‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 223 sur 333 · Livre huitième · texte numérisé non relu

Livre huitième

De son arc toutesfois il bande les ressorts. Le Sanglier rappellant les restes de sa vie, Vient â luy, le découst, rMurt vangé sur son corps:

Et la perdrix le rftncrcie.

Cette part du récit s'adresse au convoiteux. L'avare aura pour luy le reste de l'exemple. Un Loup vid en passant ce spectacle piteux. O fortune, dit-il, je te promets un temple. Quatre corps étendus ! que de biens ! mais pourtant ll7aut les mesnager, ces rencontres sont rares.

(Ainsi s'excusent les avares,»

J'en auray, dit le Loup, pour un mois, pour autant. Un, deux, trois, quatrecorps, ce sont quatre sepmaines,

Si je sçais compter, toutes pleines.

Commençons dans deux jours; et mangeons cependant La corde de cet arc; il faut que l'on l'ait faite De vray boyau ; l'odeur me le témoigne assez.

En disant ces mots il se lette Sur l'arc qui se détend, et fait ae la sagette Un nouveau mort, mon Loup a les boyaux percez. Je reviens à mon texte : il faut que l'on jouisse; Témoin ces deux gloutons punis d'un sort commun ;

La convoitise perdit l'un ;

L'autre périt par l'avarice.

Page 1