‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 256 sur 333 · Livre dixième · texte numérisé non relu

Livre dixième

Moy-mesme de mon bien j« seray le larron.

Le larron, quoy jouir, c'est se voler soy-mesme !

Mon amy, j ai pilié de ton erreur extrême;

Appren de moy celte leçon :

Le bien n'est bien qu'en tant que Ton s'en peut défaire. Sans cela c'est un mai. Veux-lu le reserver Pour un âce et des temps qui n'en ont plus que faire! La peine aacquerir, le - - ' conserver, Ostent le prix à I or qu " si nécessaire.

Pour se déchar.

Nostre homme eust pu i ^ jrsau besoin;

Il aima mieux la terre, et prenant son compère, Celuy-cy l'aide ; Ils vont enfouir le trésor. Au bout de quelque-temps l'homme va voir son or.

Il ne retrouva que le giste.

Soupçonnant â bon droit le compère, il va viste Luy dire, Apprestez-vous ; car il me reste encor Quelques deniers ; je veux les joindre i l'autre masse. Le compère aussi-tost va remettre en sa place

L'argent volé, prêt'- -n

Tout reprendre â la fois sa: , lanquast rien.

Mais pour ce coup l'autre fut saige :

Il retint tout chez lui, résolu de jouir,

Plus n'entasser, plu^ n'enfouir.

Et le pauvre voleur ne • • plus son gage,

Pensa tomber c. '.fur.

Il n'est pas mal-aisé de tromper un trompeur.

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