‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 162 sur 333 · Livre septième · texte numérisé non relu

Livre septième

Qu'il faloit dévouer ce maudit animal,

Ce pelé, ce galeux, d'où venoit tout leur mal.

Sa peccadille tut jugée un cas pendable.

Manger l'herbe d'autruy ! quel crime abommable'

Rien aue la mort n esloit capable D'expier son forfait : on le luy fit bien voir. Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugemens de Cour vous rendront blanc ou noir.

LE MAL MAKIÉ.

ue le bon soit toujours camarade du beau, Dés demain |e chercheray femme; (Mi le divorce entre eux n'est pas

Et que peu de beaux corps hostes d'une belle amc

Assemblent l'un et l'autre poinct.

Ne trouvez pas mauvais que |e ne cherche point. J'ayvei; '-.-nt:

Cepenc .

S'exposent hardiment au plus grand des ha/ards , Les quatre parts aussi des humains se repentent. J'en vais alléguer un qui s'estant repenti,

Ne put trouver d'autre p^rti,

Que de renvoyer son épcusc

Querelleuse, avare, et jalouse.

Kicn ne la contentoit, rien n'est • —"^ ' *• *

On ^e Ipvnit trnp t.ird, nn s«* c<

F' clioit ;

Monsieur ne songe i rien. Monsieur dépense tout, Monsieur court, Monsieur se repose.

190 Fables choisies.

Elle en dit tant, que Monsieur à la fin

Lassé d'entendre un tel lutin,

Vous la renvoyé à la campagne Chez ses parens. La voila donc compagne De certaines Philis qui gardent les dindons

Avec les gardeurs de cochons.

Au bout de quelque-temps qu'on la crut adoucie, Le mary la reprend. Eh bien qu'avez-vous fait?

Comment passiez-vous vostre vie? L'innocence des champs est-elle vôtre fait?

Assez, dit-elle; mais ma peine Estoit de voir les gens plus paresseux qu'icy :

Ils n'ont des troupeaux nul soucy.

Je leur sçavois bien dire, et m'attirois la haine

De tous ces gens si peu soigneux.

Eh, Madame, reprit son époux tout à l'heure.

Si vostre esprit est si hargneux

Que le monde qui ne demeure Qu'un moment avec vous, et ne revient qu'au soir.

Est déjà lassé de vous voir.

Que feront des valets qui toute la journée

Vous verront contre eux déchaînée?

Et que pourra faire un époux Que vous voulez qui soit jour et nuit avec vous? Retournez au village : adieu : si de ma vie

Je vous rappelle, et qu'il m'en prenne envie, Puissay-je chez les morts avoir pour mes péchez, Deux femmes comme vous sans cesse à mes costez.

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