CHAPITRE PREMIER
Qui ne surprendra pas.
Je vous suis, dis»je à mon hôte Mais,
eonime il ouvrait la porte^ je visarriver decuC ouvriers! qui m'apportaient les vases de aitei4)ré que j'avais commandes au faubourg St.-An-^ toine*.... f( Entrez, mes amîs j et , quoique j'aîe une affaire, je veux faire la vôtre avant que de sortir..... n Ils posèrent à terre mes deux vases^ Je les regardais, je les trouvais beaux; et je cherchais sur le visage^ de ces deux hommes à voir s'ils partageaient* mon* approbation. EU les regardant, je. levai lin. couvercle; pour le remettre je me baissai,- et je le vis casse. Je relevai la tête pour parler; l'un de ces hommes xne regarde avec doulenr i Helas ! oui , mon«r sieur ^ il. est .cassé ; mon camarade en mourra de chagrin,; il n'a pas osé venir, il a craiiÀ yotre colère* Si notre i^aitre le sait, oh! oui*, Jacques en .mourra. » Le son de voix de cet Jbomnie, rémotion de son anie avait déjà re^ pmé h mienne. Hélas ( disais-jeen moi-même', î'ai eu Màe fanljaisie , et , aux jeux d'un Anglais, «ine fiintaisie est nue sottise^ Je voulais avoir du plaisir, et )'ai &it descendre la douleur dgns
Tame de ces bpnnes gens. Je les regardais^ et je crus m'apercevoir que mon silence avait augmenté leur trouble: les yeux de celui qui venait de parler étaient pleins de larmes./. «Eh non, nQ&j/dis-je > en élevant la voix y Jacques «e çipDjTFft pas.^. V/ous ^tea donc son atniij -^ Ah l mosàsiâ^wc^ Jacqueà est un si bon: garçon^ il bra^vaiDf si bien ^ U a tant de. malheur '^ une fiamxne^ quatre petitaenians 1 c'est lulx^uî faib vivire tQUt osb.ObJ mon boa ipilord^ ayra pitié d^> lui y de sa .paovns famille tit de .moi ? si npXr.e- mititrie vient à savoir U màlfaqur qui lui fs!L,^vi:inéy il renverra Jaoqàesy îLaerâ perdu ^ ^t^scsrfîiifi^ilset sa &mmâ.««^ V^eif aibe né le gâu^a jappais , mesamis ; aUézH^vadSHeb y çalmel 1^ çl^rioi4e-Ja<|<lMs>et4liies 'loi bionique je fhfi suî^pqiat eb wttvfii Adien;s»ye^ traaqailles, 4e ^s^()QAternlU.;.>i Je jehdiB la joie àl'asci^ de ffft^^qpfts^. et k celai qoi était vonu^sivec lui. J^i^p^s gmx. et leyrk^gesles m'eiprioûneDt leur r^C0ii9bissttat<ie, [avec ..plue d'éloqaencei qu'uH Q^teur.ide la cbanibneldes communes a'eti met k attaquer ua mioistjre em place i^^iâ liortis avee eui^3 )^4e trouvai pkui wbsth6te wiais La Plj^or vBMftit tn'atertîf i|U;'U était iem]tod'eiler dfaer chn e9adai9e'4&.«w-^' !oà j'avais prémib d'aller i) y avait deuiC îobrfi..«i. ci Monsi^tor . veût^il «a
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carrosse ^ me dit La Fleur? vous en irez plus vile. — Oui^ dis-je^ mais ce ne sera pas pour y «ire plutôt I mais pour jouir de rëmoUon que je viens d'avoir.... t) J^ai déjà dit queimpn ame aimait Iç repos^ lorsqu'elle était. animée par sa propre sensibilité ou par celle des autres.. La Fleur revint dans l'iostant. « Voilà ^ dit-il j, le carrosse. » J'y montai sap? voir La Fleur, je ne voyais plus que Jacques. Il a souffert ^.me disais^-je : il sera lêntré cl^ez lui lûcr au soir sans plaisir ; s^s enfans l'aunont embrassa ^ i^ leur aura ouvert les bras ; mais son tme aura été fennec à la joie j. sa femme aura pressé, ses joues ^ m^is son cœur n'en aura rien senti. Âlil ma Lisette ^ conçois- tu bien tout le mal qu'on me ferait . si on m'enlevait à la tendresse .et au charme qui me pénétrera ^ lorsque mon cœur sera prèa du tien, lorsque ta main sera dans la mienne. Je t'ai fait mal, Jacques , je t'ai privé dek plus do;^ce consolation que la .nature ait donnée à ses enfans.. . J'en étais là , lorsque U carrosse s'arrêta. La Fleur vint ouvrir l^.por*^ tière : « Mon ami , lui dis-je , il faut qpQ iu spulagesinon cœur j il est opprimé par,ce qu'a souffert Jacques, -*-* ;£t où est Jacques ? quel est-fil ? queLmal a-^t^^ ? — .£coutez-ipoi ^l^ Fleur .: yom itea un bon garçon ^ vous.avex.pi^*.
îoé VOYAGE
lie des malheureux:... » Le visage de Xiar Fleur, quittait toujours épanoui^ conimençaii à pren*^ dre une teinte de sensibilité ; sa tête se baissait y et il semblait me remercier de le connai- Ire si bien et de le lui dire, «c Oui ^ mon ami , il ' nousr faut secourir un malheureux : je suis canse qu'il a souffert ; ce Jacques est un ouvrier qui a cassé le couvercle d'un de mes vases de marbre.... -— Et cela a mis en colère mon-* «cur contre lui? Je vais ^ je cours hii dire que vous n'êtes plus lâché » , et La Fleur courait déjà. Je le saifîs par le bras : a Ecoutez-moi , mon ami: je n'ai point vu Jacques; il craignait trop , il était trop affligé pour paraître... *^ Le pauvre malheureux! disait tout bas La Fleur. — Il m'a envoyé son ami. Oh \ la bonne ame que cet ami ! il souffrait autant que Jacques. Il m'a dit que si je me plaignais k leur maître , Jacques en mourrait , qu'il serait renvoyé, et que, s'il n'avait plus d'ouvrage, il serait perdu et toute sa^inmille. — Il ia une' femme, ine dit LaFleur avec attendrissement!.. •^* Oui , La Fleur, et quatre petits enfans que m^n travail fait vivre. — ^ Oh ! motisîeur , moniîeur; reprit La Fleur , il faut que nous délivrions Jacques de son- malheur.—^ C'est bien mon intention. Mon ami , il faut que lu ailles
SENTIMENTAL. 5oi
k trouver ; tu lui diras que je ne suis point fâché contre lui y mais que j'ai du cLagrin de ce qu'il a souffert j » et ^ en disant cela , je tirai ma bourse : « Tieùs y La Fleur , voilà douze francs que tu donneras à ce pauvre Jacques ; cela fera du bien à sa femme.... — La bonne femme ^ disait La Fleur ^ elle aime sûrement son mari ^ c'est un si brave homme ! — Oui ^ dis-je , il est pauvre , il est sensible ^ il a des enfans.... »^ et je soupirais en prononçant ce dernier mot.... u Ce n'est pas tout ^ La Fleur ^ il faut que vous alliez chercher l'ami de Jacques^ que vous le tiriez à part. — Oui vraiment, dit La Fleur j il faut que le maître ne sache rien de tout cela. — Vous lui direz que ce monsieur chez qui il a été ce matin , a été si content de la manière dont il a demandé grâce pour son ami , qu'il lui envoie six francs pour boire et pour l'engager y non seulement à défendre son ami , mais à ne jamais accuser ses camarades.-— Oui, oui, monsieur, votre commission va être faite. Jacques ne sera plus malheureux : son ami , sa femme , vous, moi , nous serons tous contens. J'embrasserai sa bonne femme, je verrai ses petits enfans; je cours et je reviens.*.. » Que je me sentis soulagé pai^ le peu de^bien que je venais de faire Im. 30
don VOYAGE
je m^ sentais eocore doucement ému par la bonté' active de La Fleur... L'iioanéte crëaturet disais- je. Pourquoi la Providence ne la-t-elle pas placée daps la classe des hommes qui peuvent secourir et soulager leurs semblables , et dont la plupart ont U cçeur inaccessible aux malheureux? En disant cela ^ je me trouvai
dans l'antichambre de madame G Bon !
disais- je ^ je dînerai mieux ^ je serai de meil^ ' leure compagnie, mon pauvre Jacques va être content; et; j'entrai dany la chambre où il y avait dix ou douze personnel qui dînaient toua les mercredis chez madame G