L'EFFET
Je ne sais comment vous expliquer cela , mais )'ai toujours éprouvé dans mon corps une espèce de tremblement quand un mari m'a trouvé en téte^-téte avec sa femme ; quoi'que dans une attitude très-honnéte. Certes^ on ne niera pas que celle dans laquelle nous étions^ la jolie marchande et moi, ne fût extré-^ mement décente *: d'ailleurs , c'était pour af* (aire. Peut-on blâmer une marchande dç gants de ce. qu'elle les Êiii essayer dans son arrièreboutique? .
SEKTtMENTAL. ^85
' Quoi qu'il en soit y rapparitibn subite du' bon homme avait rendu les gants presque inutiles ; ma main , je ne sais par quelle es<pèce de sympathie^ tremblait tellement qu'elle ne put plus faire son office. Elle glissa à travers le gant, et s'échappa de celle de ma belles « Mqu Di^a! dit elle, <5[u*avez-voùs ? »• « Je répondis tres-a-propos, ma ibi^ madame, )^ n'ai rien. » Vous vous trouva mal , monsieur : prenez une goutte' de Kqueur. Elle en avait dans un cabinet à côte, et elle m'en présenta. Ce cordial produisit quelque effet ,
niais pas assez pour dis,siper le trouble de mes esprits , occasionné par l'appîarition seule du mari : enso^te que je n^êus pas le courage d^essayer de sa jolie main une. seconde paire de gants • mais je la priai de m^en mettre de côté une couple de* paires des plus petits. «De quelle couleur monsieur les veut-il ? Noirs. Comment , avec des. rubans noirs^ sans être en deuil ?» . je la tirai d'inquiétude, en lui disant que j'étais «cclésiasf iqué , et que , quoique je ne fusse pas en deuil . je ne^ pouvais pas
décemment porter des gants , niémé des gants
et amour y qui seraient d'tâie'GOtileur plus éclatante. > <
Les gants C||ae '^j'avais essayes', etlaftavear' m. 19
586 VOYACfi
^ae m'avait causée le mari , m'avaient fait on* blier le sujet qui m'avait amené dans celte boutique. -^ AIai& U vérité est qu'avant de passer dans rarriorer boutique ^j'avais déjà pris mes mesures ^ c'est^à-^dire ^ que j^. m'étais assuré d'uii logement» Quant à ce qui regardait mon malheureux compagnon dje voyage ^ ccU ne devait pa». aller jusqu'à elle. Je me devais à moi-même , ausà-bteo qu'à mon. nouvel ami^ d'être très-»4isei(et sur cet arlicJLe*
LA MÉDISÀIÏCE.
Comme je connaisle bon naturel et la loyauté de mes bons amis Ids critit[ues^ je ne doute pas que ce dernier chapitre ne soit condamné^ sans Jury, aux assises du mois desa^uteurs^ et que ce tribunal, car c'en est un, ne me déclare coupable de haute trahison contre le souverain, là (^técence^ pour l'avoir écrit, quoiqu'il n*y ait pas un trait , une étoile ou un astérisque dans mon ouvrage . qui ait pu alarmer leur vertu: mais, comh^e je me trouvé ici parmi
mes pairs, je proteste amsi qu u suit :
CI Je n'adhère pas 4 ladite xésplutiôn, pasce. D que je suis entièrement convaincu qu'ils ne n comprennent p^ ledit chapitra ^ et pacce
SENTIMENTAfi. ^87
« que , sans entrer dans une explication corn- « plète sur. ce sujets je suis d^avis qu'il est au-'
tt dessus de leur intelligence;»