‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 254 sur 333 · LES POISSONS ET LF CORMORAN · texte numérisé non relu

LES POISSONS ET LF CORMORAN

n'estoit point

l'un Corpi' •- -/. ..

éviers et r luy payoient per

ine aijit L.cn ; mais lors que le long le pauvre animal, [Age

La mc^me cuisine alla mal.

Tout Cormoran se sert de pourvoyrcur luy-mesme. Le nostre un peu trop vieux pour voir au fond des caus, N'ayant ny filets ny rc/eaus, Souflroit une disette extr'^rr»'».

Que fit-il ? le besoin, docteur ",

Luy fournit celuy-cy. Sur le L long

Cormoran vid une Ecrevisse.

Ma commère, ditil, •" * t i l'instant Porter un av; int

A ce peuple; li Uul «, c :

Le maistre de ce lieu dans ht.: , . . ^cschcra . L'Ecrevisse en haste s'en va

A l'utMTJU. S'

D'où vous vient cet a . . . , . ' re gariod ?

Estes-vous seur de cet! '

N'y sçavez-vous remède? et qu c:>Mi doo de (aire ?

296 Fables choisies.

Changer de lieu, dit-il. Comment le ferons-nous? N'en soyez point en soin : je vous porteray tous

L'un après l'autre en ma retraite.

Nul que Dieu seul et moy n'en connoist les chemins,

Il n'est demeure plus secrète.

Un Vivier que nature y creusa de ses mains,

Inconnu des traîtres humains,

Sauvera vostre republique.

On le crut. Le peuple aquatique

L'un après l'autre fut porté

Sous ce rocher peu fréquenté.

Là Cormoran le bon apostre

Les ayant mis en un endroit

Transparent, peu creux, fort étroit, Vous les prenoitsans peine, unjour l'un, un jour l'autre.

Il leur apprit à leurs dépens, Que l'on ne doit jamais avoir de confiance

En ceux qui sont mangeurs de gens. Ils y perdirent peu ; puis que l'humaine engeance En auroit aussi bien croqué sa bonne part; Qu'importe qui vous mange? homme ou Loup; toute

Me paroist une à cet égard; [panse

Un jour plustost, un jour plus tard,

Ce n'est pas grande différence.

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