RIEN DE TROP
Veut qu(
e ne vois point de créature Se comporter modérément.
Il est certain tempérament (;^e le maistrc de la nature rde en tout. Le fait-on' nullement .
Soit en bien, soit en mal, cela n'arrive guère. Le blé riche présent de la blonde Cerés Trop touffu bien souvent épuise les guerets : En superfluitez s'épandant d'ordinaire.
Et poussant trop abondamment, Il oste â son fruit l'aliment.
L'arbre n'en fait pas moins; tant le luxe sçail plaire. Pour corriger le blé Dieu permit aux moutons De retrancner l'excès des prodigues moissons. Tout au travers ils se )elterent, Gasterent tout, et tout broutèrent ; Tant que le Ciel permit aux Loups D'en croquer quelques-uns ; ils les croquèrent tous. -S'ils ne le firent pas, du moins ils y tâchèrent : Puis le Ciel permit aux humains
i. W y i des dans le texte ; nuis V Errata remplace ce mot par Us. L'avani-dernier vers de la fable est, dans le teitf : Mais il n'estotf p« ktbik.
C'est Vtrrata qui le complhe.
La Fontaine. — /. 18
274 Fables choisies.
De punir ces derniers : les humains abusèrent
A leur tour des ordres divins.
De tous les animaux l'homme a le plus de pente
A se porter dedans l'excès.
Il faudroit faire le procès Aux petits comme aux grands. Il n'est ame vivante Qui ne pèche en cecy. Rien de trop, est un poinct Dont on parle sans cesse, et qu'on n'observe point.