‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 155 sur 333 · LA DISCORDE · texte numérisé non relu

LA DISCORDE

|a Déesse Discorde ayant brouillé les Dieux, [Et fait un grand procès là haut pour une pomme ;

On la fit déloger des Cieux.

Chez l'Animal qu'on appelle Homme On la reçeut i bras ouverts, Elle, et Ôuc-si-quc-non son frère, AvecQue Tien-et-mien son père.

Elle nous fit l'honneur en ce bas Lnivers

De prclerer nostre Hémisphère A celuy des mortels qui nous sont oppose/ :

Et qui Se .ans Notaire.

i8o Fables choisies.

De la Discorde n'ont que faire.

Pour la faire trouver aux lieux où le besoin

Demandoit qu'elle fût présente,

La Renommée avoit le soin De l'avertir ; et l'autre diligente Couroit viste aux débats, et prevenoit la paix, Faisoit d'une étincelle un feu long à s'éteindre. La Renommée enfm commença de se plaindre

Que l'on ne luy trouvoit jamais

De demeure fixe et certaine , Bien souvent l'on perdoit à la chercher sa peine. Il faloit donc qu'elle eust un séjour affecté, Un séjour d'où l'on pûst en toutes les familles

L'envoyer à pur arresté.

Comme il n'estoit alors aucun Couvent* de Filles

On y trouva difficulté.

L'auberge enfm de l'Hymenée

Luy fut pour maison assinée".

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