‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 250 sur 333 · LES DEUX RATS, LE RENARD ET L'ŒUF · texte numérisé non relu

LES DEUX RATS, LE RENARD ET L'ŒUF

Jeux Rats cherchoient leur vie, ils trouvèrent

un Œuf.

jLe disné sutfisoit à gens de cette espèce; )I1 n'estoit pas besoin qu'ils trouvassent un Bœuf.

Pleins d'appétit, et d'allégresse, Ils alloient de leur œuf manger chacun sa part, Quand un Quidam parut. C'estoit maistre Renard ;

Rencontre incommode et fascheuse. Car comment sauver l'œuf? Le bien empaqueter, Puis des pieds de devant ensemble le porter,

Ou le rouler, ou le traisner, C'estoit chose impossible autant que hazardeuse. Nécessité l'ingénieuse Leur fournit une invention.

Comme ils pouvoient gagner leur habitation,

A M. Dt LA Sablière. 289

L'écomiflfur e<Unt à demy ouart de lieue ; L'un se ' ^ dos, prit 1 œuf entre ses bras,

Puis mal, , ^aes heurts, et quelques mauvais pas,

L'autre le traisna par la que .

Qu'on m'aillc soû* — -■-'^ un tel récit,

Que \e^ h .1 point d'esprit.

F' fstOB le

Je leur e: bien qu

Ceuxcy pensent-ils pas dés leurs plus jeunes ans? Quelqu un peut d'--- — -- -" -^ rouvant connotslff .

Par un p>

Non po;: tre manière :

Mais [«'-lucoup plus aussi qu'un aveugle ressort :

J'- • ubliliserois un morcea-j ^■' "'■!;?«, /^ l'on ne pourroit plus r sans effort,

(^inlcssence • ' ,

Je ne sçais q- . . '-"or

t^e le feu : car enfin, si ic bois lait la fUme, ! ' •■'^'"'' en s'épurant peut-el!'* ""' *" ''-"ve

ner quelque idée, et l'or

I i: . criirjiiles du plomb? Je r n ouvrage

Capable de sentir, juger^ rien ^e,

Et ju^er imparfaitement, Sans qu'un Smge jamais fist le moindre argument.

A l'égard de nous autres hommes, Je ferois •

N L'un cette ame pareille en tout-tant que nous sommes,

g, .... r,.,. -"♦'-"S, idiots.

Hostes d - nom d'aoimaui ,

L'autre cncu.c i. • -e nous et les Anges

Commune ^ré ;

Et ce trésor à part crée

;-'ressé, Ne hn;r.

La Fontaine. — I. 19

290 Disc, a M. de la Sablière

Tant que l'enfance dureroit, Cette fille du Ciel en nous ne paroistroit

Qu'une tendre et foible lumière ; L'organe estant plus fort, la raison perceroit

Les ténèbres de la matière,

Qui toujours enveloperoit

L'autre ame imparfaite et grossière.

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