‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 229 sur 333 · I. Ce vers 'troduii djM · texte numérisé non relu

I. Ce vers 'troduii djM

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264 Fables choisies.

Un villageois, considérant Combien ce fruit est gros, et sa tige menue, A quoy songeoit, dit-il, l'Auteur de tout cela? Il a bien mal placé cette Citroùille-là :

Hé parbleu, je l'aurois pendue

A l'un des chênes que voilà.

C'eût esté justement l'affaire ;

Tel fruit, tel arbre, pour bien faire.

C'est dommage, Garo, que tu n'es point entré Au conseil de celuy que prêche ton Curé ; Tout en eust esté mieux: carpourquoy, par exemple, Le Clan, qui n'est pas gros comme mon petit doigt,

Ne pend-il pas en cet endroit?

Dieu s'est mépris ; plus je contemple Ces fruits ainsi placez, plus il semble à Garo

Que l'on a fait un quiproquo.

Cette reflexion embarrassant nôtre homme; On ne dort point, dit-il, quand on a tant d'esprit. Sous un chêne aussi-tost il va prendre son somme. Un Glan tombe; le nez du dormeur en patit. Il s'éveille; et portant la main sur son visage, Il trouve encor le Glan pris au poil du menton. Son nez meurtri le force à changer de langage. Oh, oh, dit-il, je saigne! Et que seroit-ce donc S'il fût tombé de l'arbre une masse plus lourde.

Et que ce Glan eust esté gourde?

Dieu ne l'a pas voulu : sans doute il eut raison;

J'en vois bien à présent la cause.

En louant Dieu de toute chose

Garo retourne à la maison.

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