‹ Œuvres complètes de L. SterneChapitre 52 sur 92 · LES ARMOIRIES- PARIS ET LONDRES · texte numérisé non relu

LES ARMOIRIES- PARIS ET LONDRES

Paris f ton emblème est un vaisseau : la

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Seine cependant n'est pas navigable. Que ne prends^'tu pour armes la croix de Londres avec une Notre-Dame ? car ton vaisseau remonte la Tamise avec le fluK> et jette Tancre dans le port marchand.

Dans laquelle des, neuf cent raes (je ne parle que des petites) de* cette capitale du monde ( car le moyen de cànt||ter aus Parisiens une dénomination qui^ à la vérité n'a jamais dé*passé de leur ville }« dans laquelle^- dis- je ^ de ses neuf cents rues préndrai*je un logement ? mais doucement ^ c'est ici que demeure ma belle marchande de gants. Elle est sur sa porte. Les filets de l'amour. , fiction des pciétes ^ sont une réalité chez elle, k Madame, ma' bonne fortune m'a jeté , encore une fois dans Votre quartier ^ sans que. j'y pensasse. Conhment «e porte madame ? A merveille , monsieur ^ encIifiDtçe de vous voir. » >

Quelle urbanité! quelle politesse de lan^ gage ! et c'est la femme d'un gantier qui parle ainsi. / . i .

l'ARRIÈRE-BOUTIQUE.

U. n'y a^vait pas dis; pimutes que oous âions .dans^l'arrière-boutiqiie^et ma belle marchande avait dé]à coulé. à fond toutes les nbuvelUs du

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}our. Je fus bientôt au fait des nouvelles liaisons entre les danseurs de i'Opérii ^ les filles d'iionneur ^ les filles de joie ^ et les ndlords anglais , les barons allemjinds et les marquis italiens. La rapidité avec laquelle elle dëfilait ^on chapelet ne peut se comparer qu'à celle du . Rhône > ou à la chute) du Niagara. Pans l'espace dé.dik niinut||, j'avais recueilli assez d'anecdotes scandaleuses pour en composa* deux gros volume^. «Mais à propos^ diUeUcy ave^-vouij qudques échantillons de nos nou^ velles manufactures de gants? » h Où en trouvei-on? )i Elle descend tin carton , et me feit voir une phai^nte collection. « Voilà des gants ' d'ambur:: M. le duc D*** eli est l'inventeur. C'est une histoire singulière j il faut que je vous la raconte. Madame la duchesse a poui* sigisbé un offîdsr écossais, qui a des éruptions d un genre particulier. Vous savez ^ monsieur ^ que cette nation est sujette à une maladie qui lui est propre^ c'est tout coiiime chez nous : tons les pays ont leurs maux. Le valet de chambre de madame dit en confidence à monsieur qu'il craigilait que le capitaine n'eût conununiqué à sa séignewie quelqM chose qu'il n'osait pas nomihes; ic Qu'est-ce que c^est^ dit le duc? ce n'est pas la §iie?)i Le valet de ehamibre leva

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les épaules ^ et la duchesse entra. La politesse De permettait pas au duc de demander un édaircisseineat à son épouse t il travailla donc à imaginer ua moyen d'éviter la contagion. Il avait entendu, parler d'un colonel anglais qui «vait eu Une très-boane idée dans une circon^ tance à-peu-'prè^ semblable. Mais son nom y qu'il avait donné à sa découverte ^ était si barbare y qu'il était impossible de le prononcer , a^ns blesser la décence. Le duo appela donc h. ûenne y ib^gaf Us d amours et maintenant ce^ gants sont en grailde 6ivettr à Paris. Mais il e.<t bon que vous saohiet que la duchesse n^aVait pas été inoculée^ et qu'elle mourut delà petite vérole quelques mois après. On dit que ses médecins s'étaient trompes sur la nature de sa maladie : ils n'avaient jamais été dans votre pays y et avaient oublié que la gale, où toute autre .maladie cutanée^ou non , peut se transe planter ici; mais j'espèrei^ajoàfa'-t*-èlle,en.me tançant à travers ses longs cils un regardamou*^ reux qui pénétra dans mon coeur plus- avaut que je. n'aurais cru ua.cdup**d'Œil ca]|^abte/da le faire; vous êtes amateur de la mode^ j'eS'4 .père que vous porterez de ces gants : j'en s«ii même bien sure; tout le monde ien porte. » A ces mots elle en tira plusieurs paijpes dé

difierenles grandears. Je les N'jctal presque tous comme étant trop grands pour ma main. A la fin elle m'^q montra une paire qne je crus me convenir à peu près. Je vais vous les essayer^ monsieur ^ , mais il faut que votre main soit bien petite pour qu'ils vous aillent t au contraire^ madame^ comme elle est très*chaude dans ce moment^ je crois que vous pouvez m'en essayer qui soient plus grands. « Elle se mit à côté de moi ^ et ^ j mettant les deux main^ , elle avait presque achevé la besogne y lorsque sQn mari vint à passer par la salle. ' Il secoua la tête en disant : Faites , faites'^ ne bougez* pas.

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