‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 246 sur 333 · LE BERGER ET SON TROUPEAU · texte numérisé non relu

LE BERGER ET SON TROUPEAU

uoy toujours il me manquera iQuelqu'un de ce peuple imbecille !

'Toujours le Loup m'en gobera!

U'auray beau les compter : ilsestoient plus de mille, Et m'ont laissé ravir nostre pauvre Robin; Robin mouton qui par la ville Me suivoit pour un peu de pain, Et qui m'auroit suivy jusques au bout du monde. Helas ! de ma musette il entendoit le son : Il me sentoit venir de cent pas à la ronde.

Ah le pauvre Robin mouton !

Quand Guillot eut fmy cette oraison funèbre. Et rendu de Robin la mémoire célèbre.

Il harangua tout le troupeau, Les chefs, la multitude, et jusqu'au moindre agneau.

Les conjurant de tenir ferme :

Cela seul suffiroit pour écarter les Loups: Foy de peuple d'honneur ils luy promirent tous,

De ne bouger non plus qu'un terme.

Nous voulons, dirent-ils, étouffer le glouton, Qui nous a pris Robin mouton.

Chacun en répond sur sa teste.

Guillot les crut et leur fit feste.

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