LES OREILLES DU LIEVRE
^ r '^ n animal cornu blessa de quelques coups 0 iV*' \ ■ Le Lion, oui plein de courroux, aV^' d» ^our ne plus litmlirr en la peine.
Toute bcste por-
Chèvres, Beltcrs, I aureaux aussitost délogèrent.
Daims, et Cerfs de climat changèrent ;
Chacun a s'en aller fut prompt.
La Fontatnt. — I. 10
146 Fables choisies.
Un Lièvre appercevant l'ombre de ses oreilles,
Craignit que quelque inquisiteur N'allast interpréter à cornes leur longueur : Ne les soutint en tout à des cornes pareilles. Adieu voisin Grillon, dit-il, je pars d'icy; Mes oreilles enfin seroient cornes aussi : Et quand je les aurois plus courtes qu'une Autruche, Je craindrois mesme encor. Le Grillon repartit. Cornes cela? vous me prenez pour cruche;
Ce sont oreilles que Dieu fit.
On les fera passer pour cornes, Dit l'animal craintif, et cornes de Licornes. J'auray beau protester ; mon dire et mes raisons
Iront aux petites Maisons.