DENTS · texte numérisé non relu

MALADIES DES DENTS

IlfTBODUCTION.

Les dents sont pour nous d'une telle importance qu'elles méritent toute notre attention , tant sous le rapport de leur conservation lorsqu'elles soot saines , que sous celui des méthodes de guérison à employer lorsqu'elles sont malades. Elles ^réclament toute cette attention, non-seulement pour leur propre conservation , comme instruments utiles au corps, mais aussi à cause des autres parties avec lesquelles elles ont des connexions; car les maladies des dents peuvent produire, dans les parties environnantes, des maladies qui entraînent souvent des suites très-graves « ainsi qu'on le verra plus loin.

On pourrait croire, au premier abord, que les maladies des dents doivent être très-simples, et analogues à celles que l'on observe dans les autres tissus osseux de notre corps; mais l'expérience prouve le contraire. Les dents, différant de toutes les autres parties sous le rapport de leur texture et sous plusieurs autres rapports , ont des maladies qui leur sont propres. Ces maladies, considérées en elles-mêmes, sont en effet trèssimples ; mais elles deviennent extrêmement compliquées à raison des relations que les dents ont avec le reste de l'économie , et avec les parties auxquelles elles sont liées immédiatement.

Les maladies des dents peuvent donner naissance à beaucoup d'autres maladies de nature diverse , comme des abcès , des ciiries , etc. ; et plusieurs de celles-ci, quoique ayant leur point de départ dans les dents, sont du ressort du chirurgien plutôt que du dentiste, qui, dans ces cas, se trouverait aussi embarrassé que si on lui présentait un abcès ou une carie à la jambe ou dans toute autre partie plus ou moins éloignée des dents. Toutes les maladies des dents qui sont communes à ces organes et aux autres parties du corps , doivent être conûées aux soins du médecin ou du chi-

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nirgien ; mais celles qui sont particulières aux dents ou à leurs dépendances immédiates appartiennent au dentiste.

Je n'ai pas Tintention d'énumérer ici toutes les maladies capables de produii'd des symptômes propres à faire soupçonner Texistenge d'une maladie des dents, ear les mâchoires peuvent être le siège de presque tous les genres de lésions. Je me bornerai, en conséquence, aux maladies des dents, des gencives et des procès alvéolaires; car ces parties ayant entre elles d'étroites connexions , leurs maladies rentrent particulièrement dans les attributions du dentiste. J'aurai soin aussi de ne pas empiéter sur la chirurgie proprement dite, afin de ne pas entraîner le dentiste dans des questions sur lesquelles il n'est pas censé avoir acquis des connaissances spéciales.

Pour que le lecteur puisse comprendre parfaitement ce qui va suivre , il faut qu'il ait d'abord étudié et compris l'anatomie et les usages de chaque partie des dents , tels que je les ai décrits dans mon Histoire naturelle des dents humaines, à laquelle je serai obligé de renvoyer fréquemment. S'il n'a pas fait cette étude préalable , le dentiste sera embarrassé pour se rendre compte de plusieurs des maladies et des symptômes qui sont ex* posés dans cet ouvrage, et il conservera beaucoup d'erreurs vulgaires dont il se sera imbu en conversant avec des personnes ignorantes , ou en lisant des ouvrages sur l'anatomie et sur la physiologie des dents, dont les auteurs n'avaient pas une connaissance suffisante du sujet.

Quelle que soit celle des parties qui ont des connexions avec les doits, qui ait été primitivement malade , ce sont ordinairement les dents qui manifestent la plus grande 8oufYk*ance. Aucune de ces parties ne peut subir un désordre quelconque sans qu'il en résulte pour les dents des efifets morbides ^i tendent à détruire ces organes.

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