‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 221 sur 333 · Livre HUITIÈME · texte numérisé non relu

Livre HUITIÈME

Perd l'esprit : la lecture a gasté Democrite. Nous l'estimerions plus s'il estoit ignorant. Aucun nombre, dit-il, les mondes ne limite :

Peut-eslre mesme ils sont remplis

De Democrites infinis.

Non content de ce songe il y joint les atomes, Enfans d'un cerveau creux, invisibles fantômes; Et mesurant les Cieux sans bouger d'icy-bas Il connoisl l'Univers et ne se connoist pas. Un temps fat qu'il sçavoit accorder les débats;

Maintenant il parle à luy-mesme.

Venez divin mortel ; sa folie est extrême. Hipocrate n'eut pas trop de foy pour ces cens : Cependant il partit : Et vovez, je vous prie,

Quelles rencontres dans la vie Le sort cause ; Hipocrate arriva dans le temps Que celuy qu'on aisoit n'avoir raison ny sens

Cherchoit dans l'homme et dans la beste Quel siège a la raison, soit le cœur, soit la teste. Sous un ombr , assis prés d'un ruisseau,

Les laL.....u., >. un cerveau L'occupoient. II avoit à ses pieds maint volume, Et ne vid presque pas son amy s'avancer,

Attaché selon sa coutume.

Leur compliment fut court, ainsi ûu'on peut penser. Le sa^e est ménager du temps et des paroles. Ayant donc mis â part les entretiens frivoles, Et beaucoup raisonné sur l'homme et sur l'esprit.

Ils tombèrent sur la morale.

Ils n'est pas besoin aue j'étale

Tout ce que l'un et l'autrr« Ah .

Le reat précèdent suffit I^our montrer ; ' uple est \u^ç rccuijoic

En qut! : donc véritable

Ce que ) ay icu dans certain lieu.

Que sa voix est U voix de Dieu r

254 Fables choisies.

Page 1