‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 136 sur 333 · I. Da djM les Mitiont de 1668 et de · texte numérisé non relu

I. Da djM les Mitiont de 1668 et de

164 Fables choisies.

A tous les accidens ; mais il n'a pas préveu

Que je sçauray souffler de sorte Qu'il n'est bouton qui tienne : il faudra, si je veux,

Que le manteau s'en aille au diable.

L'ébatement pourroit nous en estre agréable : Vous plaist-il de l'avoir? Et bien gageons nous deux

(Dit Phœbus) sans tant de paroles, A qui plus tost aura dégarny les épaules

Du Cavalier que nous voyons.

Commencez : Je vous laisse obscurcir mes rayons. Il n'en falut pas plus. Nostre souffleur à gage Se gorge de vapeurs, s'enfle comme un ballon ;

Fait un vacarme de démon; Siffle, souffîe, tempeste, et brise en son passage Main toit qui n'en peut mais, fait périr main bateau;

Le tout au sujet d'un manteau.

Le Cavalier eut soin d'empescher que l'orage

Ne se pût engoufrer dedans.

Cela le préserva : le vent perdit son temps : Plus il se tourmentoit, plus l'autre tenoit ferme : Il eut beau faire agir le colet et les plis.

Si-tost qu'il fut au bout du terme

Qu'à la gageure on avoit mis,

Le Soleil dissipe la nuë: Recrée, et puis pénètre enfin le Cavalier ;

Sous son balandras fait qu'il sue;

Le contraint de s'en dépouiller.

Encor' n'usa-t-il pas de toute sa puissance.

Plus fait douceur que violence.

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