‹ Œuvres complètes de L. SterneChapitre 67 sur 92 · L E T T H ES · texte numérisé non relu

L E T T H ES

ÉL1Z\ A YORICIL

Mon Bramine ,

Je vous apprends avec plaisir que je suis mieux ^ parce que je crois que vous aurez du plaisir à le savoir.

Un ami y dites-vous ^ a le même droit qu'un médecin.

Yous avez donc un double droit ^ et comme ami^ et comme' médecin : le plus estimable des médecins, le médecin de l'ame , venez donc voir Eliza , apportez avec vous le.meil* leur des cordiaux. . . . celui du sentiment. ... Si votre conversation ne fait pas disparaître mon mal, elle pourra me faire oublier que je suis malade.... Je suis sûre, du moins, de ne sen< tir aucune douleur , tant que vous serez avec moi.

Ainsi , vous voir est le désir et l'intérêt dTÊUza.

A dix heures.

B^YORICK ▲ ÉLIZA. 355

YORICK A ÉLIZA

Éliza , j'ai reça ta dernière hier au soir ^ en revenant de chez le lord Bathurst , où j*ai dîné, où j'ai parle de toi pendant une heure sans interruption : le bon vieux lord m'écoutail avec tant de plaisir , qu il a , trois différentes fois , Soasté votre santé. Quoiqu'il soit dans sa quatre-vingt-cinquième année , il dit qu'il espère de vivre encore assez de temps pour devenir l'ami de ma belle disciple indienne , et la voir éclipser en richesses toutes les autres femmes du Nabad , autant qu'elle les surpasse déjà en beauté^ et, ce qui vaut mieux, en vrai mérite... Je Fespère aussi.... *

Ce seigneur est mon vieux ami Vous

savez qu'il fut toujours le protecleur des gens d'esprit et de génie; il avait tous les jours à sa table ceux du dernier siècle, Adisson, Steelc,

Pope, Swift, Prior, etc La manière dont

il s'y prit pour faire ma connaissance est aussi singulière que polie. Il vint à moi un jour que l'étais à faire ma cour à la princesse de Galles... ce J'ai envie de vous connaître, M. Sterne; K mais il est bon que vous sachiez un peu qui

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