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Le dégoûté.
198 Fables choisies.
Par leur exemple et leurs sons éclatans Font que Venus est en nous réveillée ; Ny ceux encor que la Mère d'Amour Met à son char : mais le peuple Vautour Au bec retors, à la tranchante serre, Pour un chien mort se fit, dit-on, la guerre. Il plut du sang; je n'exagère point.
Si je voulois conter de poinct en poinct Tout le détail, je manquerois d'haleine. Maint chef périt, maint héros expira; Et sur son roc Prométhée espéra De voir bien-tost une fm à sa peine.
C'estoit plaisir d'observer leurs efforts ; C'estoit pitié de voir tomber les morts. Valeur, adresse, et ruses, et surprises. Tout s'employa : Les deux troupes éprises D'ardent courroux n'épargnoient nuls moyens De peupler l'air que respirent les ombres : Tout élément remplit de citoyens Le vaste enclos qu'ont les royaumes sombres. Cette fureur mit la compassion Dans les esprits d'une autre nation Au col changeant, au cœur tendre et fidèle. Elle employa sa médiation Pour accorder une telle querelle.
Ambassadeurs par le peuple Pigeon Furent choisis, et si bien travaillèrent. Que les Vautours plus ne se chamaillèrent. Ils firent trêve, et la paix s'ensuivit. Helas ! ce fut aux dépens de la race A qui la leur auroit deu rendre grâce. La gent maudite aussi-tost poursuivit Tous les pigeons, en fit ample carnage. En dépeupla les bourgadeS;, les champs.
Peu de prudence eurent les pauvres gens, D'accommoder un peuple si sauvage.
Tenez toujours divisez les méchans ; La seureté du reste de la terre Dépend de là : Semez entre eux la guerre, »