Livre sixième. i
, Ce ne fut pas sans bien tourner.
L'un alleguoit que l'héritage Estoil frayant et rude, et l'autre un autre si.
Pendant Qu'ils marchandoient ainsi, Un d'eux le plus nardy, mais non pas le plus sage, Promit d'en rendre tant, pourveu que Jupiter
Le laissast disposer de l'air,
Luy donnast saison à sa pise, Qu'il eust du chaud, du froid, du beau-temps, de la
Enfin du sec et du mouillé, [bise,
Aussi-tost qu'il auroit baaillé.
Jupiter y consent. Contract passé; nostre homme Tranche du Roy des airs, pleut, vente, et fait en somme Un climat pour luy seul : ses plus proches voisins Ne s'en sentoient non plus que les Amenquains'. Ce fut leur avantage; ils eurent bonne année,
Pleine moisson, pleine viné«.
Monsieur le Receveur fut ires-mal partagé.
L'an suivant voila tout changé.
Il ajuste d'une autre sorte
La température des Cieux.
Son champ ne s'en trouve pas mieux.
Celuy de ses voisins fructifie et rapporte. Que fait-il? il recourt au Monarque des Dieux :
1! ■ son imprudence.
Jupiter « :nme un Maistre fort douï.
Concluons que la Providence
Sçait ce qu'il nous faut, mieux que nous.