I^A FAUSSE DÉLICATESSE
Ma résolution une fois prise , ]e me mis à préparer les e^cose» que la politesse Tonlait que \Q £90e à la beUa Piémontaîse y pour un départ aUfsi brusque ; c^était une infraction au traité qae PQua avions Ait ensemble , et qui me hait î^^qu'À TiirJA* 11 me &Uait donc un manifeste i^alogétlqofv Si notre première copventioa avait essuyé quelques atteintes^ les incidens«t afiâ4eQ^ q«4 «^ftiei»( o^easiofiiié œtte^ appareuiÇfl dp vJK^Ugn po^v/iieni t^nif liau de ju^lî^tion. Maia îci.c'était yiokr ouvertement un second traité > a prêts um rali&cation lokni* i\ell^ et reljigieiiee. .Coinment dom) oae^f-on faire aux ppte^lats de la. tei^^e un drimed'une rrpr^e d'bostilUiés^ lèpres un traité définitif ^ quand on voit, cette ib.ule d'évéaemens inatteadi;ts et impfcy^$ q«i peuV4iut rouvrir le
St6o VOTAGS
temple de Janus ? Pendant que je faisais ce beau soliloque^ la dame entra dans ma chambre^ et me dit que les voituriers étaient prêts ainsi que leurs mulets. Eugène y si la rougeur peut élre un signe de modestie naturelle ou de honte , et non la marque du crime ; je t'avouerai que mon visage devint cramoisi^ et que ma langue me refusa le service. « Madame... une lettre » , je ne pus en dire davantage. Elle vit ma confusion , mais elle ne fit pas semblant dé s'en apercevoir.
« Nous resterons^ monsieur, jusqu'à ce que vous ajez fini votre lettre. » Mon trouble re-» doubla ; et ce ne fut qu'après une pause de quelques minutes, qu'appelant à mon aide toutes les puissances de la rëscAution et de l'amitié, je pus lui dire : « 11 faut que j'en sois moi-même le porteur. »
T'est-il jamais arrivé, dans un besoin pressant, de t'adresser à un ami équivoque |>our loi demander dé Targent? Que se passait<-il alors dans ton ame pendant que tu examinais l'agitation de ses muscles , que tu voyais la terreur ou la compassion se peiudre dans ses yeux , et que ton homme faisant taire les teu-^ dres émotions du cœur, et se tournant vcr^ toi, avec uu sourire malin ^ te demandait r
SENTIMENTAL. aG(
a OÙ sont mes sûretés? » As-tu jamais brûlé pour une beauté impérieuse^ dans laquelle ta avais concentré tes vœux , tes espérances et ton bonheur? C'en est fait : la résolution en est prise. Tu lui découvres le secret de ton cœur: tu tiens^ dans ce moment terrible, les yeux fixés sur les siens. Malheureux! que vas-tu devenir? Son indignation éclate, chacun de ses regards est un 'trait qui te tue. Voilà précisément , Eugène , ce qui m'arrive. Figure-toi la belle Piémontaise recueillant tout son orgueil et toute sa vanité dans un même fojer , le -tout xenforcé par le ressentiment dout est animée une femme qui se croit outragée.
« Cest sans doute là, monsieur, de la politesse anglaise; mais die ne convient pas à d'honnêtes gens. »
« £h ! madame ! au nom du destin , du hasard ou de la fatalité, ou de tout ce qu'il vous plaira , pourquoi les incidens , les bizarreries de ma vie attirent-ils à une nation entière un' pareil, reproche? i>
Ce n'est pas bien, belle Piémontaise, mais, pars ! que le bonheur te suive et tfacoompague partout.
SS^ VOTAOB