‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 237 sur 333 · LE CIERGE · texte numérisé non relu

LE CIERGE

l'est du séjour des Dieux que les Abeilles

viennent.

'Les premières, dit-on, s'en allèrent loger Au mont Hymette «, et se gorger De trésors qu'en ce lieu les zephirs entretiennent. Quand on eut des palais de ces filles du Ciel Enlevé l'ambroisie en leurs chambres enclose : Ou, pour dire en François la chose, Apres que les ruches sans miel N'eurent plus que la Cire, on fit mainte bougie :

Maint Cierge aussi fut façonné.

Un d'eux voyant la terre en brique au feu durcie Vaincre l'effort des ans, il eut la mesme envie ; Et nouvel Empedocle * aux fiâmes condamné

a. Hymette estoît une montagne célébrée par les Poètes, située dans l'Attique, et oh les Grecs recûeilluient d'excellent miel. (Note de La Fontaine.)

b. Empedocle estait un Philosophe ancien, qui, ne pouvant comprendre les merveilles du Mont Etna, se jetta dedans par une vanité ridicule, et trouvant l'action belle, de peur d'en perdre le fruit, et que la postérité ne l'ignorât, laissa ses pantoufles au pied du Mont. (Note de La Fontaine.)

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