‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 17 sur 333 · Livre premier · texte numérisé non relu

Livre premier

Il peut le déclarer sans peur :

Je mcttray remède à la chose.

Venez Singe, parlez le premier, et pour cause. Voyez ces animaux : faites comparaison

De leurs beautez avec les vostres.

Estes-vous satisfait.'' Moy, dit-il, pourquoy non.? N'ay-je pas quatre pieds aussi bien que les autres? Mon portrait jusqu'icy ne m'a rien reproché. Mais pour mon frère l'Ours, on ne l'a qu'ébauché. Jamais, s'il me veut croire, il ne se fera peindre. L'Ours venant là-dessus, on crut ou'il s'alloit plaindre. Tant s'en faut; de sa forme il se loua très-fort; Glosa sur l'Eléphant : dit qu'on pourroit encor Ajouter à sa queue, oster à ses oreilles : Que c'estoit une masse informe et sans beauté.

L'Eléphant estant écouté, Tout sage qu'il estoit, dit des choses pareilles.

Il jugea qu'à son appétit

Dame Baleine estoit trop grosse. Dame Fourmy trouva le Ciron trop petit,

Se croyant pour elle un colosse.

Jupin les renvoya s'estant censurez tous : Du reste contens d'eux ; mais parmy les plus fous Nostre espèce excella ; car tout ce que nous sommes , Linx envers nos pareils, et Taupes envers nous. Nous nous pardonnons tout, ctrienaux autres hommes: On se voici d'un autre œil qu'on ne void son prochain.

Le fabriquateur souverain Nous créa Bcsaciers tous de mesme manière, Tant ceux du temps passé que du temps d'aujourd'huy. Il fit pour nos délaux la poche de derrière. Et celle de devant pour les défaux d'autruy.

46 Fables choisies.

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