‹ Œuvres complètes de L. SterneChapitre 33 sur 92 · LES GRACES · texte numérisé non relu

LES GRACES

(^uand le souper fut terminé , le vieillard frappa sur la table un léger coup avec lé manche de son couteau , pour donner le signal dé se préparer à la danse. Aussitôt les femmes et les jeunes filles se retirèrent dans la chambre du fond^ pour nouer leur chevelure. Les jeunes gens sortirent k la porte pour laver

sentimb'htai.. 2S5

Icars visages et changer leurs sabots contre des chaussures plus légères. En moins de trois minutes , on vit tout le monde réuni sur une petite esplanade ^ en face de la maison , e( pré* paré à commencer. Le vieillard et sa femme sortirent les derniers et me placèrent au milieu d'eux sur un sopha de gazon élevé* près de la porte.

Le vieillard avait y pendant cinquante ans ^ été un fort bpn. joueur de vielle ^ et à son âge il la touchait encore passablement pour son, objet.

Sa femme mêlait de temps à autre quelques chants au son de Tinstrument ; puis elle se reposait^ puis se mettait de nouveau à l'unisson avec son vieil époux y tandis que les enfans sautaient joyeusement en cadence devant ce couple vénérable.

Vers le milieu de la seconde danse ^ il se fit quelque repos dans le mouvement. Les re-» gards semblaient se lever vers le ciel. Je crus remarquer une élévation de l'esprit bien différente, de celle qui.r&ulte de la simple expansion de l'allégresse. En un mot il me sembla qu'un sentiment religenx se mêlait k cette danse ^ ipais comme je n'avais jamais vu de culte ^câébré do cette manière ^ je repoussai

celte idée i^omme une de ces illasions fiintarti-» que$ de mon imaginaliou toujours si habituée à m'^ar^r.

. Mais le vieilUird^ aussitàt la danse finie ^ md dit qu'elle était pour eux d'un usage journa-* lier ; que %Qm lea jours de sa vie il s'était fait une règle CQn3tante d'appeler toute sa finnille à danser ^ et à se réjouir chaque soir après couper y et cela dans la ferme confiance qu'un esprit joyeux et content était la meilleure e;-pèce tPactêonn de eaiCES que put rendre à Tauteur de tous les biens un simple villageois ignorant. Vous pourriez ajouter , et le plus savant des prélats ^ lui dis«]e.

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