‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 156 sur 333 · Livre sixième. iSi · texte numérisé non relu

Livre sixième. iSi

Que ce fust \d mesme personne.

L'une fait fuir les gens, et l'autre a mille attraits ; Aux soupirs vrais ou faux celle-là s'abandonne : C'est toujours mesme note, et pareil entretien :

On dit qu'on est inconsolable;

On le dit mais il n'en est rien,

Comme on verra par ceste Fable,

Ou plustost par la vérité.

L'Epoux d'une jeune beauté Partoit pour l'autre monde. A ses costez sa femme Luy crioit, Attends-moy ; je te suis; et mon ame Aussi bien que la tienne, est preste à s'envoler.

Le Mary fait ' seul le voyage.

La Belle avoit un père homme prudent et sage :

Il laissa le torrent couler.

A la fin pour la consoler :

Ma fille, luy dit-il, c'est trop verser de larmes : Qu'a besoin le défunt que vous noyez vos charmes.-* Puisqu'il est des vivans, ne songez plus aux morts.

Je ne dis pas que tout à l'heure

Une condition meilleure

Change en des nopces ces transports :

Mais après certain temps souffre/ qu'on vous propose Un ^poux, beau, bien fait, jeune, et tout autre cnosc Que le défunt. Ah! dit-elle aussi-tost.

Un Cloistre est l'époux qu'il me faut.

Le père luy laissa digérer sa disgrâce.

Un mois de la sorte se passe.

L'autre mois, on l'employé â cnanger tous les jours Quelque chose i l'habit, au linge, à la coifure.

Le deuil enfin sert de parure,

En attendant d'autres atours.

Toute la bande des Amours Revient au colombier : les jeux, les ris, la danse

Ont aussi leur tour à la fin.

On se plonge soir et matin

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