LE BOURBONNAIS
U n'y ^vait pas 4e spectacle au monde qin .put fournir des tableaux plus g>r»cienx a ma .pensée^. un excès d-épanouissément et de joie plus iavocuble à toutes mes affections que ce ^ûjiajge prolongé que j'allais ^eonrtinuer au mi^ lieu des venda tiges de côlterpartiedeQa^France'. .Malheureusement ^je venais d^y «entrer par \k porte de la dptaleur^ mon ame.contristée par les émotions les plus déchirantes était devenue totalement incapable de jouir de cette vud.
Dans chaque scène d'allëgresse rustique^ je voyais sans cesse Maria derrière le théâtre^ assise sous son peuplier, nonchalante et pensive ; déjà je touchais à Lyon que je n'avais encore pu jeter une ombre sur ce triste prestige.
Chère sensibilité ! source inépuisable de tout ce qui est précieux dans nos plaisirs, de tout ce qui est coûteux dans nos peines ! tu peux river la chaîne de ce captif gisant sur son lit de paille! tu peux aussi l'élever jusqu'aux cieux. Source éternelle de toutes nos émotions affectueuses ! c'est ici que je trace l'empreinte de ton passage et que je sens ta présence; c'est ta divinité qui remue , qui exalte en moi le sentiment de l'existence, non, parce que dans quelques momens de tristesse et de morosité mon ame se contracte sur elle-même et recule devant sa destruction , Vaines et pompeuses paroles! mais parce que je sens que des plaisirs subUmes, des soucis généreux m'attendent au-<lelà de moi-même. Oui , tout vient de toi, puissant moteur! grand sensorïum de l'Univers! un cheveu qui échappe de notre tête dans le désert le plus reculé de ta création, ne tombe point sans ton ordre, sans exciter une vibration dans ton essence. C'est
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toi qui touches le cœur d'Eugène; qui le guides vers la couche où me retient la douleur. Je le vois soulever mes rideaux^ écouter avec patience le récit . de mes symptômes fiévreux et accuser l'inclémence du temps de ce désordre sympathique qu'il éprouve lui-même dans ses nerfs: ce pâtre rustique et à demi sauvage, .qui traverse les flancs les plus glacés de la montagne y n'échappe point à tes fiaveurs ; tu Tenrichis parfois d'une portion honorable de sensibilité^ qu'est-ce que cet innocent animal k demi déchiré qu'il tient dans ses bras ? c'est l'agneau d'un troupeau voisin. Je vois le berger à l'instant même , la tête penchée sur sa houlette et ses regards inclinés de compassion vers la douce victime; oh! s'il fût arrivé quelques momens plutôt ! l'animal saigne^ une dent féroce l'a frappé à mort ^ le cœur de cet homme semble saigner avec lui.
* Oh ! que la paix t'accompagne y pasteur généremt. Sans doute! je vois dans ta démarche Je souci qui afflige ton cœur; mais des plaisirs purs viendront bientôt balancer tes peines : heureuse est la chaumière que tu habites; heureuse l'épouse qui la partage avec toi; heureux sont les agneaux qui peuvent bondir à tes côtés.
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