‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 160 sur 333 · DE MONTESPAN · texte numérisé non relu

DE MONTESPAN

'apologue est un don qui vient de<; immortels; Ou SI c'est un présent des hommes, [Quiconque nous l'a fait mérite des Autels. Nous devons tous tant que nous sommes Ericer en divinité Le Sage par qui fut ce bel art inventé. C'est proprement un charme : il rend l'ame attentive. Ou plustost il la tient captive, Nous attachant à des récits Qui meinent i son gré les cœurs et les esprits. O vous qui l'imitez, Olimpe. si ma Muse A quelquefois pris place a la table des Dieux, Sur ses dons au|ourd'huy daicnez porter les yeux, F,' musc.

L< it vostrc appuy

Me laissera tranchir les ans dans cet ouvrage : Tout Auteur qui voudra vivre encore après luy.

Doit s'acquérir vostre suffrage.

C'est de vous aue 'il tout leur prix :

il n'est Deji Dont vous ne connoissiez )usqucs aux moindres trac(*s; Eh' qui connoist que vous les beautez et les gr.ices-

l86 DEDICACE

Paroles et regards, tout est charme dans vous.

Ma Muse en un sujet si doux

'Voudroit s'étendre davantage;

Mais il faut reserver à d'autres cet employ,

Et d'un plus grand Maistre que moy

Vostre louange est le partage.

Olimpe, c'est assez qu'à mon dernier ouvrage Vostre nom serve un jour de rempart et d'abri : Protégez désormais le livre favori Par qui j'ose espérer une seconde vie :

Sous vos seuls auspices ces vers

Seront jugez malgré l'envie

Dignes des yeux de l'Univers.

Je ne mérite pas une faveur si grande :

La Fable en son nom la demande :

Vous sçavez quel crédit ce mensonge a sur nous ; S'il procure à mes vers le bonheur de vous plaire, Je croiray luy devoir un temple pour salaire; Mais je ne veux bastir des temples que pour vous.

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