‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 195 sur 333 · LE RIEUR ET LES POISSONS · texte numérisé non relu

LE RIEUR ET LES POISSONS

n cherche les Rietirs ; et moy je les évite. jCet art veut sHr tout autre un suprême mérite. Dieu ne créa que pour les sots Les méchans diseurs de bons mots.

J'en vais peut-estre en une Fable

Introduire un ; peut-estre aussi Que quelqu'un trouvera que j'auray réussi.

Un Rieur estoit à la table D'un Financier; et n'avoit en son coin Que de petits poissons; tous les gros estoient loin. Il prend donc les menus, puis leur parle à l'oreille,

Et puis il feint à la pareille D'écouter leur réponse. On demeura surpris :

Cela suspendit les esprits.

Le Rieur alors d'un ton sage

Dit qu'il craignoit qu'un sien amy

Pour les grandes Indes party,

N'eust depuis un an fait naufrage.

Il s'en informoit donc à ce menu fretin : Mais tous luy répondoient qu'ils n'étoient pas d'un âge

A sçavoir au vray son destin ;

Les gros en sçauroient davantage.

N'en puis-je donc. Messieurs, un gros interroger?

De dire si la compagnie

Prit goust à sa plaisanterie, J'en doute; mais enfin, il les sceut engager A luy servir d'un monstre assez vieux pour luy dire Tous les noms des chercheurs de mondes inconnus

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